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 Comme il vous plaira

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Adena H.
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MessageSujet: Comme il vous plaira   Mer 8 Juil - 16:56

Une grand-mère qui a un fils mort, qui a eu lui-même un garçon et une fille. Elle rencontre par hasard un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau dans son esprit, et l’incite à rencontrer sa famille et à prendre la place, insensiblement, de son fils mort jeune – à peine quelques années après avoir eu ses deux enfants. L’homme, dans la quarantaine, en profite pour prendre des libertés avec les nouveaux membres de sa fausse famille qui ne plaisent pas au frère aîné, mais qui ne rebutent pas la grand-mère et la fille qui considèrent qu’il sur réagit. Sous couvert d’être l’homme de la famille, au 18ème siècle, il fait croire que son pseudo fils agit ainsi de peur d’être détrôné de sa place : c’était lui avant l’homme de la famille, et il est à présent seulement relégué au rang de second, d’où sa jalousie pour lui. La fille a vécu toute sa vie au couvent, dans un milieu de femmes, tandis que son frère allait à l’université suivre des études. Ils ne se voyaient donc que fort peu, et s’envoyaient uniquement des lettres pour prendre de leurs nouvelles ; si bien qu’ils ne s’étaient pas vu durant leur adolescence, et fort peu depuis qu’elle avait été mariée, puis veuve.

Charles de Virieu (mort) + Adelaïde de Virieu (morte) =
HHHHHH> Léonce de Virieu (65 ans) + Charlotte de Virieu (morte) =
HHHHHHMMMMMM> Gonin de Virieu (30 ans)
HHHHHHMMMMMMHHHHHHMMMM + remarié à Tatiana de Fresnes (22 ans)
HHHHHHMMMMMM> François de Virieu (6 ans)
HHHHHHMMMMMM> Charles-André de Virieu (3 ans)

Bâtards non reconnus : mères inconnues
HHHHHHMMMMMM> Théophile de Virieu (22 ans)
HHHHHHMMMMMM> Mathilde de Virieu (16 ans)
HHHHHHMMMMMM> Théodore de Virieu (15 ans)
HHHHHHMMMMMM> Caroline de Virieu (12 ans)

HHHHHH> Catherine de Virieu (43 ans) + Guillaume de Hugues (mort)
HHHHHHMMMMMM> sans descendance

HHHHHH> François de Virieu (mort) + Geneviève de Pardiac (morte) =
HHHHHHMMMMMM> Antoine de Virieu (27 ans)
HHHHHHMMMMMM> Agathe de Virieu (24 ans)
HHHHHHMMMMMM> un garçon mort-né (mort)
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Comme il vous plaira   Mer 8 Juil - 16:58

HHHHHHMon chère frère,

HHHHHHTu ne devineras jamais, je mets mon plus beau collier en gage, ce que je viens de voir aujourd’hui, alors que j’allais faire comme à mon habitude ma promenade journalière en ville. Au détour de la place principale de notre très chère et belle ville de M***, je rencontrai un homme qui, quoi qu’il ait les vêtements sales et abîmés, et que tout dans son être m’inspirât quelque mépris, avait traits pour traits ceux de notre défunt aimé frère. Pour peu qu’on le regardât sous un certain angle, je parierai à mes plus vifs détracteurs qu’il ne pourrait y avoir l’ombre d’un doute à ce sujet. Et, pour preuve, j’y mettrais ma main à couper sans aucune once d’hésitation. Si e n’avais pas vu de mes yeux vus notre très cher et très regretté frère cadet être mis en bière, je me serais crue dans un rêve éveillé. Dans mon premier moment, l’effroi me saisit et je demandai à ma dame de compagnie de me pincer aussi fort qu’elle le pourrait. Elle refusa, bien évidemment, ne désirant pas le moins du monde attenter à ma personne d’une quelconque manière ; mais j’insistai tant et tant que, tourmentée dans ses derniers retranchements, elle me pinça la peau à m’en faire mal. Je criai, la calèche s’arrêta et notre cocher descendit prestement de son siège afin d’apprendre ce qui avait pu me déranger. Rosalinde pâlit, mais je dissipai ses effrois en amenant la conversation sur ce pauvre manant que je venais de reconnaître sous les traits de feu François de Virieu.
HHHHHHIl m’apprit qu’il s’agissait d’un gueux de la pire espèce, qui demandait l’aumône et la charité depuis qu’il était arrivé il y a de cela quelques mois en ville, mais que son origine était obscure et qu’il n’aurait su me dire à qui il était apparenté, d’où il venait, et de quelle manière il avait vécu auparavant. Je lui forçai la promesse de se renseigner plus sur son compte de ma part, car il refusa tout d’abord en arguant qu’un homme d’une aussi basse extraction ne méritait pas de devenir l’intérêt d’une femme de ma condition. Mais je le menaçai alors de sortir de la calèche et d’aller moi-même investiguer sur lui s’il ne le faisait pas. Pour donner plus de vigueur à mes paroles, j’allai même jusqu’à poser une main assurée sur la poignée de la porte ; enfin, il se rangea à ma demande, et m’annonça que sous deux jours il aurait tiré l’affaire au clair et qu’il se présenterait à moi afin de me dénouer les fils d’une intrigue fort étonnante.

HHHHHHTa chère sœur,

HHHHHHCatherine de Hugues
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Comme il vous plaira   Mer 8 Juil - 17:23

HHHHHHMon cher frère,

HHHHHHL’aventure que j’ai vécue hier au matin a eu un tel effet sur moi que je n’ai pu fermer l’œil de la nuit. La pauvre Agathe en a été toute chamboulée, car je ne pouvais plus dire un mot ou manger quoi que ce soit tant mon esprit était pénétré des mystères que je venais de découvrir. Rosalinde et elle ont tenté la douceur ainsi que la persuasion pour me remettre dans mes états, mais rien n’y a pu faire : je veux découvrir quel mystère se cache sous le portrait fidèle de cet homme. S’agirait-il de la réincarnation de notre pauvre et regretté François ? Même la conversation de ma chère Agathe, fraîchement sortie du couvent pour épouser Monseigneur Robert d’Amboise, n’a pu changer le cours de mes idées. J’étais d’une telle pâleur à la fin de la journée que ma nièce a insisté pour me veiller dans ma chambre cette nuit afin de s’assurer elle-même de ma condition, et je n’ai pas eu le cœur de refuser cela à cette chère âme alors que je venais de refuser tout soin ou médication des docteurs qu’elle m’avait proposé d’aller chercher sur le champ. Je savais cela fort inutile : seul le lendemain et l’arrivée du cocher me permettrait d’aller mieux.
HHHHHHRosalinde a eu beau expliquer à Agathe notre rencontre avec cet étrange homme, aucune des deux n’a pu y comprendre quoi que ce soit. Mais c’est tout à fait normal, puisque son père est mort lorsque la chère enfant avait à peine deux ans, et ne peut donc avoir avec autant de vigueur que moi, qui l’ai connu toute ma vie, durant toute ma jeunesse et ce depuis sa naissance – ainsi que toi, puisque tu es de nous trois le plus âgé – les traits de son père en mémoire. J’aurais beau lui en parler tout à loisir, elle ne s’en rappellerait pas de mémoire, et il lui faudrait pour cela l’aide des portraits en pied accrochés dans la salle des tableaux pour qu’elle puisse y comprendre quoi que ce soit.
HHHHHHLorsqu’on m’apprit que le cocher était revenu plus tôt que prévu, en ayant appris ma condition, je fus prise d’une véritable fougue. Je me levai, et fis les cent pas dans l’attente anxieuse de la résolution de cette inextricable équation. Agnès refusa tout d’abord de le laisser entrer, en arguant qu’après une nuit d’insomnie je n’étais pas en état de recevoir qui que ce soit – d’autant plus dans l’état d’agitation extrême où je venais d’entrer. Mais je me sentis prise de colère et de violence, et la pauvre enfant pâlit devant mon entêtement virulent. Elle n’osa plus piper un mot, et resta le visage humblement tourné vers le sol tandis que je tournai toute mon attention sur le cocher.
HHHHHHIl m’apprit que l’homme dont je m’étais piqué se nommait Pierre Cardon et que, comme il me l’avait supposé la veille, il était d’une extraction fort basse. Il n’avait ni titre de noblesse, ni terres, et avait travaillé – d’après le peu qu’il avait pu en retirer de lui – plusieurs années au service d’un des ducs de la région pour lequel il faisait des travaux de paysannerie, avant de demander ses gages et d’aller un peu partout dans le monde, jusqu’à arriver à M*** et à, faute d’argent, s’y implanter définitivement. Personne ne lui connaissait ni enfant, ni femme, ni famille.
HHHHHHLorsqu’il eut terminé son rapport, il se retira, et je me dirigeai d’un pas alerte jusqu’au tableau de notre regretté benjamin, que j’étudiai tout à loisir. Une idée germait dans mon esprit, et se forma d’elle-même sans que j’en eu réellement conscience.
HHHHHHMon silence était devenu pesant pour Agnès qui, comme je m’en rendis compte plus tard dans la soirée, avait passé l’après-midi à pleurer en silence à cause de ce que je l’avais rabrouée dans un de mes mouvements d’humeur. J’allai la voir et lui présentai des excuses. Je la caressai et lui assurai avec force assertions que je regrettais ma réaction, et que si j’avais agi cela, ce n’était absolument pas de sa faute, mais de la mienne ; que je n’aurais pas du m’empêcher de dormir et suivre ses précieux conseils plutôt que de n’écouter que mon entêtement. Lorsqu’elle fut calmée, je restai encore auprès d’elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme à mes côtés. Ceci fait, j’allai à mon secrétaire écrire une lettre, la cachetai, et ordonnai à mon valet de la transmettre dès les premières lueurs de l’aube au dénommé Pierre Cardon.

HHHHHHJe t’embrasse, et t’assure de te donner très bientôt des nouvelles de toute cette stupéfiante affaire.

HHHHHHTa chère sœur,

HHHHHHCatherine de Hugues
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Comme il vous plaira   Mer 8 Juil - 18:17

HHHHHHAprès une brève lecture de la stupéfiante lettre qu’il reçut le matin aux aurores, Pierre Cardon mit peu de temps à prendre une décision. Il répliqua qu’il ne lui fallait que quelques minutes pour se préparer et suivre le valet de pied qui venait tout juste de le réveiller. Se sachant attendu par une des personnes les plus riches de la région, et se doutant qu’en jouant habilement il pourrait peut-être la quitter avec un surplus de pièces d’argent dans sa maigre bourse, il fit un effort supplémentaire de toilette, et s’habilla des vêtements les moins crasseux qu’il put trouver dans le taudis où il avait pris ses quartiers – ce qui n’était encore guère propre. Puis, sans perdre plus d’une seconde, il se rendit au château  où on lui annonça que la baronne de Hugues n’était pas encore levée. Elle avait passé une fort mauvaise nuit la nuit précédente, sans pouvoir fermer l’œil un seul instant, et s’était couchée à une heure indue. Ne sachant pas quoi faire de lui en attendant, et n’osant pas réveiller leur maîtresse qui avait indubitablement besoin de repos, ils envoyèrent Pierre Cardon aux cuisines. Là, ses manières ouvertes lui attirèrent les faveurs de certaines servantes, après leur première et toute naturelle méfiance de voir un inconnu dans leur espace de travail. Leurs condisciples masculins ne se dégelèrent pas aussi rapidement que ces dernières, et continuèrent à vaquer à leurs occupations habituelles tout en le surveillant de leurs regards perçants. Se sachant assez bien fait malgré sa tenue de pauvre facture, et encore plus depuis qu’il avait pris le temps de faire un brin de toilette avant de venir, Pierre Cardon jeta des regards aux servantes qui, flattées, commencèrent la discussion. Aucune d’entre elle ne put lui apprendre la raison de sa présence au château, mais certaines lui en donnèrent une de revenir une prochaine fois.
HHHHHHVers quatorze heures, un valet vint lui annoncer que la baronne venait de se réveiller et qu’elle se préparait à le recevoir. Deux heures plus tard, on vint en effet le chercher pour le conduire jusqu’à une petite pièce où se trouvait trois femmes : les deux premières étaient environ de son âge, tandis que la troisième aurait pu passer pour sa fille, tant est qu’il en eut une sans le savoir. La blancheur de ses mains, la tournure de sa taille, les traits symétriques de son visage, l’attirèrent tout d’abord, mais il avait suffisamment d’expérience avec les femmes pour savoir que pour courtiser une jeune beauté, il fallait avant tout s’attirer les faveurs des vieilles peaux qui gardaient précieusement leur virginité. La dame de compagnie lui jeta un regard méprisant, tandis que la curiosité de la plus jeune l’incitait à lui jeter des regards à la dérobée, ce qu’elle faisait sans le vouloir alors même qu’elle essayait de les réfréner ; on lui avait appris, après tout, les bonnes manières au couvent, et ce n’était pas parce qu’elle venait tout juste d’en sortir qu’elle devait les oublier en dévisageant ouvertement l’homme qui leur faisait face, à sa tante et à elle.
HHHHHH« Monsieur, j’ai remarqué votre physionomie atypique il y a deux jours, lors d’une promenade que ma servante et moi-même faisions à l’extérieur de notre parc, et ma curiosité en a été fortement piquée. Faites nous l’honneur, je vous prie, de nous raconter votre histoire, en commençant par votre nom et votre statut social. »
HHHHHHCelle qui était la plus âgée et la plus riche du trio de femme venait de lui adresser la parole.
HHHHHH« Je me nomme Pierre Cardin, madame, et je ne suis qu’un pauvre hère travaillant dur pour subsister dans la vie. Je ne suis assurément pas digne de raconter mon histoire à des dames d’une aussi haute naissance que les vôtres. »
HHHHHHIl baissa la tête, faussement honteux. La dame de compagnie, à ces mots, le remonta de quelques échelons dans son estime.
HHHHHH« Allons, allons, ne dites pas de bêtises. Je vous ordonne de me parler aussi ouvertement que si j’étais de votre famille. »
HHHHHHLa duchesse avait pris un ton ferme, qui n’admettait aucune contestation : il était clair qu’elle avait l’habitude de donner des ordres, et d’être obéie sans contestation.
HHHHHH« Je suis né il y a environ quarante années de cela, de parents agriculteurs. J’ai travaillé à leur ferme, labourant, semant, récoltant, jusqu’à ce qu’ils meurent. Depuis, je tente de subsister en allant de ville en ville, là où l’on laboure, où l’on sème ou que l’on récolte. Ma vie n’est guère un roman, et je ne suis pas un aventurier madame, pour pouvoir me flatter de garder votre attention plus longtemps. »
HHHHHHLa femme fut satisfaite de sa réponse. Il ressemblait en effet au pauvre hère qu’il avait décrit, sale comme il l’était, mais avait visiblement la capacité d’utiliser à bon escient ses paroles qui se faisaient tout à tour humbles et flatteuses.
HHHHHH« Vous me connaissez sous le nom de Catherine de Hugues, mais sachez qu’avant d’être mariée à Guillaume de Hugues, j’étais la fille de Charles et d’Adélaïde de Virieu, ducs d’Adremont et de Charlesens. J’avais deux frères, dont l’un est mort ; il aurait quarante ans cette année, s’il avait encore eu l’occasion de jouir du privilège accordé à nous autres vivants. Il était le plus jeune de notre génération, et sans doute le plus vaillant puisqu’il choisit de rejoindre l’armée et qu’il rendit son dernier souffle au terme d’une bataille héroïque qu’il mena contre nos ennemis naturels, les anglais. La jeune fille que vous voyez à mes côtés, Agathe de Virieu, est sa fille cadette. Avec son frère aîné, Antoine de Virieu, ces pauvres âmes sont les seules preuves restantes et incontestées du passage sur terre de mon frère bien-aimé et de son union avec Geneviève de Pardiac. Depuis leur décès à tous deux, ces enfants sont passés sous ma protection, et je les chéris et les considère comme la prunelle de mes yeux. Agathe, approchez. »
HHHHHHLa jeune fille, visiblement émue au souvenir de ses parents, qu’elle n’avait guère connu mais que sa tante lui avait appris à aimer et à respecter par-delà la mort, obéit, tremblante. Elle prit la main que sa tante lui donnait à baiser, et l’embrassa respectueusement. Pierre Cardin resta muet devant la scène qui se déroulait devant ses yeux car, ne sachant que dire, il considéra plus avantageux d’attendre de savoir où tout cela allait le conduire.
HHHHHH« Il m’a pris fantaisie », continua sa tante « de donner l’occasion à cet homme de basse extraction, la chance de s’habiller – sans doute pour la seule fois de sa vie – ainsi que votre feu vénéré père. »
HHHHHHLes yeux de la nièce s’agrandirent, et la question allait passer ses lèvres, mais Catherine de Hugues l’arrêta au dernier moment. « Lorsque je l’ai vu pour la toute première fois, j’ai cru que j’allais m’évanouir de stupeur : derrière toute cette crasse et toute cette vermine, je n’ai pu m’empêcher de noter sa ressemblance avec François. Je n’ose m’imaginer le choc que cela sera lorsque, propre et habillé de frais, il reparaîtra devant nous dans toute sa splendeur. »
HHHHHHLes deux femmes, nièce et tante, tremblaient à l’unisson à présent. Personne ne semblait plus faire attention à l’unique homme de la pièce et quand bien même il aurait bougé, aucune des deux femmes ne s’en serait rendue compte, trop emportée par leur émoi pour cela.
HHHHHH« Ma tante…, murmura Agnès.
HHHHHH- Taisez-vous mon enfant, et laissez-moi suivre cette fantaisie jusqu’au bout », répliqua, implorante, Catherine de Hugues en lui serrant fermement les mains.
HHHHHHAgnès referma sa jolie bouche, troublée de l’idée que venait d’émettre sa tutrice. Quelle idée étrange venait-elle d’avoir-là, et qui pouvait si mal se terminer… Mais, aimant et respectant son aînée, elle se plia à son désir et resta-là, pantelante, en attendant de voir jusqu’où la pièce allait aller avant de se terminer.
HHHHHH« Rosalinde, conduisez monsieur au bain. Puis vous lui apporterez les vêtements posés sur ma commode, et indiquerez à Mathis de l’aider à se vêtir. »
HHHHHHSa femme de chambre hocha la tête, et indiqua d’un geste à Pierre Cardin de la suivre. Il n’en revenait toujours pas de la situation dans laquelle on venait de le placer. Son esprit tournait à toute allure : on était en train de lui donner l’occasion, ni plus ni moins, de se faire passer pour un mort – mais pas n’importe lequel : un mort riche. S’il arrivait bien à jouer cette partie… S’il réussissait suffisamment bien à placer ses pions, alors… Alors, peut-être, qui sait… il pourrait en retirer un maximum de profit.
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Comme il vous plaira   Mer 8 Juil - 18:49

............Pour la septième fois en sept jours, Pierre Cardon s’assura que plus aucun valet n’était présent devant la porte de la chambre, et que plus aucune femme de chambre n’y était présente à l’intérieur, puis il ouvrit légèrement la porte, se glissa par l’entrebâillement, et la referma sur lui. Pour la septième fois de la semaine, il prit bien soin de tirer le verrou avant de s’approcher de la forme endormie, pelotonnée confortablement dans les draps de son lit. La respiration de la silhouette féminine montait et s’abaissait régulièrement, comme depuis une semaine, signe d’un sommeil profond. Cette vue l’enhardit suffisamment pour qu’il s’approche du lit, pose sa main sur le drap, et le garde tendu le temps de se glisser à côté de la forme chaude sans prendre la peine de se déshabiller. Enfin, il le laissa tomber de nouveau sur eux deux.
............La proximité de ce jeune corps chaud et vigoureux le remplissait d’allégresse, réchauffant ses sens endormis depuis bien trop longtemps à son goût. S’il avait pu avoir la vieille sans se compromettre, il n’aurait pas hésité une seconde à laisser sa vigueur s’exalter à l’intérieur de ses renflements ridés ; mais cette dernière n’allait pas plus loin que les attouchements qu’une jeune vierge effarouchée accordait à un amant au détour d’un couloir sombre : ce n’était clairement pas assez, et il avait de toute façon une préférence bien plus marquée pour la jeune beauté aux cheveux clairs et au visage poupin qu’on lui avait donné pour fille et qui le faisait bander comme un Carme à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle.
............Il avait cherché pendant plusieurs longs jours comment l’approcher et se faire reconnaître d’elle, car elle semblait pressée de s’éloigner de lui dès qu’il apparaissait dans une pièce où elle se trouvait. Les rares fois où elle n’agissait pas ainsi avec lui, était lorsque sa tante la gourmandait vivement de ne pas rendre ses devoirs filiaux à l’homme qui se tenait debout devant elle : alors, elle obéissait, soucieuse de plaire à sa tutrice malgré tout ce qu’elle sentait de faux et d’étrange dans cette situation, jusqu’à ce qu’un prétexte quelconque lui permette de s’y soustraire. Ce n’était que dans ces rares occasions où Pierre Cardon pouvait profiter de son étonnant statut pour la forcer à lui donner sa main et ses joues à baiser, et à lui ordonner de créer un contact physique avec lui ; mais ses baisers et ses caresses étaient alors si légères qu’il lui fallait, sitôt la jeune fille enfuie, se précipiter sur Rosette et ahaner comme un âne jusqu’à lui décharger dans le con. Rosette lui avait expliqué qu’avec ses égaux, elle insistait pour qu’ils le fassent dans le cul – afin d’éviter tout enfantement. Mais, en tant que grand seigneur puissant et riche, François de Virieu aurait largement de quoi la dédommager de la naissance d’un bâtard. Si bien que, afin de satisfaire à ses préférences sexuelles, elle le laissait l’enconner à loisir toutes les fois où il le jugeait désirable. Mais le sexe de Rosette était loin de convenir à ses goûts nouveaux supérieurement raffinés et à son imagination débridée. A présent, il voulait de plus en plus prendre possession de l’objet qui s’éloignait de sa vue à son arrivée. Il était son père, après tout ; les pères avaient tous les droits sur leurs enfants, et encore plus sur leurs filles.
............Les yeux d’Agathe étaient fermés, et sa respiration toujours régulière. Tous les sens de Pierre Cardon étaient en alerte au cas où elle se mettrait à crier à son réveil, mais il ne put s’empêcher d’en laisser une partie aller engorger la tête de son sexe en voyant la poitrine ferme et désirable de sa fille endormie. Il rapprocha son corps du sien, comme il l'avait fait lors des six nuits précédentes, et posa une main légère sur sa poitrine. Voyant qu’elle dormait toujours, il s’enhardit : une semaine était toujours sept jours de trop pour ce qu'il avait en tête, et il avait laissé suffisamment de temps au corps de la jeune créature qui dormait langoureusement à ses côtés pour s'habituer à sa présence mâle. Le corps inanimé de la demoiselle ne lui suffisait plus : il voulait la voir réagir à ses caresses, il voulait que sa langue vienne s'emmêler d'elle-même à la sienne et que ses doigts graciles tracent des fantaisies imaginaires sur son dos et sur son torse nus. En bref, il la voulait consentante. Et gémissante. Et implorante : entièrement soumise à lui et à ses moindres désirs. Son sourire s'agrandit jusqu'à découvrir ses dents lorsqu'il se rappela qu'une femme pareille n'aurait jamais osé poser un regard sur lui à peine une semaine plus tôt. Alors, il n'était que Pierre Cardon. Mais à présent, il était François de Virieu, le père putatif de la blanche Agathe de Virieu. Il tenait sa revanche.
............Il l’embrassa sur le front, d’abord doucement, puis de plus en plus fermement. Une de ses jambes mâles s’entremêla à une douce cuisse galbée, et ses baisers descendirent : du front, il passa à ses joues – la gauche d’abord, puis la droite – à son nez, puis à son philtrum, pour enfin descendre jusqu’à ses lèvres et forcer l’entrée de sa bouche. Il laissa sa langue jouer dans sa bouche, passer entre ses dents, lécher ses lèvres tandis qu’il continuait de son autre main à jouer avec son téton. Enfin, n’en pouvant plus, n’y tenant plus, et sans tenir compte des sourcils de la belle qui s’agitaient, signe plus qu’évident de réveil, il déplaça tout le poids de son corps sur celui de la forme féminine toujours allongée sur le lit.

............Agathe dormait d’un sommeil d’ange, faisant les rêves les plus beaux qui lui aient jamais été donnés de faire, plongeant dans des délices plus qu’agréables. Elle sentait ses sens s’échauffer, comme à chaque fois qu’elle rêvait de l’amour qu’allait lui donner son futur époux, Monseigneur Robert d’Amboise. Elle s’interdisait d’y penser dans la journée, mais la nuit ne pouvait contenir ses désirs les plus secrets et les plus inavouables pour l’homme à qui elle était engagée. Ses amies du pensionnat, toutes plus jeunes qu’elle et déjà mariées, ne lui parlaient que fort peu des rapports qu’elles avaient avec leurs époux dans les lettres qu’elles s’envoyaient régulièrement les unes aux autres ; cependant, elles ne cessaient de lui affirmer que ce changement de statut bienvenu leur avait apporté joie et félicité d’âme. Agathe espérait donc, évidemment, logiquement que, malgré les trente-cinq années d’écart et les soixante kilos qui la séparaient de l’homme à qui elle était présentement engagée, elle puisse à son tour ressentir ce que décrivaient si merveilleusement ses amies.
............Elle n’avait cependant jamais imaginé une main d’homme sur son corps auparavant, et ce fut la première pensée qui lui fit froncer les sourcils. Quelque chose n’allait pas : d’habitude, Monseigneur d’Amboise se contentait de chastes baisers sur le livre qu’elle venait de faire tomber par terre en la regardant fixement, et qu’il s’empressait de lui rendre. A part ces dernières nuits, il fallait bien l'admettre : elle faisait des rêves mouillés qui la faisaient se réveiller en sursaut dans son lit, seule et pantelante. Elle gigotait, mal à l'aise à cause de la sensation de ses culottes humides mais trop honteuse pour oser aller réveiller ses servantes, et trop ignare pour savoir comment formuler le simple début d'une question qui pourrait lui apporter l'explication de ce désarroi nocturne poisseux. Parfois même, elle se réveillait avec une sensation de besoin - un besoin qu'elle ne connaissait pas assez pour être capable de l'assouvir seule. Elle sentait qu'il se trouvait au point d'intersection de ses deux jambes, et elle était presque sûre qu'il suffirait de le gratter un peu pour que la sensation s'apaise - comme un bouton de piqûre de moustique - mais sa tante et sa gouvernante avaient été explicitement strictes quant à ces pollutions : une jeune fille de bonne famille n'avait aucunement le droit de toucher cette partie de son corps, qu'elle soit seule ou en compagnie. Si bien que, incapable de se rendormir, elle se contentait de serrer fortement ses cuisses et ses paupières dans l'espoir que le besoin disparaîtrait de lui-même.
............Elle s’éveilla de son demi-sommeil en sentant un pincement au niveau de l’un de ses tétons ; la sensation que cela lui causa l’incita à refermer instinctivement ses cuisses l’une sur l’autre, mais elle sentit une résistance fort inhabituelle. Plus précisément, un corps étranger : elle ouvrit les yeux à ce moment, pour découvrir une forme masculine étalée de tout son long sur son ventre. Elle voulut crier, mais une langue força sa bouche dans l’instant où ses lèvres s’écartèrent pour alerter sa servante. Éperdue, apeurée, elle referma les dents sur l’intrus, qui recula vivement sa tête. L’instant suivant, elle sentit une lourde main s’abattre sur sa joue, et ses yeux ses remplirent de larmes tandis que le goût de fer si caractéristique du sang remplissait sa bouche. Elle reconnut la voix de Pierre Cardon lorsque celui-ci lui siffla enfin à l’oreille :
............« Cela t’apprendra à blesser ton père, petite ingrate. »
............Un instant, la stupeur emplit entièrement son âme : comment était-il entré dans sa chambre ? que venait-il y faire à une heure aussi indue de la nuit ? La seconde suivante, elle se redressa et, à tâtons, tenta de désarçonner son agresseur. Il ne fit qu’en rire, et bientôt elle sentit ses mains fermes presser douloureusement sur ses poignets afin de les faire redescendre jusqu’au matelas. Son buste viril s’abaissa sur le sien, et elle se retrouva immanquablement plaquée à sa literie, toute la puissance de l’intrus la dominant.
............« Si vous ne me lâchez pas, je vais crier. »
............Il ne la lâcha pas. Au lieu de cela, il lui répondit d’une voix tout à fait mesurée :
............« Pourquoi devriez-vous crier si je ne vous lâche pas ?
............- Parce que c’est inconvenant ! Seules ma tante et mes servantes ont le droit d’entrer dans ma chambre, et personne d’autre !
............- Pas même votre famille ?
............- Non, pas même mon frère.
............- Ni votre mari ? »
............Ici, Agathe hésita un instant avant de répondre, mais sa voix se fit malgré tout ferme lorsqu’elle rétorqua :
............« Je crois que si. Les maris ont la permission de pénétrer dans la chambre de leur épouse. Mais je n’ai pas de mari, seulement un prétendant. Et quand bien même vous seriez Robert d’Amboise, il serait fort déshonorant pour tous deux de nous faire attraper dans cette position avant le mariage.
............- Qu’en est-il de votre père ?
............- Un père n’a pas le droit de toucher sa fille ainsi, aussi… aussi intimement.
............- Et qu’en savez-vous, puisque vous n’avez pas l’habitude d’en avoir un ? »
............Le sujet la mettait visiblement mal à l’aise, car au lieu de répondre elle tenta de se dégager en gigotant un peu. Ses jambes et ses hanches bougèrent quelque peu, mais à peine car elles étaient toujours coincées sous le corps ferme et vigoureux de Pierre Cardon, et qu’il ne lui offrait pas beaucoup de place pour se déplacer. La friction lui arracha un frisson de délices, qu’il laissa passer en silence avant de reprendre sa réflexion :
............« Vous n’avez pas de sœur qui puisse vous permettre de comparer votre situation à la sienne, et vous affirmer que ce que je fais ici est tout à fait normal, si ce n’est banal. Alors, petite sotte, peut-être l’avez-vous appris d’une de vos camarades de pension ?
............- Non…
............- Aucune d’entre elle ne vous a jamais dit que leur père venait le soir dans leur chambre baiser leur front, leurs joues, leur nez, leurs lèvres avant de se coucher ? »
............Tout en lui posant la question, il posa ses lèvres aux endroits su-indiqués.
............- Si… Enfin non… Jamais sur la bouche… Et jamais en pleine nuit… »
............Agathe sentait ses sens se réchauffer à nouveau, comme au sortir de son rêve. Le poids de l’intrus était toujours aussi désagréable à peser aussi lourdement sur elle, mais cela lui était à présent moins égal que tout à l’heure, car toutes ses sensations étaient concentrées au niveau de son visage. Elle émit un léger bruit de gorge lorsque les lèvres de l’homme s’éloignèrent des siennes, et elle redressa instinctivement son cou afin de retourner à leur rencontre. Pierre Cardon esquissa un sourire. Il desserra sa prise sur son poignet, et fit glisser sa main sur son cou, puis sur sa poitrine. Ses légers va-et-vient arrachèrent des soupirs à sa jeune prise, qui n’arrivait plus à réfléchir correctement.
............« Crois-tu vraiment que, parce qu’elles ne le disent pas, leurs pères ne l’ont jamais fait ? »
............Elle ne répondit pas, et la main cessa brusquement ses mouvements. Un gémissement de mécontentement s’échappa des lèvres d’Agathe, et sa main désormais libérée vint attraper le poignet de l’homme, dans l’espoir de le forcer à reposer la paume de sa main là où elle se trouvait avant qu’il ne cesse toute caresse.
............« Réponds-moi, Agathe.
............- Continuez ce que vous faisiez.
............- Les filles doivent obéir à leur père, et non le contraire. Réponds-moi, Agathe. »
............Un brusque éclat de colère et d’indignation retentit dans sa prunelle bleue, et elle s’exclama vivement :
............« Vous n’êtes pas mon père ! »

............La réaction de l’homme ne se fit pas attendre. Il empoigna à nouveau ses poignets, et força la barrière de ses lèvres avec sa langue, tout en remuant son bassin contre le sien. Agathe sentit ses jambes s’ouvrir imperceptiblement afin de laisser plus de place à celles de l’homme qui la surplombait, tandis qu’elle lui rendait son baiser avec toute la fougue et l’inexpérience de la jeunesse. Les mouvements de l’homme s’accélérèrent peu à peu, jusqu’à ce qu’ils soient tous deux près de perdre le souffle. Une chaleur jusqu’auparavant inconnue d’elle grandissait à l’endroit de leurs jambes où la friction de leurs vêtements de nuit se faisait la plus pressante, et elle sentit chaque nerf de son corps se tendre jusqu’à ce qu’ils soient près d’exploser. Brusquement, une lumière blanche sembla exploser devant ses yeux en une multitude de petits points lumineux, et un râle de plaisir lui échappa de ses lèvres rosées. Elle rouvrit les yeux, pantelante, les jambes et les bras flageolantes, et mit quelques instants à fixer son regard éperdu sur l’homme qui venait de lui procurer une telle sensation.
............« Que… Que vient-il de se passer ? Qu’avez-vous fait ? », lui murmura-t-elle, soudain brusquement intimidée. Ca avait été si bon, et elle avait tant envie qu'il recommence... Etait-il possible que ce qu’elle ait ressenti soit mal ? C’était si bon, comment se faisait-il que personne ne lui ait jamais permis auparavant de le ressentir… tout le monde devrait se permettre cela, à moins que ce ne soit mal ?
............« Je viens de te faire ce que les pères font à leurs filles la nuit, lorsque tous les autres gens de la maisonnée sont couchés.
............- Alors c’est mal, si cela doit se faire la nuit en cachette. »
............Agathe aurait préféré que sa voix soit plus ferme, mais elle tremblotait encore. Elle tenta de se débattre, mais mollement, car elle avait l’impression que ses membres étaient devenus du coton.
............« Ce n’est pas mal. Au contraire, loin de là. Crois-tu que je t’aurais permis de ressentir un tel plaisir, une telle félicité, si cela avait été mal ? N’oublie pas que je suis ton père, et que l’unique devoir d’un père est de rendre heureuse sa fille, et de ne vouloir que son bien. »
............La respiration d’Agathe reprenait un rythme un peu plus normal, tandis que les arguments de l’homme la pénétraient peu à peu. Elle n’arrivait pas à comprendre comment un acte pouvant procurer une telle plénitude pouvait être en soi mal. Mais vraiment… dans ce cas, pourquoi personne ne le lui avait jamais appris, avant ? Comme s'il lisait dans son esprit, il reprit la parole :
............« Avant, ma chère tête blonde, tu n’avais pas de père. Sache que seuls les pères ont le privilège d’agir ainsi avec leur progéniture. Or, je n’étais pas là pour te l’enseigner point par point lorsque tu fus en âge. J’aurais aimé pouvoir le faire bien des années auparavant, car cette connaissance est un trésor bien trop inestimable entre un père et sa fille pour le garder secret d’elle aussi longtemps qu’il le fut de toi. »
............Agathe se débattit à nouveau : elle éleva ses bras, car il avait relâché son emprise sur elle peu à peu. Elle abattit ses petits poings délicats sur son torse, s’attendant presque à se faire frapper une nouvelle fois.
............« Vous n’êtes pas mon père ! Cessez de vous faire passer pour lui ! Cessez de me mentir ! Cessez de mentir à tout le monde ! Vous n’êtes pas mon père ! »
............De fait, il éleva la main vers elle, mais cette fois-ci, ce fut pour lui caresser tendrement la tête. Il laissa sa main traîner un instant dans ses cheveux d’or, puis sur son front, avant de redescendre jusqu’à sa poitrine en passant par sa nuque. Le contact était étrange. Agathe sentait cette paume ennemie, cette sensation si peu familière, contre sa peau fraîche, et tandis que ses poings s’agitaient avec de moins en moins d’entrain sur le buste masculin, son esprit détourné vers la caresse nouvelle, l’homme en profita pour se repositionner au-dessus d’elle. Elle poussa un gémissement étouffé lorsque le tissu de son vêtement de nuit rencontra celui de Pierre Cardon, et que ses nerfs se tendirent à nouveau. Cependant, cette fois-ci, la délivrance ne vint pas. La surprise passée, elle sentit son corps réagir contre sa volonté, ses hanches tenter de s’élever jusqu’au tissu de l’homme. Il posa fermement ses mains de chaque côté de ses hanches, l’empêchant d’atteindre son but, et se décala de quelques centimètres vers le haut. Agathe se mit à gémir.
............« Encore…
............- Je suis ton père. Dis-le.
............- Encore…, s’entendit-elle gémir à nouveau, tandis que ce qui s’était transformé tout à l’heure en plaisir, devenait une pure torture. Elle mordit ses lèvres.
............- Je suis ton père. Dis que je suis ton père, répéta-t-il sur un ton plus dur.
............- Vous êtes mon père. »
............Brusquement, le contact revint : elle sentit son corps réagir à nouveau alors qu’il reprenait sa place antérieure, et un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres à présent entrouvertes. Mais il ne bougea pas. Immobile, il la regardait droit dans les yeux.
............« Je vous en prie… Encore… »
............Il ne bougea pas. L’esprit fiévreux d’Agathe se mit à réfléchir à toute allure. Comment faire pour atteindre la libération ? Brusquement, l’illumination lui vint, et elle dit rapidement :
............« Je vous en prie, mon père, recommencez. »
............Il semblait que ce fut le mot magique, car les hanches de l’homme – de son père – se remirent à bouger en rythme avec les siennes, tandis qu’il remettait sa main à l’endroit qu’elle n’aurait jamais du quitter : sur sa poitrine. Il ne lui fallut que trois va-et-vient supplémentaires pour atteindre la délivrance : elle vit à nouveau les mêmes étoiles de lumière devant les yeux tandis que sa jouissance s’emparait de chaque parcelle de son être. Elle poussa un soupir de plénitude, et ses yeux se fermèrent d’eux-mêmes afin de mieux ressentir plus longtemps l’impression que ce simple acte venait de lui faire éprouver.

............Son action terminée, il roula sur le côté et posa négligemment une main sur sa poitrine : seul endroit, avec sa nuque et ses épaules, que son fin linge de nuit ne recouvrait pas.
............« Sais-tu pourquoi tu ne dois parler à personne de ce que nous avons fait ?
............- Pourquoi une chose aussi plaisante doit-elle rester secrète ?, rétorqua-t-elle fort ingénument.
............- Car si quelqu’un d’autre que toi et moi venait à l’apprendre, en le voyant ou en l’entendant, il deviendrait immanquablement jaloux, et il risquerait de le répéter à tous les autres, dans l’espoir de s’allier avec eux pour nous séparer à tout jamais. Pire que tout cela, un autre homme pourrait être tenté de corrompre à tout jamais la pureté de cette relation unique que peut seul avoir un père avec son infante chérie. Sais-tu qu’une fois que le lien entre eux est rompu, par la faute d’un tiers, aucun des deux ne retrouve plus jamais le millième du plaisir qu’ils se procuraient ensemble. C’est ce qui est arrivé au duc de Palerme et à sa fille adorée Carlitta. Veux-tu que je te raconte leur histoire ?
............- Oui, s’il te plait.
............- S’il te plait qui ?, la gronda-t-il.
............- Oui, s’il te plait papa, j’aimerais beaucoup connaître leur histoire. »
............Il se tut un instant, le temps de ressentir le délice secret à avoir réussi à soumettre aussi facilement à lui cette si bonne âme. Par la naissance et par la richesse, elle lui était insupportablement supérieure ; mais il avait suffi d’une nuit pour qu’il la domine et ne soit en passe d’en faire une de ses maîtresse destinée à combler le moindre de ses désirs.
............« Non, souffla-t-il soudain. J’ai une meilleure idée : je ne vais pas te la raconter, nous allons la jouer ensemble. »
............L’idée lui semblait appétissante, quand bien même il devrait se contenter pour cette nuit de souiller une nouvelle fois sa culotte : Agathe n’était pas encore mariée et devait donc rester pucelle jusqu’à ce qu’il réussisse à lui organiser un mariage satisfaisant pour tous les deux – enfin, uniquement pour lui. Il avait éjaculé avec délices deux fois jusqu’à présent ; il était heureux que la nuit se termine bientôt et qu’il soit obligé de retourner dans sa chambre, car seule l’idée d’initier cette simplette aux plaisirs interdits, de devenir son premier et – à tout jamais – son unique amant ; de l’attacher insensiblement et éternellement à lui, lui permettait d’arriver au bout de l’extase. Sans cela, le coton contre lequel venait frotter la tête de son membre engorgé de sang ne lui aurait procuré rien de plus qu’une désagréable sensation ; et, s’il ne s’était retenu en prévision des délices plus grands à venir, il n’aurait eu de cesse de quitter ses vêtements et de pénétrer la vulve d’Agathe encore et encore, jusqu’à son cervix s’il le fallait !
............Agathe sentit le poids de Pierre Cardon se repositionner sur le bas de son corps. Mais cette fois-ci, il laissa son buste libre de tout mouvement, se contentant d’entremêler ses jambes aux siennes.
............« Le duc de Palerme avait eu la chance d’épouser une femme qui, en plus de ses nombreux fils, lui avait donné une fille. Lorsqu’elle fut en âge de n’être pas indisposée de quelques heures de veille durant la nuit, le duc son père alla lui rendre visite – comme je suis en train de le faire avec toi. Il l’appela doucement, la caressa, la baisa. »
............Tout en parlant, il accomplissait les gestes correspondants : il l’appela doucement, caressa sa gorge découverte, et la baisa de cent petits baisers légers comme l’air.
............« Il lui expliqua quel était son rôle de père, et comment elle devait lui obéir afin d’éprouver mille félicités inconnues de tous les autres mortels. Pour l’amour d’elle, il lui promit de l’aimer tendrement et de la chérir jusqu’au jour où elle cesserait d’être sa fille – c'est-à-dire à tout jamais. Il lui jura de lui ouvrir toutes les connaissances cachées de la terre menant au plaisir suprême, à l’unique condition qu’elle garde le secret de leurs rencontres nocturnes, pour les raisons que je t’ai indiquées tout à l’heure : sans cela, elle ne pourrait plus jamais aimer, ni son père, ni un autre. La petite Carlitta avait huit ans alors, elle vénérait son père comme un dieu, et lui promit d’agir conformément à tous ses commandements. Ainsi, lorsque son père lui demanda de le baiser, elle le fit. »
............Pierre Cardon arrêta là son récit, le temps qu’Agathe se souvienne qu’elle avait également une partie à jouer dans leur histoire. Devant son regard perplexe, il entrouvrit légèrement ses lèvres, sans bouger aucune autre partie de son corps. La jeune fille comprit le message, et s’avança doucement jusqu’à elles, et les baisa chastement avant de se reculer, lui permettant enfin de reprendre son récit :
............« Ainsi, lorsque son père lui demanda de darder sa langue à l’intérieur de sa bouche et de combattre la sienne, elle le fit sans aucune hésitation. »
............Cette fois-ci, Agathe était plus au fait de son rôle : elle rapprocha son visage de celui de l’homme qui lui faisait face, et fit pénétrer sa langue dans sa bouche. La langue de l’étranger vint à sa rencontre, molle, humide, sensuelle, et elle sentit pour la troisième fois de la nuit son corps s’éveiller à des sensations nouvelles. Libre des mouvements du haut de son corps, elle rapprocha sa poitrine de son amant, et brisa leur baiser envoûtant pour la frotter langoureusement contre son buste mâle. Elle sentit ses tétons durcir sous l’effet du plaisir de cette rugueuse caresse, et gémit en fermant les yeux lorsqu’elle reconnut la sensation à présent familière qui se dégageait d’entre ses cuisses.
............Pierre Cardon se décala afin de l’embrasser à nouveau profondément, passionnément.
............« Son père », continua-t-il sur un ton rempli de désir, « lui promit de lui faire connaître l’extase une dernière fois avant de partir, si elle lui rendait auparavant la pareille. »
............Agathe le regarda fixement.
............« Que fit Carlitta ? »
............Pierre Cardon ne répondit pas.
............« Que fit Carlitta, mon père ? »
............Son père ronronna de plaisir à cette nouvelle marque de soumission de sa part : elle était plus que prête à obéir au moindre de ses ordres, songea-t-il. S’il avait décidé de changer ses plans à la dernière minute et de la prendre là, comme un taureau en rut… Ou mieux… Une étincelle s’alluma dans son regard lorsqu’il constata que s’il lui avait commandé d’aller se placer devant un taureau en rut afin qu’il la prenne, elle l’aurait fait sans rechigner.
............« Carlitta passa ses deux petites mains par-dessous le vêtement de son père. Voilà, comme ça. Puis elle empoigna doucement son membre durci – un peu plus fermement. Oh oui… » Il grogna de plaisir lorsque les mains inexpérimentées d’Agathe pressèrent correctement la base de son pénis, et frôlant son scrotum, lui envoyant une vague de chaleur dans l’épine dorsale. « Elle se mit à… Hgnn… » Il avala sa salive, et se força à se concentrer afin de la guider correctement. « Monter ses mains le long de son membre, puis à les descendre. » Il jura, incapable de contenir la jouissance qu’il ressentait à devenir le maître incontesté d’une vierge au début aussi peu consentante. Il se sentait puissant d’avoir pu la soumettre, non pas avec son titre de noblesse ou sa fortune, mais avec des mots et sa queue. Si son fourreau, une fois dépucelée, était aussi serré et soyeux que la sensation offerte par ses mains douces, alors il était à peu près certain de ne jamais le faire quitter à son pénis : il y serait bien trop à l’aise pour vouloir un jour en ressortir !
............Il grogna à nouveau en fermant les yeux lorsque son sperme gicla dans son pantalon, aspergeant les mains soyeuses de son amante, son érection enfin apaisée. Il soupira, tandis qu’Agathe laissait ses doigts reposer sur son membre désormais mou, ne sachant que faire à présent qu’il avait cessé ses instructions. Pierre Cardon se força à rouvrir les yeux et à avaler sa salive.
............« Carlitta retira ensuite ses mains du vêtement de son père, et porta ses doigts un à un à ses lèvres, afin de les lécher consciencieusement de la semence virile dont son géniteur lui avait fait la grâce de la combler. »
Il la regarda observer ses doigts, hésitante, avant de les porter à sa bouche. Il ne pensait pas avoir déjà autant d’emprise sur elle. Mais si… Elle lécha le sperme qui avait coulé sur ses doigts, et sembla même en prendre un certain plaisir. Dans ce cas, il n’y avait qu’un pas jusqu’à la prochaine étape, constata-il avec effarement : il prenait tant de plaisir à jouer le maître incontesté que son pénis reprit, à cette pensée, brusquement et inhabituellement de la vigueur.
............« Comme Carlitta lui avait offert un instant de plaisir que peuvent seules offrir les filles à leurs pères, le duc tint sa promesse à son tour. »
............Son membre était encore à moitié mou, peinant à se redresser pleinement. Mais devant le regard rempli de luxure d’Agathe, il durcit tout à fait lorsqu’il le positionna entre les cuisses de sa belle et qu’il le fit glisser le long de son sexe détrempé, deux morceaux de tissus le séparant seulement de l’ultime jouissance qu’il se promettait d’assouvir bientôt. Il le fit glisser en avant, en arrière, puis en avant à nouveau… Il entendait la respiration d’Agathe s’accélérer, et il augmenta son rythme en conséquence, jusqu’à ce qu’elle pousse un râle rauque, signe de sa délivrance.
............Il resta sur elle, attendant qu’elle reprenne ses esprits. Il n’avait pas fini son histoire.
« Le duc de Palerme venait la voir tous les soirs. Cependant, l’année de ses seize ans, il fut obligé de s’absenter pour un long mois. Il ordonna à sa fille d’attendre son retour, sous peine des plus graves conséquences. Carlitta l’attendit une semaine mais, n’en pouvant plus, elle finit par faire pénétrer dans sa chambre de jeune fille un écuyer du duc : il s’y prit si mal qu’il lui causa plus de douleur que de plaisir, et elle fut forcée de le renvoyer, honteuse. Lorsque son père revint enfin de son voyage, elle avait presque oublié son aventure d’un soir, et alla l’embrasser comme si son seul soleil venait de reparaître. Elle attendit que la nuit tombe avec impatience ; et son père, comme à son habitude, vint la trouver dans sa chambre. Il l’embrassa, il la caressa, avide des plaisirs qu’il n’avait pu combler autrement pendant son éloignement ; puis il la pénétra. Il ressentit tout d’abord un grand élan de plaisir ; mais soudain, devant le corps inhabituellement sans réaction de sa fille, et incapable de jouir, il comprit qu’elle l’avait trompée : ce que nous, nous avons pu faire plusieurs fois cette nuit, c’est-à-dire : nous procurer mutuellement un plaisir supérieur que nous n’aurions jamais pu ressentir avec quelqu’un d’autre, sa fille et lui ne le ressentiraient jamais plus. Dès le lendemain, il la donna en mariage à un noble afin de l’éloigner le plus possible de lui. Etre éloignée de la cour de son père et de ses caresses journalières la rendit folle, et elle finit par se laisser dépérir en comprenant que la magie qu’elle avait réussi à créer avec son père était disparue à jamais, et qu’elle ne la retrouverait jamais en aucun de ses maris et de ses amants. »
............Après un certain temps de silence, Agathe murmura :
............« C’est une histoire fort triste. Mais comment se fait-il que son père ait pu avoir une fille en première instance, s’il n’a pas pris auparavant de plaisir avec une autre femme qui n’était pas la sienne ?
............- Tu soulèves un point important, ma mignonne. » Il lui caressa la cuisse tout en reprenant : « Avant de devenir des pères, les hommes sont avant tout des maris. Il leur est donc permis de foutre toutes les femmes qu’ils souhaitent, et ce autant qu’ils le souhaitent ; mais je t’assure qu’ils ne prennent jamais autant de plaisir à cela que lorsqu’ils le font avec leur fille. Avec une femme quelconque, ils ne couchent que par besoin, par nécessité ; il s’agit là d’un acte primaire, primal qui ne nécessite aucun engagement et qui, une fois exécuté, ne repose sur absolument rien du tout. Cependant, avec leurs enfants, les hommes ressentent une connexion instantanée, quand bien même ce serait la première fois qu’ils la touchent. Alors, s’ils décident de se livrer tous deux ensemble aux plaisirs, c’est comme s’ils lisaient comme sur un livre ouvert dans l’âme de l’autre : ils s’aiment, et n’y reviennent non pas parce qu’ils en ont besoin mais parce qu’ils veulent se retrouver avec la chère âme qui est une partie de la leur.
............- Que se passe-t-il pour les femmes mariées ? Lorsque je le serai, est-ce que moi aussi je ne pourrai plus ressentir ce que j’ai ressenti ce soir ? Oh, je vous en prie, cher père, laissez-moi la possibilité de le ressentir encore et encore avec vous-même une fois accouplée avec un autre qui ne serait pas vous ! »
............La rougeur de son exclamation monta aux joues d’Agathe, tandis qu’elle posait un regard à moitié larmoyant, à moitié suppliant, à celui qu’elle venait d’appeler son père. Pierre Cardon grogna en empoignant son sexe toujours dressé, et commença à faire des va-et-vient puissants avec sa main – l’autre reposait toujours sur la poitrine de l’enfant chérie. Il lui répondit d’une voix apaisante, tout en la caressant de sa main libre :
............« Ne t’inquiète pas de cela, ma beauté. Lorsque le moment sera venu, je t’expliquerai comment les pères qui acceptent de céder le corps de leur fille tout en désirant garder leur âme, font. Mais cela nécessite que le soupirant soit choisi et nommé par le père. Il s’agit d’un rituel impossible à faire seul. M’as-tu bien comprise ? », la gronda-t-il soudain comme si elle venait de commettre une grave faute.
............« A présent, je dois partir. Non, pas de regrets, je reviendrai demain soir : laisse ta porte ouverte pour m’accueillir comme il se doit. Un baiser avant mon départ. Et n’oublie pas, ne parle à personne de ce qui vient de se produire.
............Elle l’embrassa à pleine bouche en collant à nouveau maladroitement son petit corps tiède contre son torse, entièrement consentante, entièrement désireuse de lui plaire. Il continua un instant ses mouvements de sa main tandis qu’elle s’accrochait à lui dans l’espoir qu’il reste encore un peu plus longtemps, les augmentant de plus en plus, puis éjacula en un nouveau grognement, et soupira de satisfaction : les buts qu’ils s’étaient fixés cette nuit avaient été plus que largement remplis. Il se détacha ensuite d’elle, alla à la porte ouvrir le verrou et, après s’être assuré que personne dans le couloir pourrait le remarquer, il retourna à pas de loup jusqu’à ses appartements.
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Comme il vous plaira   Jeu 9 Juil - 1:10

............Son action terminée, il roula sur le côté et posa négligemment une main sur sa poitrine : seul endroit, avec sa nuque et ses épaules, que son fin linge de nuit ne recouvrait pas.
............« Sais-tu pourquoi tu ne dois parler à personne de ce que nous avons fait ?
............- Pourquoi une chose aussi plaisante doit-elle rester secrète ?, rétorqua-t-elle fort ingénument.
............- Car si quelqu’un d’autre que toi et moi venait à l’apprendre, en le voyant ou en l’entendant, il deviendrait immanquablement jaloux, et il risquerait de le répéter à tous les autres, dans l’espoir de s’allier avec eux pour nous séparer à tout jamais. Pire que tout cela, un autre homme pourrait être tenté de corrompre à tout jamais la pureté de cette relation unique que peut seul avoir un père avec son infante chérie. Sais-tu qu’une fois que le lien entre eux est rompu, par la faute d’un tiers, aucun des deux ne retrouve plus jamais le millième du plaisir qu’ils se procuraient ensemble. C’est ce qui est arrivé au duc de Palerme et à sa fille adorée Carlitta. Veux-tu que je te raconte leur histoire ?
............- Oui, s’il te plait.
............- S’il te plait qui ?, la gronda-t-il.
............- Oui, s’il te plait papa, j’aimerais beaucoup connaître leur histoire. »
............Il se tut un instant, le temps de ressentir le délice secret à avoir réussi à soumettre aussi facilement à lui cette si bonne âme. Par la naissance et par la richesse, elle lui était insupportablement supérieure ; mais il avait suffi d’une nuit pour qu’il la domine et ne soit en passe d’en faire une de ses maîtresse destinée à combler le moindre de ses désirs.
............« Non, souffla-t-il soudain. J’ai une meilleure idée : je ne vais pas te la raconter, nous allons la jouer ensemble. »
............L’idée lui semblait appétissante, quand bien même il devrait se contenter pour cette nuit de souiller une nouvelle fois sa culotte : Agathe n’était pas encore mariée et devait donc rester pucelle jusqu’à ce qu’il réussisse à lui organiser un mariage satisfaisant pour tous les deux – enfin, uniquement pour lui. Il avait éjaculé avec délices deux fois jusqu’à présent ; il était heureux que la nuit se termine bientôt et qu’il soit obligé de retourner dans sa chambre, car seule l’idée d’initier cette simplette aux plaisirs interdits, de devenir son premier et – à tout jamais – son unique amant ; de l’attacher insensiblement et éternellement à lui, lui permettait d’arriver au bout de l’extase. Sans cela, le coton contre lequel venait frotter la tête de son membre engorgé de sang ne lui aurait procuré rien de plus qu’une désagréable sensation ; et, s’il ne s’était retenu en prévision des délices plus grands à venir, il n’aurait eu de cesse de quitter ses vêtements et de pénétrer la vulve d’Agathe encore et encore, jusqu’à son cervix s’il le fallait !
............Agathe sentit le poids de Pierre Cardon se repositionner sur le bas de son corps. Mais cette fois-ci, il laissa son buste libre de tout mouvement, se contentant d’entremêler ses jambes aux siennes.
............« Le duc de Palerme avait eu la chance d’épouser une femme qui, en plus de ses nombreux fils, lui avait donné une fille. Lorsqu’elle fut en âge de n’être pas indisposée de quelques heures de veille durant la nuit, le duc son père alla lui rendre visite – comme je suis en train de le faire avec toi. Il l’appela doucement, la caressa, la baisa. »
............Tout en parlant, il accomplissait les gestes correspondants : il l’appela doucement, caressa sa gorge découverte, et la baisa de cent petits baisers légers comme l’air.
............« Il lui expliqua quel était son rôle de père, et comment elle devait lui obéir afin d’éprouver mille félicités inconnues de tous les autres mortels. Pour l’amour d’elle, il lui promit de l’aimer tendrement et de la chérir jusqu’au jour où elle cesserait d’être sa fille – c'est-à-dire à tout jamais. Il lui jura de lui ouvrir toutes les connaissances cachées de la terre menant au plaisir suprême, à l’unique condition qu’elle garde le secret de leurs rencontres nocturnes, pour les raisons que je t’ai indiquées tout à l’heure : sans cela, elle ne pourrait plus jamais aimer, ni son père, ni un autre. La petite Carlitta avait huit ans alors, elle vénérait son père comme un dieu, et lui promit d’agir conformément à tous ses commandements. Ainsi, lorsque son père lui demanda de le baiser, elle le fit. »
............Pierre Cardon arrêta là son récit, le temps qu’Agathe se souvienne qu’elle avait également une partie à jouer dans leur histoire. Devant son regard perplexe, il entrouvrit légèrement ses lèvres, sans bouger aucune autre partie de son corps. La jeune fille comprit le message, et s’avança doucement jusqu’à elles, et les baisa chastement avant de se reculer, lui permettant enfin de reprendre son récit :
............« Ainsi, lorsque son père lui demanda de darder sa langue à l’intérieur de sa bouche et de combattre la sienne, elle le fit sans aucune hésitation. »
............Cette fois-ci, Agathe était plus au fait de son rôle : elle rapprocha son visage de celui de l’homme qui lui faisait face, et fit pénétrer sa langue dans sa bouche. La langue de l’étranger vint à sa rencontre, molle, humide, sensuelle, et elle sentit pour la troisième fois de la nuit son corps s’éveiller à des sensations nouvelles. Libre des mouvements du haut de son corps, elle rapprocha sa poitrine de son amant, et brisa leur baiser envoûtant pour la frotter langoureusement contre son buste mâle. Elle sentit ses tétons durcir sous l’effet du plaisir de cette rugueuse caresse, et gémit en fermant les yeux lorsqu’elle reconnut la sensation à présent familière qui se dégageait d’entre ses cuisses.
............Pierre Cardon se décala afin de l’embrasser à nouveau profondément, passionnément.
............« Son père », continua-t-il sur un ton rempli de désir, « lui promit de lui faire connaître l’extase une dernière fois avant de partir, si elle lui rendait auparavant la pareille. »
............Agathe le regarda fixement.
............« Que fit Carlitta ? »
............Pierre Cardon ne répondit pas.
............« Que fit Carlitta, mon père ? »
............Son père ronronna de plaisir à cette nouvelle marque de soumission de sa part : elle était plus que prête à obéir au moindre de ses ordres, songea-t-il. S’il avait décidé de changer ses plans à la dernière minute et de la prendre là, comme un taureau en rut… Ou mieux… Une étincelle s’alluma dans son regard lorsqu’il constata que s’il lui avait commandé d’aller se placer devant un taureau en rut afin qu’il la prenne, elle l’aurait fait sans rechigner.
............« Carlitta passa ses deux petites mains par-dessous le vêtement de son père. Voilà, comme ça. Puis elle empoigna doucement son membre durci – un peu plus fermement. Oh oui… » Il grogna de plaisir lorsque les mains inexpérimentées d’Agathe pressèrent correctement la base de son pénis, et frôlant son scrotum, lui envoyant une vague de chaleur dans l’épine dorsale. « Elle se mit à… Hgnn… » Il avala sa salive, et se força à se concentrer afin de la guider correctement. « Monter ses mains le long de son membre, puis à les descendre. » Il jura, incapable de contenir la jouissance qu’il ressentait à devenir le maître incontesté d’une vierge au début aussi peu consentante. Il se sentait puissant d’avoir pu la soumettre, non pas avec son titre de noblesse ou sa fortune, mais avec des mots et sa queue. Si son fourreau, une fois dépucelée, était aussi serré et soyeux que la sensation offerte par ses mains douces, alors il était à peu près certain de ne jamais le faire quitter à son pénis : il y serait bien trop à l’aise pour vouloir un jour en ressortir !
............Il grogna à nouveau en fermant les yeux lorsque son sperme gicla dans son pantalon, aspergeant les mains soyeuses de son amante, son érection enfin apaisée. Il soupira, tandis qu’Agathe laissait ses doigts reposer sur son membre désormais mou, ne sachant que faire à présent qu’il avait cessé ses instructions. Pierre Cardon se força à rouvrir les yeux et à avaler sa salive.
............« Carlitta retira ensuite ses mains du vêtement de son père, et porta ses doigts un à un à ses lèvres, afin de les lécher consciencieusement de la semence virile dont son géniteur lui avait fait la grâce de la combler. »
Il la regarda observer ses doigts, hésitante, avant de les porter à sa bouche. Il ne pensait pas avoir déjà autant d’emprise sur elle. Mais si… Elle lécha le sperme qui avait coulé sur ses doigts, et sembla même en prendre un certain plaisir. Dans ce cas, il n’y avait qu’un pas jusqu’à la prochaine étape, constata-il avec effarement : il prenait tant de plaisir à jouer le maître incontesté que son pénis reprit, à cette pensée, brusquement et inhabituellement de la vigueur.
............« Comme Carlitta lui avait offert un instant de plaisir que peuvent seules offrir les filles à leurs pères, le duc tint sa promesse à son tour. »
............Son membre était encore à moitié mou, peinant à se redresser pleinement. Mais devant le regard rempli de luxure d’Agathe, il durcit tout à fait lorsqu’il le positionna entre les cuisses de sa belle et qu’il le fit glisser le long de son sexe détrempé, deux morceaux de tissus le séparant seulement de l’ultime jouissance qu’il se promettait d’assouvir bientôt. Il le fit glisser en avant, en arrière, puis en avant à nouveau… Il entendait la respiration d’Agathe s’accélérer, et il augmenta son rythme en conséquence, jusqu’à ce qu’elle pousse un râle rauque, signe de sa délivrance.
............Il resta sur elle, attendant qu’elle reprenne ses esprits. Il n’avait pas fini son histoire.
« Le duc de Palerme venait la voir tous les soirs. Cependant, l’année de ses seize ans, il fut obligé de s’absenter pour un long mois. Il ordonna à sa fille d’attendre son retour, sous peine des plus graves conséquences. Carlitta l’attendit une semaine mais, n’en pouvant plus, elle finit par faire pénétrer dans sa chambre de jeune fille un écuyer du duc : il s’y prit si mal qu’il lui causa plus de douleur que de plaisir, et elle fut forcée de le renvoyer, honteuse. Lorsque son père revint enfin de son voyage, elle avait presque oublié son aventure d’un soir, et alla l’embrasser comme si son seul soleil venait de reparaître. Elle attendit que la nuit tombe avec impatience ; et son père, comme à son habitude, vint la trouver dans sa chambre. Il l’embrassa, il la caressa, avide des plaisirs qu’il n’avait pu combler autrement pendant son éloignement ; puis il la pénétra. Il ressentit tout d’abord un grand élan de plaisir ; mais soudain, devant le corps inhabituellement sans réaction de sa fille, et incapable de jouir, il comprit qu’elle l’avait trompée : ce que nous, nous avons pu faire plusieurs fois cette nuit, c’est-à-dire : nous procurer mutuellement un plaisir supérieur que nous n’aurions jamais pu ressentir avec quelqu’un d’autre, sa fille et lui ne le ressentiraient jamais plus. Dès le lendemain, il la donna en mariage à un noble afin de l’éloigner le plus possible de lui. Etre éloignée de la cour de son père et de ses caresses journalières la rendit folle, et elle finit par se laisser dépérir en comprenant que la magie qu’elle avait réussi à créer avec son père était disparue à jamais, et qu’elle ne la retrouverait jamais en aucun de ses maris et de ses amants. »
............Après un certain temps de silence, Agathe murmura :
............« C’est une histoire fort triste. Mais comment se fait-il que son père ait pu avoir une fille en première instance, s’il n’a pas pris auparavant de plaisir avec une autre femme qui n’était pas la sienne ?
............- Tu soulèves un point important, ma mignonne. » Il lui caressa la cuisse tout en reprenant : « Avant de devenir des pères, les hommes sont avant tout des maris. Il leur est donc permis de foutre toutes les femmes qu’ils souhaitent, et ce autant qu’ils le souhaitent ; mais je t’assure qu’ils ne prennent jamais autant de plaisir à cela que lorsqu’ils le font avec leur fille. Avec une femme quelconque, ils ne couchent que par besoin, par nécessité ; il s’agit là d’un acte primaire, primal qui ne nécessite aucun engagement et qui, une fois exécuté, ne repose sur absolument rien du tout. Cependant, avec leurs enfants, les hommes ressentent une connexion instantanée, quand bien même ce serait la première fois qu’ils la touchent. Alors, s’ils décident de se livrer tous deux ensemble aux plaisirs, c’est comme s’ils lisaient comme sur un livre ouvert dans l’âme de l’autre : ils s’aiment, et n’y reviennent non pas parce qu’ils en ont besoin mais parce qu’ils veulent se retrouver avec la chère âme qui est une partie de la leur.
............- Que se passe-t-il pour les femmes mariées ? Lorsque je le serai, est-ce que moi aussi je ne pourrai plus ressentir ce que j’ai ressenti ce soir ? Oh, je vous en prie, cher père, laissez-moi la possibilité de le ressentir encore et encore avec vous-même une fois accouplée avec un autre qui ne serait pas vous ! »
............La rougeur de son exclamation monta aux joues d’Agathe, tandis qu’elle posait un regard à moitié larmoyant, à moitié suppliant, à celui qu’elle venait d’appeler son père. Pierre Cardon grogna en empoignant son sexe toujours dressé, et commença à faire des va-et-vient puissants avec sa main – l’autre reposait toujours sur la poitrine de l’enfant chérie. Il lui répondit d’une voix apaisante, tout en la caressant de sa main libre :
............« Ne t’inquiète pas de cela, ma beauté. Lorsque le moment sera venu, je t’expliquerai comment les pères qui acceptent de céder le corps de leur fille tout en désirant garder leur âme, font. Mais cela nécessite que le soupirant soit choisi et nommé par le père. Il s’agit d’un rituel impossible à faire seul. M’as-tu bien comprise ? », la gronda-t-il soudain comme si elle venait de commettre une grave faute.
............« A présent, je dois partir. Non, pas de regrets, je reviendrai demain soir : laisse ta porte ouverte pour m’accueillir comme il se doit. Un baiser avant mon départ. Et n’oublie pas, ne parle à personne de ce qui vient de se produire.
............Elle l’embrassa à pleine bouche en collant à nouveau maladroitement son petit corps tiède contre son torse, entièrement consentante, entièrement désireuse de lui plaire. Il continua un instant ses mouvements de sa main tandis qu’elle s’accrochait à lui dans l’espoir qu’il reste encore un peu plus longtemps, les augmentant de plus en plus, puis éjacula en un nouveau grognement, et soupira de satisfaction : les buts qu’ils s’étaient fixés cette nuit avaient été plus que largement remplis. Il se détacha ensuite d’elle, alla à la porte ouvrir le verrou et, après s’être assuré que personne dans le couloir pourrait le remarquer, il retourna à pas de loup jusqu’à ses appartements.
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