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 Nouvelle : visiter

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Adena H.
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Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Nouvelle : visiter   Sam 26 Avr - 20:55

Nuit du 12 août 2011 (HPF) 21h-22h : visiter

Seamus relut une nouvelle fois l’adresse notée sur le petit bout de papier chiffonné qu’il tenait en main.

45, Pennington Street. Clerkenwell.

Il inspira un grand coup, et… ne bougea pas d’un pouce. Au bout d’un temps qui lui parut interminable, il se décida finalement à contourner l’immeuble qui lui faisait face. Après tout, ce n’était pas parce qu’il se trouvait dans une rue sorcière de Londres qu’il n’attirerait pas l’attention des passants s’il restait immobile une seconde de plus. Les sorciers avaient beau être plus ouverts d’esprits que les moldus, ils n’en restaient pas moins conventionnels par rapport aux standards et aux normes de leur société. Cela, Seamus s’en était rendu rapidement compte : c’était l’un des nombreux avantages d’avoir un seul parent sorcier.

L’un des nombreux désavantages étant que ses parents avaient souvent tendance à ne pas s’entendre à propos de son futur. Son père, profondément ancré dans sa vie routinière de moldu, avait beau ne souhaiter que le bonheur de son fils unique, il n’en restait pas moins qu’il semblait désapprouver les choix de vie dont ce dernier lui faisait part – au contraire de sa mère qui avait été ravie d’apprendre que le Département des accidents et catastrophes magiques avait accepté sa candidature la semaine dernière. Du coup, on pouvait légitimement affirmer que Seamus avait du mal à trouver sa place entre les deux mondes.

Sa place à Poudlard avait été légitime. Et, tant qu’il avait été obligé de suivre le parcours scolaire commun à tous les sorciers en herbe de Grande-Bretagne, sa vie avait été on-ne-peut plus simple. Ses parents s’étaient mis d’accord sur le fait que, puisqu’il était mineur et ne pouvait utiliser la magie en dehors de l’école, ses étés seraient entièrement tournés vers des activités moldues (excepté, bien sûr, l’été de sa troisième année, où ils avaient tous les trois été assister à la Coupe du Monde de Quidditch). Les limites avaient bien été tracées. Mais son entrée dans la vie adulte avec ses six ASPIC en poche semblait avoir entièrement changé la donne.

Les derniers jours avaient été pour Seamus synonymes d’une angoisse terrible. A chaque fois qu’il sortait de sa chambre, que ce soit pour prendre ses repas, ou pour sortir faire un tour, la boule qui se formait au niveau de son ventre lui rappelait à quel point il avait peur de se retrouver face à son père et à tout ce qu’il représentait. Ces derniers temps, à chaque fois que Seamus le croisait, ce dernier se faisait de plus en plus insistant : dernièrement, il lui avait même fait part d’une place qui se libérait à son travail, en lui proposant de prendre son CV et de le transmettre lui-même à ses supérieurs. Il ne doutait pas une seconde que son avis serait tenu en compte, vu la considération dont il jouissait auprès de ses patrons. Après tout, cela ferait quarante-deux ans qu’il travaillait dans la même boîte en janvier prochain, ce n’était pas rien !

L’entretien s’était bien passé. Les patrons de Mr Finnigan avaient un naturel débonnaire et, tant que le travail pour lequel ils embauchaient leurs employés était fait correctement et dans les temps, ils ne ressentaient pas le besoin de jouer les tyrans. Pour fêter cette grande nouvelle, son père les avait invités, sa mère et lui, au restaurant. C’était à cette occasion qu’il avait glissé, pour la première fois, l’idée que leur grand garçon devrait pouvoir prendre son indépendance.

- Charlotte chérie, que penses-tu de nous porter garants pour les premiers mois de loyer de Seamus ? Je suis passé devant un appartement à vendre en rentrant du travail hier soir, et il avait l’air assez confortable… Je suis sûr que Seamus ne serait pas contre le fait de quitter le nid familial…

Il s’était arrêté le temps de lui faire un clin d’œil, mais au moment où il allait reprendre sa femme l’avait interrompu.

- Donagh, suffit !, avait-elle sifflé entre ses dents.

- Mais… Charlotte chérie…

- Qui crois-tu tromper en essayant de le pousser à trouver un appartement dans une rue moldue ? Notre fils a un énorme potentiel, et tu as l’air de faire tout ce que tu peux pour ne pas le laisser l’exploiter !

- Je t’en prie, Charlotte ! Je serais le dernier des imbéciles si je n’étais pas capable de me rendre compte de son potentiel. Cependant, contrairement à toi, je fais en sorte de lui proposer des solutions concrètes. Il ne peut tout de même pas faire carrière dans ton département des accidents et des je-ne-sais-quoi, ce serait complètement aberrant !

Seamus avait ouvert grand les yeux sans rien dire, étonné de voir ses parents se disputer en public à propos de magie.

L’ambiance du retour avait été lourde de non-dits.

Dès le lendemain, son père avait retrouvé son entrain habituel, ce qui lui avait permis de trainer son fils hors de chez eux pour visiter ensemble son potentiel futur appartement. Alors que son père s’exclamait face au prix significativement réduit par rapport à la superficie totale, Seamus avait pris une grande inspiration. Et s’était lancé.

- Papa… Il s’était arrêté, le temps de chercher ses mots. Ecoute, je te remercie pour tout ce que tu fais pour moi. Je t’en suis sincèrement reconnaissant, et je t’en prie, ne doute pas que je te dise ce que je vais te dire par ingratitude. Mais je ne peux pas prendre cet appartement.

- Pourquoi ne peux-tu pas ? Tu es à deux pas de la place du marché, la rue passante est exagérément calme et, franchement, le prix est raisonnable. Si tu gères ton argent comme je te l’ai appris, tu pourras même réussir à mettre un petit pécule de côté, et ce tout en payant ton loyer et en te faisant plaisir de temps en temps.

Seamus avait observé son père avec insistance pendant qu’il palabrait, soulagé que l’agent immobilier ait temporairement quitté l’appartement le temps qu’ils prennent une décision.

- Ce n’est pas que tu ne peux pas, alors, reprit son père. C’est plutôt que tu ne veux pas ! Tu t’es encore laissé embobiner par les réflexions de ta mère ! Comme si tu pouvais raisonnablement penser à faire carrière dans un ministère magique… Bien sûr, ta mère m’en a parlé, mais soyons logiques, ce n’est pas ce que je pourrais considérer comme un emploi stable… Et, sincèrement, un ministère suffit amplement à tous les habitants de Grande-Bretagne, je ne pense pas que le votre soit réellement utile…

Son père avait commencé par parler très rapidement et très fort. Cependant, au fur et à mesure qu’il se rendait compte qu’il n’arrivait pas à convaincre son enfant unique, son ton de voix s’était fait de plus en plus lent et de plus en plus faible, jusqu’à ne plus produire aucun son. Seamus se fit alors la réflexion que son père semblait en cet instant précis étrangement vieux et las, lui qui faisait toujours l’effort de paraître en forme – même quand il était malade. Il s’affaissa sur la chaise de comptoir la plus proche de lui, et cacha son visage dans ses deux mains (une seule n’aurait pas été suffisamment grande pour cacher les larmes silencieuses qui tombaient de ses yeux).

Seamus s’approcha lentement de la chaise, et posa une main ferme sur l’épaule de son père.

- Papa, souffla-t-il doucement. Papa, écoute-moi. Je sais que tu désapprouves ce choix, mais je ne suis pas un moldu. Je ne peux pas… Seamus s’arrêta, cherchant avec soin les mots qu’il emploierait : Après sept ans passés à côtoyer journellement des sorciers, il m’est impensable de me couper définitivement de tout ce qui m’a permis de mûrir, de tout ce qui a enrichi ma vie. J’ai accepté le fait d’être différent des autres, et cela implique de ne pas évoluer comme les autres. Son ton de voix se fit plus dur : Je ne veux pas renoncer à la magie.

- Je ne te demande pas de renoncer à la magie, Seamus. Tu es un adulte à présent, je ne vais pas te suivre à la trace lorsque tu iras retrouver tes amis. Je pense simplement que, pour ton bien, il serait plus prudent que tu restes dans notre monde à nous. Dans notre monde, il n’y a aucun méchant détruisant tout sur son passage pour prendre le pouvoir. Et quand bien même ce serait le cas, il ne pourrait pas tuer ceux qu’il veut d’un simple mot.

Son père tremblait. Il ferma le poing de rage, et sa voix reprit son assurance coutumière :

- Bon sang Seamus, tu te rends compte au moins que tu as failli te faire tuer il y a moins d’un an ! Dans ce monde-là, je ne peux pas te protéger, et encore moins te défendre. Dans ce monde-là, je ne peux même pas t’atteindre ! Et si tu étais bloqué sur le Chemin de Traverse, comment pourrais-je bien faire pour dépasser ne serait-ce que le mur de briques, hein ?! Hé bien, j’attends ta réponse, jeune homme.

Mr Finnigan se redressa de toute sa stature, enveloppant son fils unique de son regard noir. Un élan d’amour filial – certainement inapproprié dans la situation actuelle – emplit brusquement le fils unique en question, qui s’élança vers son père et l’enlaça de toutes ses forces.

-  Tu n’as aucune crainte à avoir, papa. Tu sais, depuis la défaite de Tu-Sais-Qui, le monde magique est redevenu un havre de paix. (Ce n’était pas tout à fait vrai, puisque de petits groupes rebelles partisans des idéaux mangemorts continuaient de semer la pagaille sur leur passage. Néanmoins, les Aurors étaient suffisamment compétents dans leur travail pour maîtriser peu à peu la situation, et c’est pourquoi Seamus se dit qu’un petit mensonge n’était pas grand-chose – de toutes façons, son père n’était pas abonné à la Gazette du Sorcier et n’en saurait probablement jamais rien). Et puis, maintenant ce sera différent. A Poudlard, nous ne pouvions rentrer chez nous qu’aux fêtes. Maintenant que j’ai mon permis de transplanage, il me sera bien plus facile de venir vous voir le week-end. Je te promets qu’à la fin, tu n’en pourras plus de me voir à la maison, et que tu prieras pour que j’aie une vraie vie sociale !

Sa remarque arracha un léger sourire à Mr Finnigan, qui se détendit considérablement. Il inspira profondément, avant de déclarer solennellement :

- Je vais prévenir l’agent immobilier qu’on ne prend pas l’appartement, dans ce cas.

***

Seamus soupira. Il avait longuement hésité mais, depuis que son père lui avait parlé de prendre son indépendance, il réfléchissait de plus en plus à l’idée de se trouver un appartement du côté sorcier. C’était toute une responsabilité à prendre, et c’était également pourquoi l’idée avait mis quelque temps à mûrir dans son esprit. Choisir un appartement revenait à clamer qu’on était capable d’assumer seul ses besoins ; mais, surtout, cela signifiait qu’on acceptait de revendiquer sa vie dans le monde, côté sorcier.

En réalité, même si dans moins d’une semaine il allait commencer son premier vrai travail au Ministère, Seamus n’était pas sûr à cent pour cent de sa décision. Mais au moins, à présent, il savait qu'il pourrait compter sur le soutien de ses parents en cas de pépin. Il chiffonna une énième fois le morceau de papier sur lequel était inscrite l’adresse que lui avait communiquée Dean, avant de l’enfoncer le plus profondément possible dans la poche de sa cape de sorcier. Pour se décider finalement à pénétrer dans l’immeuble, et à aller visiter le 45, Pennington Street. Clerkenwell.
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Adena H.
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MessageSujet: Re: Nouvelle : visiter   Sam 21 Juin - 18:59

Nuit du 15 novembre 2013 (HPF) 00h-01h : entrer


L'entre-deux.

I.

La maison lui faisait peur.

Monter la quinzaine de marches menant au perron n'avait jamais été compliqué; car il fallait se concentrer afin de ne pas déraper sur le gel dur et glissant qui les parsemaient. Une fois, elle avait réussi à se casser la jambe comme ça, bêtement, en ne faisant pas assez attention : elle pensait à autre chose. Ses parents avaient été obligés de l'emmener à l'hôpital.

Depuis, elle se tenait constamment fermement à la rambarde. Du talon, elle assurait sa première prise au sol, puis la seconde, avant d'équilibrer l'ensemble de son poids vers l'avant. On aurait dit un de ces automates dont il suffit de tourner la clé afin de les remettre en marche et leur faire effectuer inlassablement les mêmes gestes.

Dans la pénombre de la fin du jour, le lampadaire allumé surplombant la porte d'entrée, phare incontesté des voyageurs désorientés par les tempêtes à répétition habituelles à la saison, faisait scintiller les millions de cristaux de glace comme autant de petits diamants éparpillés ça et là sur et autour de la maison. L’œil unique projetait, de jour comme de nuit, sa lumière diaphane.

Elle plissa les yeux : il ne s'agissait, ni plus ni moins, que d'une agression visuelle. Et elle espéra, le temps d'un battement de cœur, que le générateur surchauffe suffisamment pour court-circuiter. Puis, elle pensa à l'argent qu'ils ne pouvaient se permettre de dépenser pour racheter les pièces grillées. Elle pensa également à quel point une montée à l'aveugle jusqu'à la porte lui serait pénible.


II.

La porte, bouche géante prête à la dévorer, avait été peinte en rouge afin de faire fuir les mauvais esprits. Sirins, valravns, helhests, skvaders et autres créatures maléfiques, semblait-elle dire, passez votre chemin ! Vous n'êtes pas les bienvenus chez nous ! Vous qui régnez en maîtres incontestés de l'air, de la nature et des morts, ici vous n'êtes rien : allez-vous en au loin !

Toi, Ajattar, ne pense pas pouvoir faire glisser ta perfide queue de dragon plus loin que notre seuil ! L’entrebâillement du lourd morceau de bois verni t'empêchera de propager tes maladies. Nous te connaissons, nous connaissons ton pouvoir. Mais ici, nous serons protégés de ton regard pestiférant.

Et pendant que Le Grand Courbe et toi tenterez vainement de vous frayer un chemin à travers, nous rirons. Nous, pauvres mortels pitoyables, serons plus forts que vous.

la peste, quiconque la regarde tombe malade, et elle allaite les serpents.
mère du diable,

III.

La maison lui faisait peur.

Elle avait autant peur, si ce n'est plus, d'en sortir que d'y entrer.
Elle avait autant peur, si ce n'est plus, d'y entrer que d'en sortir.

Si seulement elle avait, au moins, moins peur d'en sortir que d'y entrer !
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