Contemporain (père ruiné)

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Contemporain (père ruiné)

Message par Adena H. le Lun 29 Fév - 17:50

Protagonistes :
Effy Huxley : Elizabeth Bennet
Nikolai Vasilyev : M. Fitzgerald Darcy
Sue Ellen Vasilyev : mère de Nik
Sergei Gribkov : concurrent de Nik et amant de la belle-mère d'Effy

Quand Effy apprend que la meilleure amie de sa mère est dans le pétrin jusqu'au cou, elle lui propose immédiatement son aide. Même si sa mère est morte et son père remarié à une marâtre qui ne cesse de la rabaisser et de l'humilier. Mais Effy Huxley sait ce qu'elle vaut. Même si ça veut dire passer du temps avec l'insupportable Nik, le fils de Sue Ellen, parce que le père de celui-ci est accusé de trahison et de détournement de fond et que les Vasilyev sont devenus les parias de toute la haute société de Boston. Et même si le fait de passer du temps avec lui signifie perdre sa bonne réputation et tous ses contacts professionnels et personnels.

- elle doit se reconvertir car Bells and Chests ne veulent pas continuer à s'associer à une femme qui est amie avec Nik.
- OU : a la moitié des parts de sa mère dans l'entreprise familiale, et n'a donc pas besoin de travailler. Est une socialite.  
- ses pseudo anciens amis la laissent tomber, ex : celles avec qui elle a été en pension.
- sa belle-mère lui fait du chantage affectif.

25 ans : trop jeune
28 ans maximum : 29 trop vieille (sinon, lui inventer un fiancé, une histoire)
27 ans ? A eu 3 histoires sérieuses : 1 a duré longtemps mais étaient trop jeunes et ne comprenaient rien à l'amour. 2 l'a trompé avant que les choses ne deviennent sérieuses, voulait passer du temps avec elle pour mieux se rapprocher de sa belle-mère, 3 l'a demandé en mariage mais elle a eu peur de ne pas l'aimer assez, alors elle a refusé et ça l'a vexé.

1. La rencontre : ils se détestent, Nik est trop hautain et orgueilleux.
2. Ils s'apprivoisent. Apprennent à se connaître. Un peu forcée par la mère de Nik, Effy finit par apprécier ces instants où elle réussit à dérider Nik, même s'il se renferme après sur lui-même.
3. Élément perturbateur : sa belle-mère les considère comme des parias, comme tout le reste de leur élite sociale, et pensent que ceux qui passent du temps avec eux vont être contaminés. Son père est d'accord avec sa femme, et ne veut pas la contrarier alors il brise les contacts de sa fille. Elle aussi est rejetée de leur société, mais ne se laisse pas abattre. Décide d'acheter des parts dans la société en création de Nik. Lui fait confiance.
Quand Sue Ellen l'apprend, lui explique qu'elle a trouvé une solution pour ne plus lui être à charge : va retrouver un vieil amant à elle. Mais Nik ne peut l'accompagner, est coincé. Sue Ellen lui demande de prendre soin de lui, et s'en va. Nik n'est pas content de l'arrangement de sa mère, mais sait qu'elle sera en sécurité avec ce Sergei pendant la durée du procès. Savent qu'ensuite les choses se tasseront.
2 chambres d'hôtel qu'ils louent sont rendues, contre les 3 nécessaires au départ. N'ont plus qu'une seule chambre et toutes les autres réservées pendant au moins 4 jours : doivent se la partager. Situations gênantes s'ensuivent.
4. Tout se remet en place. Son père se rend compte que la bannir de son monde n'était pas la meilleure solution en lui faisant du chantage, et même s'il n'est pas très content qu'elle ait continué à voir Nik malgré son interdiction formelle, car il ne le connait pas et ne l'apprécie pas, il finit par respecter ses décisions et ses choix.


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Re: Contemporain (père ruiné)

Message par Adena H. le Lun 29 Fév - 18:22

1. La rencontre.
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Re: Contemporain (père ruiné)

Message par Adena H. le Lun 29 Fév - 19:20

[EFFY - MEREDITH - MAISON D'EFFY]

Effy descendit l’escalier pour aller boire son café matinal. Lorsqu’elle pénétra dans la cuisine, Meredith était déjà en train d’y faire le ménage. Elle s’assit sur une des chaises hautes installées près du bar, et prit une tasse.

- Bonjour, miss Huxley.

- Meredith ! Je t’ai déjà répété mille fois de m’appeler Effy !, répondit la jeune fille sur un ton faussement agacé. Son regard cependant s’adoucit sensiblement lorsqu’elle rajouta :

- Veux-tu du café ?

- Non merci. J’ai amené un thermos, miss Huxley.

Effy remplit une deuxième tasse et la poussa dans sa direction sans prendre en compte son refus. Elle observa pensivement la jeune femme d’une trentaine d’années faire la vaisselle. Avant le remariage de son père avec Charlotte suite au décès de sa femme, ils n’avaient jamais eu le besoin d’engager de femmes de ménage. Malgré leur train de vie aisé, ses parents lui avaient toujours appris à garder ses affaires en bon ordre sans aide extérieure.

C’est pourquoi il lui était aussi difficile de voir la jeune femme s’activer devant elle, tandis qu’elle-même était censée se prélasser sans se préoccuper de rien d’autre. Effy soupira. Elle n’était pas chez elle, et n’avait donc pas son mot à dire sur la question : elle était arrivée la veille de Tampa, où elle possédait un petit appartement, à Boston dans le penthouse de son père et sa belle-mère. Elle avait l’habitude, quand la société qui l’embauchait en tant que décoratrice d’intérieur lui demandait de se déplacer jusqu’à son siège, de passer ses nuits chez son père et sa belle-mère.

Celle-ci n’était jamais ravie par sa présence chez eux, clairement parce qu’alors son père partageait ses attentions équitablement entre les deux femmes de sa vie et que Charlotte était plutôt du genre exclusif, mais Effy ne s’en formalisait pas plus que cela depuis ses quinze ans : date où son père s'était remarié et que Charlotte avait fortement insisté pour qu'Effy continue ses études en pension car cela serait mieux pour son développement. Contrairement à ce que sa belle-mère avait prévu, son père avait gardé contact avec lui. Le dicton populaire : Loin des yeux, loin du cœur, ne s'appliquait pas à leur cas.

Au contraire, ces absences prolongées avaient renforcé leur lien. Effy savait pouvoir compter sur son père.

Mais le fragile équilibre qui s’était peu à peu instauré entre eux trois était capable de vaciller à tout instant, et Effy ne pouvait donc pas se permettre de critiquer le fait que sa belle-mère engageait une femme de ménage pour deux personnes. En plus, Meredith avait quasiment son âge, elle avait l’air à peine plus âgée qu’elle.

Effy reprit :

- Non, décidément, c’est ridicule de nous vouvoyer. Tu pourrais être ma grande sœur ! Appelons-nous par nos prénoms. Qu’en penses-tu ?

- Que madame ne va pas être très contente d’apprendre cela, affirma doucement Meredith tout en continuant à faire la vaisselle.

- Ma belle-mère est à son brunch pour encore deux bonnes heures. Je te promets de ne rien lui dire de ton comportement indécent… Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, répliqua Effy sur un ton taquin.

Cette dernière remarque fit se retourner Meredith, éponge en main, qui lui lança un sourire amusé, quoi qu’un peu circonspect :

- J’ai l’impression d’entendre parler ma nièce de dix ans ! Laissez-moi le temps de réfléchir à votre proposition indécente… Effy.

Effy sourit, radieuse, acceptant comme il se devait cette concession. Elle finit sa tasse de café et, à présent tout à fait réveillée, se leva de sa chaise et alla prendre un torchon afin d’essuyer la vaisselle pour aider Meredith.

- Vous n’êtes pas obligée de faire ça.

- Je sais, répondit gaiement Effy. C’est d’ailleurs pour ça que je le fais : je déteste qu’on me donne des ordres !

- Mais vous travaillez… Comment faites-vous avec votre patron ?, lui demanda-t-elle tout en lui passant l’assiette qu’elle venait de nettoyer. Effy la prit et l’essuya.

- J’ai énormément de chance dans mon travail, je dois bien l’avouer. Je travaille pour une compagnie, mais mes patrons sont relativement satisfaits de mon travail et me laissent le plus souvent carte blanche. A une période, avant de trouver ce job, je changeais d’employeur comme de chemise. Je n’aurais jamais pu me le permettre sans le soutien financier de papa, mais ça m’a permis de prendre le temps de trier correctement les projets qu’on me proposait, et de choisir ceux qui me convenaient le mieux. Aujourd’hui, par exemple, je peux me permettre de ne commencer qu’à dix heures.

Après un léger instant de silence, qu’elle mit à profit pour poser une nouvelle assiette propre sur la pile, elle reprit :

- Ce n’est pas comme toi, j’imagine. Tes employeurs doivent te demander des choses très précises, et ne jamais être satisfaits.

- Une partie du travail consiste en effet à devancer les souhaits de mes patrons, concéda Meredith du bout des lèvres.

Effy se rendit compte qu’elle la mettait dans une position de porte-à-faux, et s’excusa immédiatement :

- Oh, désolée ! Je ne voulais pas te faire dire du mal de tes employeurs, et encore moins de mon père et de ma belle-mère. C’est juste que ma mère me disait toujours qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et que je connais plutôt bien le genre de personnes que ma belle-mère côtoie. J’imagine que ce sont les mêmes que ceux chez qui vous devez faire le ménage.

Effy haussa les épaules, et jeta un coup d’œil à l’horloge murale de la cuisine : il n’était que huit heures trente. Il lui restait une heure avant de partir, vu qu’elle mettait un peu moins de vingt minutes avant d’arriver au Pete’s Bar (un peu plus avec les possibles bouchons), et elle était déjà entièrement prête. Elle choisit de revenir sur un terrain plus neutre :

- Tu fais ça depuis longtemps ?

- Depuis le début de mes études. Au départ, c’était juste un job à mi-temps qui me permettait de payer mon année scolaire, et ensuite c’est devenu un travail à temps plein quand je me suis rendue compte qu’on me payait deux fois plus pour quelques heures de ménage, que pour le métier pour lequel je suivais des études.

- C’était quoi ?

- Je voulais devenir infirmière.

- Et tu... Ah, zut, excuse-moi, je dois prendre cet appel, s'interrompit Effy au beau milieu de sa phrase. Elle se dirigea vers son téléphone portable, et réussit à décrocher dès la fin de la troisième sonnerie.

- Allô ?

Le téléphone à l'oreille, elle fit quelques pas dans le couloir et referma la porte de la cuisine derrière elle pour étouffer les sons.

[Possible de transformer Meredith en un personnage secondaire : au lieu de la faire parler autant, dire au discours indirect ce que Effy sait sur elle, mais refuse de parler car ne fait pas confiance à la belle-fille de la patronne. Dit qu'elle a déjà eu des problèmes à cause de disputes familiales qui lui étaient retombées dessus, et qu'elle ne veut pas recommencer à se mettre dans la même situation. Puis coupe le dialogue.]


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Re: Contemporain (père ruiné)

Message par Adena H. le Sam 5 Mar - 19:50

[EFFY - SUE ELLEN - MAISON D'EFFY]

- Allô ? Effy, ma chérie, c’est moi…

Effy était tellement étonnée d’entendre la voix de la meilleure amie de sa mère au téléphone qu'elle en eut le souffle coupé. Elle ne s’y attendait pas du tout. Elle retrouva cependant rapidement son calme, et demanda sur un ton maîtrisé :

- Sue Ellen ! Ca fait tellement longtemps ! Bonjour, comment vas-tu ?

La voix de Sue Ellen hésita, avant de répondre :

- Pas très bien… En réalité… Je sais que ça fait longtemps… mais je t’appelle pour te demander un énorme service…

- De quoi s’agit-il ?, la coupa Effy, toute prête à lui accorder tout ce qu’elle voudrait sans aucune concession. Sue Ellen et sa mère avaient été meilleures amies avant la mort de cette dernière, et sans la mort de Melania, la mère d’Effy, elles auraient probablement continué à garder contact l’une avec l’autre. Pendant qu’elles discutaient toutes deux autour d’une tasse de café, sur la véranda, elles observaient leurs enfants, Effy et Nik, jouer ensemble d’un œil bienveillant.

- Je… Je suis à Boston et…

La voix de Sue Ellen se brisa. Elle semblait sur le point d’éclater en morceaux. Cela serra le cœur d’Effy, sans qu’elle comprenne bien de quoi il s’agissait réellement. Alors, elle décida de changer de tactique. D’une voix ferme, elle lui dit :

- Dis-moi où tu te trouves, je viens te chercher immédiatement.

- Charles Street… Près de Core de Vie.

- La salle de fitness ? Je vois l’endroit, je connais, j’ai pris un cours de Pilate là-bas l’année dernière… Parfait, je suis là dans vingt minutes.

Tout en l’écoutant lui donner les informations nécessaires, Effy avait coincé son téléphone entre son épaule et sa mâchoire pour mettre sa veste, et pris ses clés de voiture. Elle raccrocha.

- Je sors !, cria-t-elle à l’intention de sa belle-mère lorsqu’elle referma la porte d’entrée sur elle-même.
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Re: Contemporain (père ruiné)

Message par Adena H. le Lun 5 Fév - 15:22

[EFFY - SUE ELLEN - AU CAFÉ]

Vingt minutes plus tard, Effy se trouvait devant la salle de fitness Core de Vie, dans Charles Street. La rue était bondée, malgré qu'on soit en plein milieu de semaine. C'était comme si toutes les personnes qui étaient suffisamment riches pour ne pas avoir à travailler avaient décidé de se donner rendez-vous ici. Pensant à cela, Effy rougit : puisqu'il s'agissait exactement de ce qu'elle était en train de faire, bien qu'elle n’aimât pas plus que ça avouer qu'elle avait le droit de faire plein de choses que les personnes normales ne pouvaient pas faire, au simple prétexte qu'elle était riche et pas eux. Elle sortit son téléphone, et décida d'appeler rapidement sa secrétaire Agatha.

- Bureau de Mrs Huxley, bonjour, répliqua diligemment la secrétaire.

- Agatha ? Oui, bonjour, c'est moi.

- Effy ? Où es-tu passée ? Tu devrais être là depuis déjà dix bonnes minutes !, répondit Agatha sans plus se soucier de toute forme de cérémonie.

Effy soupira, heureuse qu'Agatha continue à se comporter comme si sa patronne n'était pas une personne anormale à qui il fallait constamment faire des courbettes, avant de répondre :

- J'ai un empêchement, je crains devoir être obligée de ne venir que dans une heure, peut-être deux. Peux-tu me rappeler mon emploi du temps de ce matin ?

- Tu devais principalement plancher sur le dossier de Barnes, c'est d'ailleurs pourquoi tu as fait en sorte de ne pas avoir beaucoup de rendez-vous. J'ai donc décalé tes deux rendez-vous de ce matin, à mercredi et vendredi. Ils ne sont pas pressés, ça peut tout à fait attendre encore un ou deux jours de plus. Par contre, tu as un déjeuner d'affaires à midi pile avec M. Gaster, et ça, c'est impossible à décaler, répondit la jeune femme sur un ton professionnel.

Effy appréciait beaucoup Agatha, pas uniquement parce qu'elle était son amie et quelqu'un avec qui on pouvait parler normalement, mais également à cause de son professionnalisme. Dans le cas contraire, elle ne l'aurait jamais embauché. Agatha avait toujours la tête sur les épaules, et à force de travailler ensemble depuis un peu plus de quatre ans maintenant, elles arrivaient à se coordonner et à se comprendre à demi-mot.

Agatha laissa passer une légère pause, avant de reprendre :

- As-tu... S'agit-il simplement d'un petit contretemps, ou est-ce quelque chose de beaucoup plus grave ?

- Je n'en sais rien, je te l'avoue. J'ose espérer que ce contretemps ne sera pas trop grave, mais j'essayerai de me libérer pour mon rendez-vous de midi. Où doit-il se passer, déjà ?

- Au Plazza. Envoie-moi ta location à onze heures, et je m'occupe de réserver un taxi pour t'y accompagner.

- Merci pour ton efficacité Agatha.

- Pas de souci. A plus, boss.

Effy raccrocha le combiné, avant de téléphoner à nouveau à Sue Ellen :

- C'est moi, je suis devant Core de Vie. Je ne te vois pas, où es-tu ?

- Je suis allée m'installer au café qui se trouve juste à côté. Mais oh... je suis tellement désolée de t'avoir fait déplacer...

Effy décida de couper court à toute lamentation au téléphone :

- C'est absurde, si je n'avais pas voulu venir, je ne serais pas venue. A tout de suite.

Elle pénétra dans le café, et repéra immédiatement Sue Ellen, assise toute seule à une table. La salle était peu bondée, contrairement à la rue, mais Effy savait que dans moins d'une heure les gens commenceraient à avoir faim après leur séance de shopping du matin et que le bruit les empêcherait de discuter tranquillement.

Elle s'approcha, inclina le buste pour lui faire la bise, puis s'installa sur la chaise qui se trouvait juste en face d'elle.

- J'ai fait aussi vite que j'ai pu, Sue Ellen. A présent, dis-moi, que se passe-t-il ?

La femme, dans la cinquantaine bien entamée, lui renvoya un regard honteux. Effy remarqua immédiatement ses yeux rougis par les larmes, et immédiatement comprit que quelque chose de grave venait de se passer. Son visage devint sérieux, et elle posa une main sur le bras de Sue Ellen. Elle la regarda droit dans les yeux avant de lui dire d'une voix douce et basse et grave :

- Sue Ellen, nous nous connaissons depuis tellement longtemps... Quoi qu'il se passe, tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ?

Cela sembla renouveler les tremblements de lèvres de Sue Ellen, qui retira brusquement sa main pour cacher le bas de son visage avec son mouchoir. Elle se tamponna soigneusement le coin des yeux, et ce geste familier sembla l'aider à reprendre un peu contenance, car elle dit ensuite :

- Effy, ma chérie... je te remercie de ta sollicitude, mais je n'aurais jamais du t'appeler. J'ai eu un moment de faiblesse... je voulais appeler Nik, mais il ne répondait pas, et j'étais tellement angoissée que j'ai commencé à paniquer et...

Là, sa voix se brisa, et elle reprit, la voix cassée :

- Et j'avais besoin d'entendre la voix de quelqu'un de familier, quelqu'un de rassurant, qui saurait quoi faire... mais j'ai immédiatement regretté, je ne devrais pas t'impliquer dans tout ça...

Le froncement de sourcils d'Effy s'accentua. De quoi parlait-elle ? De quoi s'agissait-il, exactement ? Comme si Sue Ellen répondait à sa question non formulée, elle reprit, en cachant sa tête dans ses mains en signe de défaite :

- Ton père va me maudire si je mêle ton nom au scandale de mon mari... Si tu savais les questions que ces maudits reporters me posent quand ils appellent à la maison...

L'inquiétude d'Effy se remarquait dans son regard. Elle rapprocha sa chaise de Sue Ellen et lui passa un bras réconfortant sur l'épaule. Elle accrocha d'un geste le regard d'un serveur qui passait par là, et lui demanda d'apporter un verre d'eau sur la table. Elle servit l'eau dans le verre avant de le tendre à Sue Ellen :

- Tiens, bois, ça te fera du bien. Ensuite, nous débrouillerons ensemble toute cette histoire, d'accord ?

Effy espérait que son sourire rassurerait un peu Sue Ellen, mais sans en être réellement convaincue. Toute cette histoire sentait mauvais, Effy pouvait le dire car la femme qui se tenait, complètement abattue, à ses côtés, était bien loin du souvenir qu'Effy en avait lorsqu'elle était petite. Celui d'une femme fière et forte qui ne se laissait pas marcher sur les pieds pour un rien, et à quoi peu de choses résistaient. C'était affligeant de la voir aujourd'hui prête à pleurer à la moindre seconde, comme si un seul claquement de doigts arriverait à l'anéantir.

- Merci, répondit Sue Ellen en acceptant le verre d'eau et en en buvant une gorgée.

Puis elle reposa le verre sur la table et, semblant à nouveau plus ou moins elle-même, elle continua d'une voix un peu plus ferme :

- Je suis sincèrement désolée de t'avoir fait déranger pour rien. Je sais que tu es une jeune femme active et très occupée, et je te fais perdre du temps pour rien du tout. Après tout, tout ce que je vais te dire, tu le sauras à midi, parce que c'est ce que les reporters ont dit : le scandale qui éclabousse notre nom de famille, à Nik et à moi, paraîtra dans une édition spéciale. Quelle chance nous avons !, conclut-elle avec une ironie amère.

Effy était désarçonnée par ce comportement, elle tenta donc d'en apprendre un peu plus et de comprendre ce qui se passait :

- Tu es l'amie de ma mère, Sue Ellen. Je te connais depuis toujours, et je t'ai toujours respecté et aimé comme une amie. Tu es l'une des personnes qui était là pour moi quand ma mère est morte, qui m'a toujours soutenu. Tu as toujours pris le temps de prendre de mes nouvelles, de m'aider quand j'avais un problème, de m'aider à trouver une solution, même si ensuite au remariage de mon père nous avons pris toutes les deux de la distance. Alors à présent, si je peux t'aider, c'est à mon tour de le faire, ce n'est que justice. Et si tu ne veux pas me dire de quoi il s'agit, très bien. Mais dis-moi au moins ce que je peux faire pour t'aider. Je déteste te voir dans cet état là.

Sue Ellen se mordit la lèvre, gênée. Elle semblait peser le pour et le contre, mais au final se lança :

- Puisque tu souhaites tant te rendre utile, ma chérie, j'accepte ton désir. Il y a bien en effet une chose que tu pourrais faire pour moi...

Elle laissa une longue pause s'installer. Effy sentit ses doigts la picoter d'impatience :

- De quoi s'agit-il ?

- Hé bien, la principale raison pour laquelle Nik n'a pas pris mon appel tout à l'heure, c'est parce que nous nous sommes disputés récemment.

- Je suis sûre que ce n'est rien, c'est quelque chose qui va s'arranger facilement, vous êtes tellement proches l'un de l'autre, tous les deux, la rassura Effy, soulagée d'avoir enfin compris quel était le problème.

Elle ne comprenait pas spécialement pourquoi cela avait été aussi compliqué à Sue Ellen de dire que son fils et elle s'étaient disputés, mais elle était sûre que ces deux-là se réconcilieraient rapidement.

- Je l'espère, répondit Sue Ellen. Cependant, en attendant, il ne répond pas à aucun de mes appels. Quand j'essaye de le joindre, je tombe directement sur sa messagerie. Pourrais-tu l'appeler ? Je suis sûre que si c'est toi qui lui parles, il te répondra...

Effy réfléchit rapidement, les yeux grands ouverts, avant de répondre prudemment :

- D'accord, je le ferai, parce que tu me l'as demandé et que si je peux faire quoi que ce soit pour t'aider, alors je le ferai sans aucune hésitation. Cependant, Nik et moi n'avons jamais été proches, et je préfère te prévenir, il y a de fortes chances pour qu'il ne souhaite pas me répondre.

Le regard de Sue Ellen sous-entendait le contraire. Effy était triste de savoir ce qui allait se passer, c'est-à-dire que Nik ne répondrait pas forcément. Ils ne s'étaient pas vus tous les deux depuis la fin de leur adolescence, quand Nik avait décidé d'aller voyager à l'étranger pour faire ses armes dans une compagnie, qui lui permettrait de mieux en comprendre le fonctionnement pour prendre ensuite les rênes de la filiale familiale lorsqu'il serait prêt. Et même avant, aucun d'entre eux n'était proche, même s'ils se connaissaient depuis qu'ils étaient tout petits. Leurs mères étaient les meilleures amies du monde et se retrouvaient souvent, laissant leurs enfants jouer tous les deux dans le jardin ou dans la maison pendant qu'elles s'asseyaient pour discuter, mais à part ça, il n'y avait pas vraiment de connexion entre eux. Ils étaient simplement deux enfants obligés de cohabiter le temps que leurs mères discutent. La preuve était qu'en grandissant, dès qu'ils avaient pu élargir leur cercle de connaissances et se faire des amis, ils s'étaient rapidement tournés le dos. Ils n'étaient, l'un pour l'autre, que de simples connaissances.

- Je peux tout du moins essayer, soupira Effy en sortant son téléphone portable et en commençant à composer le numéro de téléphone que Sue Ellen lui donnait.
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