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 Scène : “Mirrors,' she said, 'are never to be trusted.” (2 000 mots = 4 pages)

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Adena H.
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MessageSujet: Scène : “Mirrors,' she said, 'are never to be trusted.” (2 000 mots = 4 pages)   Dim 6 Aoû - 13:56

“Mirrors,' she said, 'are never to be trusted.” ― Neil Gaiman. Who shouldn't your MC trust?

J’observe d’un œil critique la fille dans le miroir. Elle me renvoie mon regard, et je m’approche pour lui lancer un regard noir. Qui est cette fille que je ne reconnais pas ? Et que je croyais pourtant connaître parfaitement ? Depuis mon arrivée dans ce manoir, j’ai l’impression que ma vie a pris un tournant. Avant, toutes mes journées se ressemblaient, elles étaient toutes semblables à la précédente, et j’étais toujours en contrôle de ce que je faisais. Je ne faisais rien de travers, et j’étais capable de mettre sous ma coupe toute émotion non-bienvenue. Mais depuis… depuis mon arrivée, j’ai cette impression d’être emmenée de plus en plus loin dans une forêt sombre et touffue, sans savoir qui m’y emmène, ni où j’arriverai. Ni même si j’y arriverai en un seul morceau.

Hier soir, j’ai vraiment cru que j’allais y passer.

Je me rapproche de la glace pour examiner mes blessures apparentes. Je ne compte bien évidemment pas celle infligée à mon amour propre – moi qui me targuais de savoir réagir à toutes sortes de situations, et d’être capable de ne compter que sur moi-même. Mon épaule droite est barrée d’une estafilade qui s’étend jusqu’à mon omoplate. A chaque fois que je bouge ce bras, une douleur aigüe me lance et me force à le relâcher. Les baumes donnés par Mrs Green semblent peu à peu faire leur effet, car la douleur s’estompe peu à peu. Mais ça prendra du temps à guérir, a-t-elle dit. Au moins plusieurs années. Si toutefois la cicatrice disparait. Sinon, il faudra l’hydrater régulièrement pour qu’elle évite de me tirer à chaque fois que je lèverai le bras droit.

Je ne parle même pas de mon visage. J’aimerais pouvoir m’en passer, mais je suis obligée de le nettoyer au chlorodomium, si je ne veux pas que ça s’infecte. Lorsqu’Arnett m’a envoyé valdinguer dans l’herbe, hier soir, en plus de me retrouver étourdie face contre terre, de la terre s’est déposée dans mes écorchures. Il faut que je nettoie mon coude, aussi, avec ce même produit, pendant au moins une semaine. Sans cela Mrs Green m’a indiqué que mes coupures risquaient de s’infecter. Il vaut toujours mieux être on-ne-peut plus prudent avec les êtres humains qui se transforment en loup, et j’ai tendance à la croire et à lui faire confiance sur ce coup-là.

Tout mon corps souffre. Je pensais avoir une côte cassée, mais non, ce ne sont que les bleus que j’ai reçus au niveau du thorax qui me rappellent que je ne suis pas incassable. Et que je ne suis pas capable de tout contrôler.

J’ai peur de devenir quelqu’un d’autre que celle que je suis réellement. Ou pire, j’ai peur de découvrir qui je suis réellement, et que j’essayais de cacher sous un comportement tout à fait dans les normes. Et si j’avais cette noirceur en moi depuis le début, depuis ma naissance ? Et si jusqu’à présent, elle n’était que cachée derrière… derrière un semblant de normalité ? Et si en réalité, je ne sais pas du tout qui je suis ? Je ne peux plus faire machine arrière. Maintenant que je sais que je ne suis pas celle que je pensais réellement être, je ne peux plus quitter le Manoir, retrouver ma petite vie paisible d’avant et fermer les yeux sur tout ce que je sais, sur tout ce que j’ai appris sur moi. Je ne peux pas faire demi-tour maintenant. Il faut que je continue, sans cela je ne serais jamais capable de regagner le moindre contrôle sur moi-même.

Soudain, je sursaute. Je vois mon reflet soulever une mèche de cheveu traînant devant mon œil au beurre noir, et la remettre en place derrière mon oreille. Je quitte le miroir des yeux et observe ma main : elle n’a pas bougé. Je plisse les yeux et reporte mon regard sur mon double, qui est redevenu normal : mes gestes sont synchronisés avec les siens, mais… mais ma mèche de cheveux retombe toujours devant mon œil gauche, tandis que celle de mon reflet se trouve derrière son oreille.

Que vient-il de se passer ? Une hallucination, sans doute. La fatigue, mon imagination enfiévrée par les récents événements de ces derniers jours, et je me suis imaginé quelque chose d’absurde, d’irréel et de tout à fait illogique. Mais… mais pourtant…

Je suis gênée, alors je décide de remettre ma mèche de cheveux derrière mon oreille pour correspondre à ce que je vois dans le miroir. Là, voilà. Les battements de mon cœur se sont accélérés sans que je m’en rende compte, mais le simple fait d’être à nouveau synchronisée avec le miroir me rassure. Cependant, une impression de malaise grandit de plus en plus en moi, et je n’arrive pas à la chasser. Je pensais qu’elle passerait en étant de nouveau en synchronisation avec mon double dans le miroir, mais non. Une inquiétude grandissante s’empare peu à peu de moi, et ma raison me hurle de sortir de la pièce, mais je n’arrive pas à détacher mon regard de celui de mon double.

Soudain, celui-ci me sourit.

Je fais un bond en arrière.

Un cri est sorti de mes lèvres, sans que je ne puisse le maîtriser.

Mon double, alors, soulève le bas de son tee-shirt, pour me révéler une nouvelle estafilade, juste en dessous d’une ecchymose. J’ouvre grand la bouche, incapable de faire autrement que d’imiter ses mouvements, avec un peu de retard, à sa suite, comme si c’était moi le double dans le miroir, et non le contraire. Je soulève mon tee-shirt, mais je ne vois rien : là où mon double possède une coupure béante qui s’étend d’un côté de ses hanches à l’autre, moi, je n’ai rien. Je palpe doucement, craignant une douleur… mais non, toujours rien. Comment est-ce possible ? Pourtant, mon reflet me montre bien une jeune femme tout exactement pareille à moi, dont le corps est affreusement mutilé. Sa coupure n’est pas encore guérie, et du sang perle sur les bords. De là où je suis, je peux voir qu’elle a été recousue par les soins d’un infirmier novice. Les poings de suture sont loin d’être égaux, elle risque de se retrouver avec une belle balafre à cet endroit, je me mets à penser.

J’entends des pas, de loin, dans le couloir, qui se rapprochent peu à peu.

La Ryn du miroir me fait un clin d’œil.

Soudain, la porte s’ouvre, en un bruit fracassant. Je fais volte-face en lâchant mon tee-shirt, et Drake et Sofia sont là tous les deux devant moi, essoufflés.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?, me demande Sofia.

- Je… j’étais en train de…, je commence à leur expliquer, tout en me tournant vers le miroir. Qui reproduit mes gestes à l’identique. Je m’approche brusquement de lui, et fais semblant de le frapper.

- Non mais sérieux Ryn, qu’est-ce qui te prend ? En t’entendant crier, j’ai cru qu’on était en train de t’égorger !

Je l’écoute d’une oreille distraite. Je fais une suite de tests, mais rien n’est concluant.

Je me tourne alors vers eux et m’exclame :

- Mon reflet a bougé !

- Bien sûr, puisque c’est le principe des reflets de refléter ce qu’on fait, soupire Sofia.

A présent que la première alarme est passée, elle est rassurée, mais semble presque agacée par mon comportement. Mais j’essaye quand même de lui expliquer, avec des gestes :

- J’observais mes blessures, et tout à coup mon reflet a soulevé mon tee-shirt, et elle avait… enfin, la Ryn de l’autre côté du miroir… elle avait une blessure encore sanguinolente là, juste là. Mais moi je n’ai rien, vous voyez ?

Je soulève à mon tour mon tee-shirt pour appuyer mes dires.

Le regard de Sofia, qui est passé d’ennuyée à en colère parce qu’elle pensait que je lui avais fait perdre son temps, devient alors anxieux. Je vois une lueur d’inquiétude dans ses yeux, tandis qu’elle échange un bref regard avec Drake.

- Vous croyez que je suis folle, mais non, je vous assure que ça s’est passé. Et ensuite, juste avant que je me tourne, elle m’a fait un clin d’œil. Comment est-ce que c’est possible ? Et pourtant, je me souviens avoir reçu un coup au niveau du bas-ventre, pendant la bataille, mais rien. Pas même une douleur ici.

Je pose ma main à l’endroit où je devrais avoir mal. Mon esprit court à toute allure, il va à cent à l’heure. J’ai chaud, je commence à transpirer sous l’effort de concentration que cela me demande. Je revisualise la bataille, et les divers développements qui se sont succédés, jusqu’au moment où Atrax a lancé son épée vers moi. Et même s’il est magique puisqu’il est une créature surnaturelle, son épée n’a rien de magique, et il l’a lancée comme n’importe quel humain pourrait la lancer. Alors ma magie, ou bien plutôt mon anti-magie, n’a pas pu opérer et m’en protéger.

Mes yeux s’ouvrent en grand tandis que je m’écrie avec fièvre :

- Vous vous rappelez ? Je… Je me souviens de tout le sang. Tout ce sang sur mes mains…

Ma vision devient de plus en plus floue, et je bats des cils de plus en plus vite, incapable de garder mon regard concentré plus longtemps. Cette vision est tellement prenante que c’est comme si j’étais en train de la revivre. Une douleur aigue me transperce l’abdomen, mais je n’ai plus de forces, si bien que seul un gémissement réussit à franchir mes lèvres. Je sens un vertige me prendre, puis je suis envahie par la sensation de tomber pendant de longues, longues minutes.

- Je te tiens.

La voix de Drake me parvient aux oreilles, tandis que ses mains me supportent. Je le sens me trainer dans un coin de la pièce, puis me poser doucement sur une chaise. Si je n’étais aussi fatiguée, je me moquerais de lui : lui qui essaye de faire croire à tout le monde qu’il se moque de tout, a laissé entrevoir dans le son de sa voix de l’inquiétude. Il se sent concerné par ce qui m’arrive. C’est tellement rare qu’il faudrait que j’en profite… Mais mes paupières sont lourdes, et je n’ai pas la force de les rouvrir.

- Je ne comprends pas ce qui s’est passé…, je murmure.

J’entrouvre mes yeux, et vois deux regards inquiets, anxieux, me rendant mon regard à travers mes cils.

- Est-ce que je perds complètement la boule ?

Sofia et Drake échangent un nouveau regard rempli de sous-entendus, mais sans oser me répondre. Je soupire, puis me force à me relever. Je chasse ces images pourtant si vivaces, si vivides, et prends appui sur les accoudoirs pour me remettre en station debout.

- Tu es sûre que c’est bien prudent ?

- Je te ne savais pas aussi maternel, Drake, je réponds d’un ton que je veux (et que j’espère) sarcastique. Mais tout mon mordant a disparu en même temps que ma raison, et ma remarque tombe à plat entre nous.

Je me force à me secouer :

- Bon, allez, assez tous les deux. Drake, tu me fais peur. Comporte-toi comme d’habitude, d’accord ? Sinon je vais vraiment finir par penser qu’il y a un truc qui cloche avec moi !

Drake gonfle ses narines, comme s’il allait dire quelque chose, mais Sofia le devance.

- Alors arrête de nous faire croire que ton reflet a sa propre personnalité, et arrête de t’imaginer des blessures qui n’existent pas ! me rudoie-t-elle vertement.

J’ouvre grand les yeux. J’ai tellement l’impression que c’est vrai, que c’est réel… Que ça s’est vraiment passé. Mais Sofia a raison, ce n’est pas possible. Ce sont deux choses impossiblement, surnaturellement, impensables. Je lui fais un petit sourire d’excuse.

- Désolé. Tu as raison. J’ai dû m’assoupir et tout imaginer. Je vais plutôt aller me reposer un peu.

- Bonne idée. Tu éviteras de passer pour une folle la prochaine fois, comme ça, rajoute Drake d’un ton désagréable.

Je lui fais une grimace, néanmoins soulagée qu’il soit de nouveau comme d’habitude.
Il y a quelque chose que je ne saisis pas, mais en réalité je préfère éviter de m’en rendre compte. Alors je ferme les yeux, détourne le regard, et décide que tout ce que je viens de vivre, cette expérience étrange et si pénétrante, n’est due qu’à mon épuisement physique.
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