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 Scène Augustina : “Our hearts are like polished mirrors.”

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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Scène Augustina : “Our hearts are like polished mirrors.”   Dim 6 Aoû - 13:59

“Our hearts are like polished mirrors. We need to wipe it clean regularly of the dust that gathers on it.” ― Norhafsah Hamid

Je me sens sale. Intérieurement sale. Tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai ressenti, tout ce que j’ai éprouvé… J’aimerais pouvoir prendre un bain de pureté, pour tout décarcasser le plus possible. Et récurer, récurer, récurer. Jusqu’à me sentir mieux. Jusqu’à me sentir propre. Jusqu’à me sentir pure. Mais pour cela, il faut que je me mette en accord avec moi-même. Tant que je ne serai pas capable de comprendre pourquoi j’agis d’une manière aussi atroce, aussi égoïste, aussi mauvaise, je continuerai. Et la couche de méchanceté ira en s’étalant, en se multipliant. Pour tout nettoyer, il est nécessaire que je me mette à jour avec moi-même. Je suis dans le noir, il m’est nécessaire de trouver la lumière.

Entre-deux.

Augustina sursauta en entendant le premier coup annonçant minuit. Ses yeux s’agrandirent d’effroi, et elle se retourna. Elle avait comme l’impression que quelqu’un la suivait du regard. Les poils de sa nuque se redressèrent. Elle s’attendait au second coup, mais elle frissonna malgré tout. Elle savait ce qui l’attendait, et cette perspective la remplissait d’inquiétude. Elle se dirigea vers le fond de la pièce et se colla le dos le long du mur, avant de se laisser glisser au sol. Elle savait ce qui allait se passer, parce que cela se passait toujours ainsi. Elle savait aussi qu’il lui fallait rester calme et maîtresse d’elle-même, mais c’était tout simplement impossible. Le manque de sommeil, l’absence de compréhension et de contrôle sur tout cela, sur tous ces événements surnaturels, l’empêchaient de se poser, de devenir maîtresse de la situation. Si seulement Ryn était là… Avec elle à ses côtés, tout semblait se calmer dans sa tête. Lorsqu’elles étaient encore toutes les deux à l’orphelinat, Augustina avait pris l’habitude de sommeiller à ses côtés durant la journée, pour profiter de sa présence rassurante. Avec elle à ses côtés, les voix dans sa tête baissaient de volume jusqu’à devenir pas plus qu’un léger murmure tout à fait contrôlable et facilement oubliable. Mais Ryn n’était plus là. Ryn avait décidé de s’en aller, de la quitter. Du jour au lendemain. Sans un au revoir, sans une seule explication. Cela énervait Augustina. Cela la mettait dans une rage folle de savoir qu’elle avait besoin – physiquement et mentalement besoin – de la seule personne en qui elle avait placé sa confiance, et qui l’avait abandonnée sans un seul regard en arrière. La seule personne dont Augustina avait besoin et dont elle ne voulait strictement pas avoir besoin. Mais elle n’avait pas le choix. Si elle voulait continuer à vivre, si elle voulait continuer à s’accrocher aux toutes petites parcelles, aux tout petits morceaux d’humanité et de raison et de bon sens qui lui restait, alors il lui faudrait la retrouver. Alors, elle se donna ce nouveau but : la retrouver.

Le huitième coup de minuit sonna. Augustina ferma les yeux, complètement désemparée. Le bois de la porte craqua, comme si quelqu’un appuyait contre pour savoir s’il avait la force de la pousser en douceur – mais elle savait qu’il n’y avait personne. Il n’y avait jamais personne. Au neuvième coup, le vent fit légèrement bouger les battants des volets – mais elle le savait, il n’y avait pas de vent. Il n’y avait jamais de vent. Pour se protéger des esprits maléfiques qui ne voulaient pas la quitter et qui s’accrochaient à elle, où qu’elle se réfugie, quelques mesures simples de précaution étaient nécessaires : ne laisser aucun entre-deux. Pour cela, il fallait toujours fermer les volets la nuit afin qu’aucune lumière extérieure ne rentre et ne produise d’ombre dans la chambre. Les esprits aimaient les ombres. Ils restaient souvent bloqués dans un monde en noir et blanc, à tourner et à retourner en rond à l’intérieur. Mais dès qu’ils voyaient une ombre, un peu de gris pour faire la liaison entre leur monde et celui des vivants, ils sautaient sur l’occasion. Il ne fallait pas non plus laisser de porte entrebâillée. Ni de porte de maison, ni de porte d’armoire.

Augustina avait des TOCs selon ses médecins, mais elle, elle savait qu’elle était juste prudente. Et elle avait tout intérêt à l’être, si elle voulait s’en protéger. Alors elle vérifiait une fois, deux fois, cinq fois, que la porte de sa chambre était fermée, que ses volets étaient fermés, que la porte de son armoire était fermée, que les tiroirs de ses commodes étaient fermés. Quand elle en avait. Elle préférait, si c’était possible, dormir dans une simple pièce dénuée de tout meuble, de tout mobilier. Un simple matelas, à terre, lui suffisait, sur lequel s’allonger et se recroqueviller en boule ou en fœtus. Elle n’avait pas besoin d’autre chose. Le reste n’était que là pour créer de nouvelles peurs. Mais dans la pension où elle logeait, elle n’avait pas le choix. C’était un cagibi, en tout cas de cette taille-là, et seule une fenêtre sans volets l’éclairait. Il n’y avait pas de lampe à l’intérieur. Elle avait bien essayé d’obturer la fenêtre avec du carton, mais il n’était pas assez opaque, la lumière extérieure filtrait à travers les interstices, et cela n’avait fait que rendre les esprits encore plus en colère contre elle. Pour avoir essayé de leur échapper. Ils s’étaient vengés.

Au onzième coup de minuit, Augustina sentit sa perception s’agrandir, comme si, soudain, elle pouvait voir en surplomb, d’en haut de la pièce. Mais ses yeux étaient toujours fermés. Et elle était toujours recroquevillée au sol. On avait bien essayé de lui donner des médicaments pour éviter ces intrusions, mais ils n’avaient aucun effet. Peut-être que la dose n’était pas assez forte… Ou bien peut-être parce que ces visions n’étaient pas scientifiquement explicables… Ses paupières toujours fermement closes, elle continua cependant à voir. Du mouvement lui parvint, et ses pupilles le suivirent. Cela ressemblait à un courant d’air, mais qu’il était physiquement possible de toucher. Elle ne s’aventura pas à y poser la main. Il tournait autour de la pièce, puisqu’elle était aussi à présent capable de voir à travers les murs. Bientôt, il fut rejoint par plusieurs autres courants d’air, qui essayèrent chacun leur tour de pénétrer dans le cagibi où elle se trouvait. Devant leurs essais impossibles, elle les sentit se mettre en colère.

DONG. DONG. DONG.

Minuit.

Minuit, l’heure parfaite de l’entre-deux, entre le monde des vivants et celui des morts. Il fallait, dans le même genre, se méfier des midis, et des Halloween. Augustina détestait Halloween, la seule fête où les morts reviennent à la vie pour protéger les vivants des mauvais esprits. Elle la détestait parce qu’elle avait mis tant et tant d’espoir dans cette célébration : mais aucun mort n’était revenu à la vie pour la sauver de toutes ces voix qui hantaient son cerveau.

Des pas dans le couloir. Une lumière qui s’allume. La peur la paralysa lorsque les bruits de pas se rapprochèrent de l’endroit où elle se terrait. Les esprits avaient cessé d’essayer de forcer la porte. Elle pouvait sentir leur nervosité grandissante, tandis qu’ils pépiaient d’impatience. La poignée de la porte tourna, tandis que l’infirmière ouvrait la porte. La lumière du couloir aveugla Augustina. Tous les esprits, sans concertation, se dirigèrent droit sur elle. Elle hurla.

- NON ! NON, ALLEZ-VOUS-EN ! DISPARAISSEZ, JE VOUS DETESTE ! LAISSEZ-MOI TRANQUILLE ! LAISSEZ-MOI SEULE !

L’infirmière se retourna et héla quelqu’un, tandis que tout le corps d’Augustina se réchauffait. Elle se faisait attaquer de partout, harceler de partout. Elle battait des mains afin de faire fuir les esprits, mais ceux-ci glissaient entre ses bras en ricanant, et revenaient à la charge. Elle ne pourrait pas tenir aussi longtemps, mais il le fallait… Elle souffrait tant !...

Des pas, plus lourds et plus rapides cette fois-ci, s’approchèrent d’elle. Elle se sentit soulevée par la poigne vive d’un homme. Sans faire attention à lui, elle continua à se débattre contre les esprits qui essayaient de percer à travers sa chair pour atteindre son esprit, et prendre possession d’elle. Elle rua, elle donna des coups, elle cria ! Puis soudain, elle sentit une aiguille lui picoter la peau. L’infirmière lui injecta le produit, et Augustina se sentit soudain légère, si légère… Physiquement, ses muscles ressemblaient à du coton, elle était incapable de se mouvoir toute seule. Elle ne pouvait plus contracter aucun bras, aucune jambe… Terrorisée, elle vit les esprits se rassembler une fois de plus autour d’elle pour mener un nouvel assaut, pile au moment où elle franchirait la porte sur l’épaule de l’infirmier de garde. Elle ne pouvait plus rien faire, si ce n’est se renfermer dans un état mental stable, de peur de succomber à la folie sous le poids de toutes ces âmes damnées. Et alors qu’elles plongeaient toutes en elle, elle hurla comme s’il s’agissait de son dernier souffle.
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