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 Scène Lafillequimarchedanslesrêves: Le parasite

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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Scène Lafillequimarchedanslesrêves: Le parasite   Dim 6 Aoû - 14:02

The Walking Dreams Girl/Le poisson.

Je marche, et je marche, sans relâche. Ce n’est pas que je veux m’arrêter quelque part en particulier, parce qu’il n’y a rien à des kilomètres à la ronde, que de la terre brisée où que se portent mes pieds et mon regard. Je marche, depuis des heures et des heures, comme un automate, sans chercher à savoir ni où je vais, ni où je suis, ni d’où je viens. Je n’ai pas de contrôle sur ce que je fais, je le fais, un point c’est tout. Peut-être que c’est inscrit dans mon ADN, comme ces poissons qui passent toute leur vie à remonter la rivière pour retourner à l’endroit de leur naissance. Et qui y meurent. Ici, le temps et l’espace sont abolis. Comme si je marchais dans un rêve.

Parce que je marche dans un rêve.

Au loin, devant moi, se trouve un homme. Sauf que je ne vois pas ses traits. A la place de sa silhouette humaine, sa silhouette est faite de fumée. Je m’arrête devant lui.

- Aidez-moi.

La silhouette brumeuse se tourne vers moi, mais elle ne bouge physiquement pas. Comment je le sais ? Juste, parce que je le sais.

- Tu as les cheveux roux, aujourd’hui, me répond-elle sans ouvrir la bouche ni sans émettre le moindre son.

C’est comme si sa voix me parvenait directement au cerveau sans passer par mes oreilles.

- Je suis perdue, je réponds. Aidez-moi.

Je le sais, je devrais me sentir misérable, mais je ne ressens rien. C’est comme si je flottais dans ce monde, et comme si mes émotions flottaient au-dessus de moi. Je me sens à la fois légère et alourdie par toutes les pensées et les souvenirs que je suis obligée d’emmener et d’emporter partout avec moi. Mes souvenirs font partie de mon kit de survie. Sans eux, je ne suis plus rien, plus rien qu’une pensée informe qui se promène à l’intérieur des rêves des autres. Et qui a perdu son chemin. Je ne suis plus qu’un esprit égaré.

- Au départ, j’étais fatiguée. Alors je me suis inventée toutes ces histoires, comme quoi je pouvais voir ce qu’il y avait dans l’esprit des gens quand ils étaient endormis. Parce que leurs défenses sont amoindries, vous voyez. J’y entrais, et j’en sortais, et je ne m’ennuyais plus. Je visitais leurs souvenirs sous forme de rêves, je profitais de leur bonheur des anniversaires et des fêtes en famille. Et quand ils faisaient des cauchemars, je sortais et j’allais visiter quelqu’un. Au début, j’étais obligée de les toucher pour que ça fonctionne, mais ensuite, avec un peu d’expérience et de pratique j’ai réussi à retrouver leur chemin juste en y pensant. Et ensuite, j’ai réussi à trouver d’autres chemins jamais explorés, juste en fermant les yeux je pouvais les suivre. Et ensuite, un jour, je me suis promenée trop longtemps… Je crois que c’est ça, oui. Je me suis enfoncée trop loin dans l’esprit de quelqu’un. Et j’y ai vu toutes ces horreurs, toutes ces atrocités. J’y ai vu ses rêves les plus intimes. Les plus personnels. Les plus honteux. Je l’ai vu tuer sa mère. Je l’ai vu coucher avec la femme de son meilleur ami. Je l’ai vu démembrer un inconnu. Et j’ai voulu sortir, mais je n’ai pas réussi à revenir sur mes pas. Je n’ai pas réussi à retrouver la sortie, l’endroit par où j’étais entrée. Et depuis, je suis bloquée ici.

Je me tus quelques instants, réfléchissant, puis je repris à voix haute :

- Enfin, je crois. Parce que certains rêves ne se ressemblent pas. Alors des fois, je me dis que peut-être sans m’en rendre compte, j’ai sauté dans le rêve de quelqu’un d’autre. Mais je ne pourrais pas le dire, je ne pourrais pas le confirmer à cent pour cent. Parce que depuis que je suis perdue, je ne vois plus aucun chemin, même en fermant les yeux. Mais ça, c’est peut-être aussi parce qu’ils sont toujours fermés, mes yeux, en ce moment.

La fumée lève un doigt brumeux dans une direction, et je hoche la tête.

- D’accord. Merci. Je vais aller voir de ce côté-là, dans ce cas. Au revoir.

Je ne sais pas si je me parle à moi-même, si c’est mon subconscient qui a créé cette fumée pour que j’expire tout ce que j’ai dans la tête en ce moment, ou bien s’il s’agit d’une projection du subconscient de l’hôte que j’habite. Et je ne sais pas s’il espère que je reste, ou bien s’il m’indique la sortie, ou bien s’il me mène droit dans un piège tortueux. Je me sens comme un parasite. En fait, je pense que c’est ce que je suis.

Et je n’arrive pas non plus à savoir si c’est parce que je suis dans le coma, que je peux voyager aussi longtemps dans les rêves des autres personnes. Ou bien si c’est parce que mon esprit se trouve dans celui de quelqu’un d’autre, que ça m’a plongée dans le coma.
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