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 Scène : En cage (1 000 mots = 2 pages)

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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Scène : En cage (1 000 mots = 2 pages)   Dim 6 Aoû - 14:08

Encagée.

Je suis enfermée en cage. Dans une prison avec des barreaux. Ils ne doivent pas être extrêmement riches, ces hommes chasseurs, parce qu’on n’a même pas des cellules individuelles, Essa et moi. On est dans un cellier, dans lequel ils ont aménagé quatre cellules. Essa est dans une cellule, et moi dans une autre. Ils viennent de me ramener. Ils m’ont battu. Roué de coups. Mais je n’ai rien dit. En fait, c’est parce que je n’ai rien dit qu’ils ont fait ça. C’était le marché : si je parlais, ils arrêtaient. Je me demande si je n’ai pas une ou plusieurs côtes cassées, sans parler d’un os dans le bas de ma jambe droite, parce que quand j’essaye de la bouger, ça me fait un mal de chien. Du coup, je la laisse immobile, étendue par terre. Ce n’est pas une douleur ordinaire, parce que quand je la bouge sa douleur me remonte tout le corps et me paralyse de douleur. Ce dont je suis sûre à cent pour cent par contre, c’est que dès la prochaine heure, j’aurais une bonne trentaine d’ecchymoses sur tout le corps, une petite dizaine de bosses, et que je serais probablement incapable de bouger mon corps entièrement avant une bonne semaine entière. Là, je suis affalée sur le sol de ma cellule, le dos contre la pierre, pour utiliser la fraîcheur des murs pour me refroidir. J’ai l’impression d’avoir tout le corps en feu. Je rêve, je me berce d’illusions, je sais bien, mais j’espère que la fraîcheur va atténuer un peu la douleur que je ressens dans chaque parcelle de mon corps. J’imagine que ça peut marcher, mais à ce point-là, non, j’ai bien peur que ce ne soit plus possible. Je me recroqueville comme un chien qu’on vient de battre – ce qui est exact, sauf que je ne suis pas un chien. Je me demande si à force de maltraitance, ils vont pouvoir me faire régresser à l’état d’animal. Est-ce que c’est possible, ça, au moins ? Je sors ma langue pour lécher l’éraflure qu’ils m’ont laissée sur la lèvre inférieure. Elle saigne encore. Le goût métallique pénètre dans ma bouche, sur le bout de ma langue, et je me force à l’avaler. Sinon, il va encore couler, sécher, et attirer toutes sortes de bestioles comme des mouches. Et actuellement, je n’ai pas la force de lever les bras pour les chasser. Elles risquent de pondre sur ma plaie, et eurk, on serait en plein film d’horreur. Ce serait amusant, quand même, une femme mutante, mi-humaine, mi-mouche. Est-ce que mes yeux deviendraient aussi globuleux que ceux des mouches ?

La porte du cellier s’ouvre, et je rouvre mes yeux tuméfiés. Tessa se fait transporter par les aisselles par deux gardes mastocs. De là où je suis, je n’arrive pas à voir si ce sont les mêmes que ceux qui m’ont tabassé alors que j’étais sans défense, ou non. Dans tous les cas, je les déteste. Si je pouvais parler, je les insulterai copieusement. Parce que même s’ils ne l’ont pas fait directement, ils font partie d’une organisation qui le fait, et s’ils sont d’accord, alors ils sont responsables de ces actes indirectement, eux aussi.

Essa pleure. Ils lui ont fait mal. Les salauds. Ils la remettent dans sa cage, et à travers ma vision floue je la vois s’approcher des barreaux qui séparent nos deux cellules, et s’agripper à eux.

- Pardon, pardon… me supplie-t-elle d’une voix larmoyante. Ils ont dit qu’ils me feraient la même chose qu’à toi si je ne répondais pas à leurs questions, et… Oh mon Dieu Ryn, si tu savais dans quel état tu es actuellement… Tu ne peux même plus bouger ! Tu es vraiment bien amochée… Et tu as mal partout… Alors quand ils m’ont posé des questions, j’ai… Je leur ai répondu.

Comme je ne réponds rien, elle continue, entre deux sanglots :

- Toute la vérité. Rien que la vérité. Ils m’ont dit que s’ils découvraient que je mentais, ils me couperaient les doigts au fer à chauffer. Alors Eva, Hannah, Greer, Robin, Raban, Pria, Pavie, je leur ai dit tout ce que je savais sur eux. Où ils étaient. Comment fonctionnaient leurs pouvoirs. Ce qu’ils avaient fait avant.

Elle se tait, pleure un peu, puis reprend :

- Tu ne dis rien ? Pitié Ryn, dis quelque chose… Je n’avais pas le choix. Tu sais, toi, que je n’avais pas le choix… Ils allaient me blesser si je ne disais rien…

Elle me regarde, les yeux à nouveau remplis de larmes et d’espoir. Elle s’attend à ce que j’approuve son choix. Comme s’il n’y en avait aucun autre. Comme si moi, je n’avais pas fais un autre choix que le sien. Et qu’il ne fallait pas que je l’assume. Soudain, je ressens une fureur impossible contre elle réveiller tous mes sens. Je tourne la tête, plante droit mes yeux dans les siens, et je réplique méchamment :

- Merci Essa. Grâce à toi, ils sont morts.

Sans parler du fait que je me suis fait tabasser – de manière basique – pour strictement rien, puisque les secrets que j’essayais de protéger ont été révélés par la première greluche de passage. Merci Essa.

Elle me regarde, et ma réaction lui fait ouvrir grand les yeux. Elle a l’habitude de me voir acerbe, mesquine, cynique, mais jamais méchante gratuitement. Et elle se remet à pleurer toutes les larmes de son corps. Mais je n’ai pas fini. En ce moment précis, je la déteste. Physiquement. Il me faudra de longs mois pour la considérer comme quelqu’un dont je me moque. Quant à lui pardonner : jamais ! Alors, j’attends que ses sanglots baissent encore un peu, et j’assène le coup final :

- Au fait, tous ces bleus ? C’est du maquillage et un tranquillisant, je croasse.

Essa en tombe des nues. Même si c’est un mensonge, elle n’en sait rien. Elle peut à peine se douter que je lui mens, dans l’état où elle se trouve. Et puis, après tout, les méchants des films d’horreur sont bien capables de faire de la torture psychique sur les gentils héros. Ce qui signifierait qu’Essa et l’héroïne et que je suis la méchante. Alors soit, ça me va. J’assume, même si je ne le ressens bien évidemment pas ainsi. Je la laisse chialer toutes les larmes de son corps, pendant que j’essayerai, à l’aide de mes compétences et de mon esprit, de me sortir de là. Avec Raban, s’ils n’ont pas non plus utilisé de torture psychologique sur lui aussi, ou s’ils ne l’ont pas menacé physiquement. Evidemment.
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