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 Acte I, scène 1 - Ryn & Mrs Green - L'arrivée nocturne de Ryn

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Ryn
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Messages : 28
Date d'inscription : 25/06/2017

MessageSujet: Acte I, scène 1 - Ryn & Mrs Green - L'arrivée nocturne de Ryn   Dim 6 Aoû - 16:54

Acte I, scène 1.




Personnages :



Ryn et Mrs Green

Lieu, temps :



Manoir Brise-Larme, en soirée.

Résumé :



Arrivée de Ryn au Manoir Brise-Larme et sa rencontre avec Mrs Green. Ryn prend possession de ses nouveaux quartiers.

Action / Réaction / Réflexion


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Ryn
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MessageSujet: Re: Acte I, scène 1 - Ryn & Mrs Green - L'arrivée nocturne de Ryn   Dim 6 Aoû - 16:59

Les gouttes d’eau tombent incessamment sur mon chapeau à larges bords, avant de s’écraser bruyamment sur le sol en terre battue menant au manoir des Garrison. Mon pied butte contre une motte de terre, mais je réussis à récupérer mon équilibre à temps.

Je serre fort ma valise contre moi, comme s’il s’agissait d’un bouclier qui me protègera des monstres que mon imagination fertile est en train d’inventer. J’hésite entre marcher plus lentement pour éviter un nouvel obstacle, et presser le pas.

Je plisse les yeux dans l’espoir d’y voir quelque chose, mais l’obscurité est quasi complète. L’air est aussi épais qu’une purée de pois, un renard ne pourrait même pas y retrouver sa queue. Seule, une lumière vaporeuse au bout du chemin m’indique la direction de la porte de service que je dois atteindre, comme annoncée dans la dernière lettre envoyée par Mrs Green, ma nouvelle supérieure.

Des grognements et des respirations d’animal parviennent à mes oreilles, et finalement je n’y tiens plus : il ne me reste plus qu’une vingtaine de mètres à faire avant d’arriver à destination, mais au diable les raisonnements d’adultes suffisamment mâtures pour se passer de lumière, je sors ma lampe dynamoélectrique ! Non, je n’ai pas peur du noir, c’est uniquement pour… hé bien, pour être sûre de ne pas tomber dans un trou. Le sol est trop inégal et je n’ai pas envie de commencer mon premier jour de travail chez les Garrison avec une cheville tordue. Et si je tremble, c’est uniquement à cause de l’humidité de la pluie qui s’infiltre dans mes vêtements. Voilà.

Dire que je regrette l’habitacle inconfortable du bus qui m’a amené ici n’est pas un vain mot. Les ressors du siège qui m’y a été attribué me sont entrés dans le dos durant les huit heures qu’a duré le trajet ; l’odeur rance de la transpiration des autres passagers a continuellement assailli mes narines. Mais au moins, je n’étais pas toute seule, et j’étais à l’abri du froid et de la pluie.

Je prends une profonde inspiration, et continue mon chemin. Plus que cinq mètres, quatre… même avec le faisceau de ma lampe pointé droit sur le sol, j’ai du mal à repérer les irrégularités du sol… Trois, deux… La sensation sous mes pieds change, je sens le talon de ma chaussure claquer sur une surface dure – sans doute du béton… Un…

J’atteins enfin la porte d’entrée, et je frappe immédiatement deux coups tout en jetant un regard angoissé alentours. J’ai cru entendre un bruissement juste derrière moi, comme si quelqu’un me suivait.

Je ne peux retenir un soupir de soulagement lorsque j’entends des bruits de pas répondre à mon appel. A peine quelques instants plus tard, la porte s’ouvre, révélant une femme entre deux âges, les cheveux lâchés sur ses épaules, habillée d’une robe de chambre à fleurs. De derrière elle, le poêle de la cuisine émane une chaleur réconfortante.

- Mrs Green ?, je demande brusquement. Bonsoir !

- Bienvenue Ryn. Je vous attendais justement. Entrez, je vous en prie. Avez-vous fait bon voyage ?

La femme s’efface du seuil, et je n’hésite pas un seul instant à suivre son injonction tout en marmonnant un vague remerciement. Je m’engouffre à l’intérieur de la pièce. Je suis immédiatement attirée par le poêle encore chaud, et je tends mes mains pour les réchauffer.

- Vous pouvez poser vos affaires ici le temps qu’elles sèchent, reprend Mrs Green en m’indiquant une chaise.

Je m’empresse de retirer mon pardessus et mon chapeau ciré. Comme je le craignais, la pluie s’est infiltrée dans mes vêtements, et il me tarde de les retirer pour me sécher. Plus je tarderai, plus je serai susceptible d’attraper un rhume. Or, si j’ai réussi à éviter la cheville foulée, ce n’est pas pour tomber malade dès mon arrivée !

De plus, à présent que mon voyage est terminé, la chaleur me donne envie de somnoler et je n’ai plus qu’une seule envie : aller me coucher dans mon nouveau lit et dormir tout mon saoul jusqu’au petit matin.

Mrs Green semble penser la même chose que moi, car elle reprend :

- Pauvre enfant, vous ne tenez presque plus debout. Suivez-moi, je vais vous montrer votre chambre.

Je hoche la tête et, ma valise à la main, je lui emboîte le pas mécaniquement. J’ai envie de faire bonne impression, mais mon esprit devient de plus en plus embrumé par la fatigue du voyage, et je dois faire un effort pour garder les yeux ouverts. Nous longeons un long corridor, montons un escalier en colimaçon, lorsque soudain Mrs Green me demande :

- Avez-vous peur des fantômes, Ryn ?

Sa question me surprend et, soudain alerte et tout à fait éveillée, je lui lance un regard sincèrement étonné. S’agit-il d’une plaisanterie ? Ou bien d’un mauvais tour qu’elle joue aux nouvelles employées ? Je finis par décider de prendre sa question au sérieux, et je lui réponds donc doucement ce que toute personne saine d’esprit répondrait en pareil cas :

- Non madame. Je n’ai pas peur de ce qui n’existe pas.

- Bien, bien. Très bien, réplique-t-elle en hochant la tête, comme si elle venait de me faire passer un test et que je l’avais réussi haut la main.

Mrs Green trottina encore quelques minutes, avant de s’engouffrer dans un nouveau couloir.

- Nous sommes dans l’aile des domestiques. Ma chambre se trouve juste ici, et c’est là que vous prendrez vos quartiers pour la nuit. Il est déjà très tard, tout le monde est donc couché, mais je demanderai demain matin à Hannah de vous faire faire le tour afin de vous permettre de vous familiariser avec les lieux. En attendant, voici votre chambre.

Mrs Green indique de la main une porte en bois, qu’elle ouvre pour me laisser découvrir l’intérieur d’une chambre proprette avec un lit une place, un guéridon, une commode et une armoire pour tout mobilier.

- Le réveil est à sept heures, et j’attends de vous ainsi que de tout le monde, comme stipulé sur le contrat que vous avez signé, que vous soyez prête à sept heures trente. Nous n’aurons que peu de temps demain pour parler de formalités administratives, car Mr et Mrs Garrison reçoivent des amis pour le thé et tout doit être parfaitement prêt pour leur arrivée, comme il se doit. Cependant, puisque vous passerez la journée avec Hannah, je vous engage à vous tourner vers elle en cas de problème : elle a quinze ans d’expérience dans cette demeure et saura vous guider dans l’établissement de votre nouveau travail.

- Je n’y manquerai pas, Mrs Green.

- Il est déjà tard, je vous laisse donc vous installer pour la nuit. Vous terminerez votre service plus tôt demain afin de pouvoir ranger convenablement vos affaires. Bien que ce soit votre chambre, je ne tolèrerai pas le moindre désordre dans l’aile des domestiques. Bonne nuit.

- Bonne nuit, Mrs Green, je réponds.

Je boue intérieurement d’impatience qu’elle s’en aille et me laisse m’avachir sur le lit. De fait, elle se retourne, mais quelque chose semble la retenir car elle s’arrête brusquement, comme prise d’un doute :

- Etes-vous sûre que vous ne croyez pas aux fantômes, jeune fille ?

- Absolument, Mrs Green.

Si j’étais un peu plus en forme, je mourrais d’envie de savoir pourquoi la gouvernante des Garrison insiste autant à propos de créatures fantastiques. Peut-être qu’elle se moque de moi, qu’elle m’a déjà prise en grippe et cherche à inventer des histoires fantastiques afin de me faire peur et m’inciter à démissionner. Mais dans ce cas, elle s’y prend bien mal : elle ne sait pas à quel point je suis désespérée et que je ferai tout pour garder cet emploi le plus longtemps possible.

Elle me lance un dernier regard lourd de sous-entendus que je suis incapable de comprendre, puis soupire et fait finalement demi-tour. Alors qu’elle s’éloigne dans le couloir, je m’approche pour refermer la porte et l’entends murmurer à elle-même :

- Cela facilite les choses pour tout le monde, sans doute…

Une fois la serrure verrouillée, j’appuie sur l’interrupteur, mais la lumière refuse de s’allumer. Je reprends donc ma lampe dynamo pour explorer partiellement ma nouvelle chambre. Le vent siffle toujours à l’intérieur et les ombres dansent sur les murs tandis que j’ouvre méthodiquement les portes de l’armoire, les tiroirs de la commode, et que je regarde sous le lit à la recherche de monstres.

Enfin rassurée, je me change pour la nuit et m’allonge sur le lit, les paupières déjà lourdes de sommeil.
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