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 (a.) écrire pour exister

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Adena H.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 13 Avr - 11:07

13/04/15 (10:46).

J'ai peur de tant de choses que je ne saurais même pas par quoi commencer. J'ai eu une révélation en montant l'escalier de la maison : ce que ma mère me demande de faire, téléphoner à la belle-sœur de ma tante pour lui demander un emploi, ressemble fort à ce que mes parents m'ont demandé de faire l'année dernière : m'inscrire à la fac. Je ne sais comment, ils continuent à avoir une autre image de moi que celle que j'en ai. La leur est peut-être plus réaliste, je ne le nie pas ; cependant, s'ils veulent que je fasse en sorte d'avancer dans mes projets et d'évoluer, je viens de comprendre que toutes leurs initiatives de cet acabit ne fonctionneront pas. C'aurait beau être le métier qui me conviendrait le plus dans tout le monde entier, ça ne le sera jamais tant que je ne serai pas prête à le considérer comme tel. Actuellement, j'ai plus en tête une idée de petits boulots mal rémunérés, de missions assez courtes. Des métiers qualifiés de peu reluisants, de peu glorieux. Je m'en moque. Je crois que c'est ce dont j'aurais le plus besoin actuellement pour m'aider à dédramatiser la situation. Je sabote la fac, je sabote le code, pourquoi ne saboterai-je pas cet appel téléphonique ? Il faut que je réfléchisse intensivement à des activités qui seraient à ma portée. Des jobs d'été qui ne dureraient qu'un été. Si je préserve assez longtemps pour en trouver un, l'illusion que je ne suis pas encore devenue une adulte, alors peut-être que j'aurai le temps de trouver cette situation plus confortable qu'au tout début, et que ça me permettra d'aller plus facilement de l'avant.

Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est que je pense à l'évolution des autres avant la mienne. C'est que quand mon cousin m'explique qu'il a peur de rater sa première année d'université, j'essaye de le rassurer en lui disant que je l'aiderai à réviser ses cours. C'est que quand ma sœur nous apprend qu'elle est de nouveau enceinte, la première chose matérialiste à laquelle je pense est : "Mais je ne vais plus avoir ma chambre" (sous-entendue : parce qu'elle sera prise par le nouveau bébé). Je ne comprends pas pourquoi les êtres humains s'entêtent à vouloir enfanter, comme si le fait de ne pas le faire les empêchait de s'épanouir. C'est une idée ridicule. Ma remarque à propos de mon déplacement de chambre montre à quel point je me rends compte des changements à venir. J'ai déjà remarqué ça, aussi : que j'avais tendance à faire plus facilement des trucs pour les autres que pour moi. Avec un deuxième bébé à charge, je peux essayer de m'imaginer qu'ils vont avoir des difficultés à tout organiser, et matériellement et financièrement, et essayer de jouer là-dessus. Je ne pense pas que ça va fonctionner, parce que j'ai déjà essayé de la travailler, et que ça n'a pas marché. Ce matin, je me suis réveillée avec l'idée que lors du congé maternité de ma sœur, elle pourrait réviser un concours. Que je pourrai venir chez elle pour l'aider à réviser. Et qu'une fois que le bébé serait né, je pourrai venir chez elle encore une fois pour les aider à s'en occuper, pour qu'elle ait plus de temps pour ses révisions. N'est-ce pas stupide ? Je n'en ai pas parlé une seule fois à ma sœur, il s'agit d'une idée avec de nombreux défauts, dont celui qu'elle refuse et celui qu'elle ne puisse pas dépenser autant d'argent pour ça. Mais j'y ai pensé malgré tout. Et vu comme je me suis débrouillée avec mon cousin, je suis à peu près sûre que je serais capable de le gérer. Pas pour moi, évidemment, puisque mon égo n'est pas suffisamment solide pour ça ; mais pour elle. Que je suis bête.

(11:07).
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Adena H.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Jeu 18 Juin - 22:12

Menace - 18.06.15 (21:21)

Hier, je ne voulais pas assister à l'entretien que m'avait obtenu ma mère à propos du poste de bibliothécaire. Je lui en veux encore aujourd'hui, mais moins parce que j'ai déjà oublié un peu, de m'avoir forcé à y aller. Je sais qu'à mon âge je devrais être indépendante et capable de prendre mes propres décisions, mais c'est faux : je ne suis pas dans la norme de l'âge, c'est un fait que j'ai fini par accepter. Je lui ai dit que je n'irais pas si elle ne m'accompagnait pas, que je n'en avais pas envie; elle m'a accompagné. Quand je lui en ai reparlé dans le métro, elle m'a dit que si je n'y étais pas allée, elle espérait que j'aurais au moins eu la décence de prévenir la personne en question. DANS LE METRO. EN Y ALLANT. Allô, elle essaye de réécrire un événement qui ne se produira jamais ou quoi ? J'ai assisté à l'entretien. En revenant, je n'ai pas voulu répondre immédiatement à ses questions, mais je n'y étais pas totalement opposée. C'est juste que je n'étais pas prête ; pas encore dans de bonnes conditions (pour rappel, je n'avais quasiment pas prononcé une syllabe lors de l'aller). Ce qui m'a bloqué à le faire, c'est sa réaction et ses remarques à mon absence de réaction. Elle s'est imaginé que je n'avais pas assisté à l'entretien. Qu'elle avait passé une heure trente assise sur un banc à l'extérieur pour rien. Ok, ça je peux le comprendre, ça ne m'aurait pas plu non plus. En plus, elle était fatiguée parce qu'elle avait été au restaurant la veille et qu'elle était rentrée à minuit trente et qu'elle n'a pas beaucoup dormi et donc ne s'est pas beaucoup reposé. MAIS à la réflexion, je n'étais pas prête du tout à faire cet effort, et ça m'en a demandé vraiment beaucoup ; ça m'a fatigué. EN PLUS, j'avais déjà essayé de lui expliquer il y a quelques mois que si elle voulait m'aider, il faudrait soit m'aider à faire les choses à mon rythme, soit me prendre par la main de A à Z pour faire quelque chose de trop compliqué pour moi. Et là, ça rentre dans la deuxième catégorie : elle ne pouvait donc pas s'attendre, en plus de la tronche que j'ai tirée tout le long du trajet aller, à ce que je sois particulièrement excitée et que j'aie énormément envie d'en parler ; mais immédiatement, elle l'a pris comme une absence d'engagement et elle m'en a voulu. La première chose à laquelle elle a pensé et qu'elle a dite a été : "Mais tu y es allée ?" Ca m'a fait rire. Mais d'un rire nerveux, parce que je n'y avais pas pensé et que ça ne m'était pas venu à l'esprit. Elle m'a dit : "Si jamais tu n'y es pas allée..." Et n'a pas fini sa phrase. "Je ne serais pas contente, je ne voudrai plus te voir, tu iras chez ta grand-mère." Heu ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Simplement parce que je n'ai pas voulu répondre à ses questions, elle m'a menacé. Elle m'a dit : "Tu n'es pas gentille. " Je me suis moquée d'elle : "Bouh, je suis méchante ! Qu'est-ce que je suis méchante." Et elle m'a dit : "Non, tu n'es pas méchante." EUUUUUUH ? C'est quoi pour elle le contraire de "pas gentille" si ce n'est pas méchante ?
Je n'arrive pas à comprendre. D'accord, elle a eu peur, éventuellement. Mais pourquoi se montrer aussi agressive ? Elle sait que j'ai besoin d'y aller plus lentement que les autres parce que je le lui ai dit, et aussi parce que ça se voit, et que j'ai besoin d'aide. Et je peux comprendre qu'elle n'ait pas envie de m'accorder son aide, et qu'elle se soit sentie forcée, mais je n'ai jamais rien demandé à personne moi. Evidemment, on pourrait penser qu'elle m'a laissé le choix de prendre contact avec la personne en question, mais c'est faux : elle m'a fait du chantage affectif. Elle m'a montré à quel point elle serait déçue si je ne le faisais pas, et que ma vie serait un désert éternel si je ne faisais rien ; ça m'a fait peur, j'ai dit oui. Encore une fois, elle a raison, mais ce n'est pas une raison pour autant de ne pas m'encourager quand je fais un truc et de me tomber dessus la seule fois où j'essaye.
Je sais que c'était une menace, même si elle nierait le tout en bloc, parce que dans sa voix, et juste après ça, il y avait l'intention de me blesser. Ce qui est risible parce que j'aime ma grand-mère et ça ne me dérangerait absolument pas de rester chez elle. Mais peu importe le contenu, ça n'avait pas sa place là, et ça ne m'aide absolument pas à avoir envie de faire quelque chose d'autre pour qu'elle me tombe dessus. Parce que, après tout, il faut bien l'admettre, je ne fais pas les choses pour moi, je fais les choses pour les autres, en fonction d'eux. D'ailleurs, je suis persuadée que si j'arrivais à me souvenir un tant soit peu que ma sœur rencontre quelques difficultés financières, j'arriverais à trouver la motivation suffisante pour me chercher un job. Et je pense que la principale raison pour laquelle je ne le fais pas, dans ce cas, c'est que j'oublie tout ce qui ne se trouve pas directement en face de moi. Ce qui, maintenant qu'on en parle, est assez triste. Mais ce n'est toujours pas une raison de menacer les gens. Ou juste d'en avoir l'intention.

"Une menace est un acte de coercition impliquant la déclaration qu'une action sera entreprise si une réponse indésirable est donnée. Elle implique le fait qu'une personne ou une entité ait la possibilité ou bien l'intention (affichée ou non) d'infliger des blessures, la mort ou des dommages matériels à une autre personne ou groupe de personnes."

Mon beau-frère n'a pris aucun jour de congé alors que son enfant était malade. C'est ma sœur qui l'a fait, après avoir utilisé tous ses jours d'enfant malade. Elle est restée deux jours à l'hôpital avec Yannis. Où était mon beau-frère ? Pourquoi n'en a-t-il pas pris un pour faire moitié-moitié. Et après, il s'étonne qu'elle se soit disputé avec lui : mais est-ce qu'il voulait vraiment un enfant ? Pourquoi ne s'en occupe-t-il pas autant qu'elle ? Est-il si indispensable que ça à son travail pour ne pas pouvoir s'occuper de son enfant ? Outre le fait qu'il oublie de lui faire se laver les dents et qu'il le laisse devant l'ordinateur jusqu'à neuf heures du soir, pour ensuite lui reprocher de ne pas vouloir mettre sa couche et aller au lit, et qu'ensuite après l'histoire du soir, le dernier pipi, le dernier verre d'eau, le dernier bisou, le dernier câlin, il n'est toujours pas endormi à dix heures trente, j'ai trouvé mesquin qu'il dise à ma mère (qui appelait chez eux pour avoir des nouvelles de ma sœur et de son petit-fils rentré de l'hôpital - ce n'était pas grand chose, il y a eu plus de peur que de mal) qu'il avait conseillé à sa pacsée de téléphoner à ses parents, et qu'elle lui avait répondu "non". Et qu'il n'était pas content après elle parce que malgré sa fatigue des deux jours passés à l'hôpital, elle voulait quand même aller se décontracter avec ses copines. Mais je peux aussi comprendre qu'il se soit inquiété à sa manière, parce qu'apparemment elle lui a dit avoir un "voile sur les yeux" à force de fatigue, et qu'il peut s'imaginer qu'il lui arrivera plus facilement un accident de voiture. Ce que je n'espère pas, et que je rajoute après une seconde pensée, dans l'espoir de conjurer le mauvais sort. Je sais, je n'y peux rien, ce sont mes racines païennes qui ressortent.
Pour moi, ça le fait passer pour le "gentil", celui qui dit aux parents de sa pacsée qu'il est raisonnable parce qu'il reste à la maison à garder leur enfant, tandis que l'autre devrait faire la même chose mais préfère sortir s'amuser. Il passe pour celui qui conseille de bonnes choses à sa pacsée (rester se reposer chez elle et téléphoner à sa famille), et elle pour la folle qui refuse. Je trouve ça honteux. Parce qu'il ne devrait pas nous dire des trucs pareils. Est-ce que lui, ça lui plairait qu'on l'appelle en disant qu'une personne qu'il apprécie refuse de lui parler ? Non, sans doute pas. Alors quel est le point, quel est l'intérêt de le faire, si ce n'est pour se faire passer pour le gentil ? En plus, ma sœur n'a absolument pas besoin de lui et de ses rappels pour prendre de nos nouvelles. Pour moi, il n'a rien pensé, il a parlé sans réfléchir, comme à son habitude, sans penser qu'une famille est solidaire. Ma sœur fait partie de ma famille, ainsi que mon neveu. Pas lui. S'il lave son linge sale dans la famille élargie et essaye de rendre les choses publiques, c'est normal que je ne sois pas d'accord avec lui et que je défende ma sœur. Même si elle fait n'importe quoi, je présume. Ce n'est pas à lui de juger, ou de la juger, et je trouve ça étrange qu'il dise à ma mère que sa fille n'a pas voulu l'appeler. Ca me donne l'impression qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas, comme si dans mon esprit je l'avais déjà dissocié de ceux que je considère comme des membres de ma famille.
C'est assez drôle d'ailleurs, dans le sens ironique, parce que je n'arrive pas à savoir si ma sœur l'aime vraiment ou pas, et je n'arrive pas à savoir si lui aime ma sœur et son enfant, ou bien s'ils se sont juste habitués les uns aux autres parce qu'ils étaient là au même moment, au même endroit. Et dans ma tête, vu tout ce qu'elle me raconte, et tout ce qu'elle s'imagine déjà dans le cas où elle divorcerait d'avec lui, je les imagine déjà séparés, et tout ce qui reste entre le moment où elle le quittera et maintenant, pour moi ce n'est que du gaspillage, du temps perdu passé à côté d'un homme qu'elle n'aime peut-être même plus, parce qu'ils n'ont plus les mêmes centres d'intérêt. Et j'ai l'impression qu'à chaque fois que nous sommes seules toutes les deux et qu'elle me parle de son pacsé, c'est pour pointer ce qu'il ne sait pas faire ou ce qu'il ne fait pas mais qu'il devrait faire selon elle, c'est-à-dire au final que des choses négatives. Et je le prends comme s'il la rendait triste, ou en tout cas moins heureuse que j'imagine qu'elle devrait pouvoir être. Donc, pour résumer : même s'il sera toujours le père de mon neveu, j'ai énormément de mal à me forcer à faire comme si je l'appréciais. Et sérieusement, c'est quoi ce besoin de toujours prendre les objets électroniques des mains quand leur propriétaire ne sait pas les utiliser ?! Plutôt que de faire à leur place, explique-leur, mec, pour qu'ils soient capable de le refaire par eux-même la prochaine fois ! Débilos !

(22:12)
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Adena H.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 6 Juil - 18:23

Spectacle - 6/07/15 (17:07)

Mes parents ont invité la famille du côté de mon père à la maison, hier. Ils ont tous répondu présents, ainsi que la mère d'une de mes cousines par alliance, et ma grand-mère. Je crois que ma grand-mère s'est pas mal ennuyée, principalement parce que son attention baisse dangereusement lorsqu'on ne parle pas de sujets dont elle a décidé de parler. En plus, plutôt que de s'intéresser aux personnes présentes, elle fait des comparaisons avec d'autres qu'ils ne connaissent pas. Le fils de Machin ressemble à celui de Trucmuche. Et comme Trucmuche ne connait pas Machin, ni le fils de Machin, ses comparaisons passent rapidement à la trappe.
J'étais vraiment très contente de voir mon neveu et ma sœur, et j'ai été étonnée que mon beau-frère, le lendemain matin de leur arrivée prenne mon téléphone pour essayer d'y télécharger une application. Sans me le demander. Je m'en suis rendue compte après, et je me suis rendue compte que j'étais trop irritée pour qu'il ne prenne pas mal ce que j'avais l'intention de lui dire. Donc j'ai laissé couler. Mais je suis très possessive avec mes affaires. Maintenant que je sais que mon cousin va venir une semaine chez moi, je me rends compte qu'il risque de fouiller dans mes affaires, qu'il le veuille ou non. Qu'il va envahir mon domaine, mon espace personnel, et qu'il va falloir que je lui rende certains comptes si je veux faire certaines choses. A moins de les faire en cachette.
Dommage pour ma grand-mère, je n'ai eu que peu de patience avec elle hier. Mais elle a eu, il faut le dire, une propension à s'intégrer à des conversations dont il n'était pas utile qu'elle fasse partie. Comme lorsqu'elle a remis en question ma capacité à me rendre seule chez ma sœur, comme si j'étais encore une enfant. Devant tout le monde. Je l'ai rabrouée plusieurs fois. Ou comme sa manière de me poser des questions à mi-voix, comme si elle voulait que personne n'entende ce qu'elle me demande (elle est enceinte ? le bébé naîtra quand ? ils vivent dans une maison ou dans un appartement ? c'est quoi son nom, déjà ?) alors qu'elle ne parle pas suffisamment bas pour que ce soit le cas. Alors qu'elle pourrait les poser directement aux personnes concernées, plutôt que de me demander de faire l'intermédiaire. Après, c'est aussi parce que ce n'est pas sa famille qu'elle réagit ainsi. Moi qui en fais partie, je ne m'y sens pas à ma place. Alors c'est logique que les voyant moins souvent que moi, et étant moins reliée à eux que moi, elle ne se sente pas à l'aise comme dans sa propre famille. Et c'est tellement agaçant de l'entendre répéter les mêmes choses à propos de son arrière petit-fils, comme si elle s'auto-complaisait dans l'idée qu'il ne la reconnaisse pas depuis la dernière fois où il l'a vue. Elle n'arrive pas à comprendre que s'il ne veut pas lui dire bonjour, c'est qu'il n'a pas les mêmes liens avec elle qu'avec nous, et non pas qu'il l'a oubliée. La preuve, c'est que quand il est chez lui il veut l'appeler et lui parler.
Pendant la première partie de la journée, je me suis sentie comme un outil dont on se sert. Ceux qui sont arrivés en avance ont oublié des choses, que j'ai été chercher dans nos placards pour les leur prêter ; ils me l'ont demandé parce que mes parents étaient visiblement occupés et qu'ils ne voulaient pas les déranger, et se sont donc tournés vers moi. J'aurais pu me sentir vexée de me voir reléguée dans leur esprit aux tâches mineures, mais je n'étais pas une pensée, je n'étais qu'un objet dont on se sert. Ma mère m'a demandé de couper en morceaux les pizzas de ma sœur, je l'ai fait. Parce qu'elle m'avait demandé de le faire, un point c'est tout.
Ensuite, quand les autres invités sont enfin tous arrivés, j'ai cessé d'être un outil. Tout avait été prêté, tout avait été coupé, je ne servais donc plus à rien. Sans utilité, je me suis métamorphosée. J'ai souri, j'ai dit bonjour aux nouveaux arrivants. Je ne sais pas exactement ce que j'étais à ce moment-là, et jusqu'au début d'après-midi. C'était une sensation floue. Ce qui est bien, c'est que ma mère a été trop occupée avec ses invités pour se rendre compte que je n'étais pas ouvertement sociable comme elle avec eux; j'ai donc pu échapper à sa sempiternelle rengaine. Elle avait bien d'autres choses à faire et dont elle devait s'occuper pour cela.
Je me demande si j'étais, sans être là, uniquement parce que je n'ai pas beaucoup parlé. C'est comme si j'avais bloqué mes réflexions, pour juste : être. En réalité, j'ai plutôt erré qu'été.
Mon neveu était fatigué, je suis resté un peu avec lui dans la chambre d'ami afin d'être sûr qu'il se repose, et j'en ai profité pour me reposer avec lui. Ma sœur est venue me chercher, à un moment, et je suis repartie avec elle.
Je ne me rappelle pas exactement de mon comportement, mais je me souviens avoir beaucoup souri, mais pas de plaisir. Plutôt par automatisme, parce qu'il y avait cet enfant, un enfant de mes cousins plus jeune que mon neveu, qui était près de moi. Il ne faisait pas beaucoup de bruit, et il me regardait beaucoup. Alors je lui ai souri, et il a voulu jouer au ballon avec moi. Alors j'ai joué au ballon avec lui. Et quand il a eu son pistolet plein d'eau dans les mains, et qu'il a fait le tour de la table, et qu'il a arrosé tous les membres de sa famille, ils ont tous eu des réactions bruyantes; quand il est venu et m'a arrosé, je lui ai souri à nouveau en agrandissant mes yeux. Quand il a voulu refaire le tour de la table, les adultes, ennuyés, se sont prêtés une nouvelle fois au jeu avec moins d'entrain, et sa grand-mère - la sœur de mon père - a fait cette réflexion pour le détourner d'eux : "Va arroser X ! Elle n'a pas encore été arrosée !" Elle parlait de moi. Comme si j'avais besoin de leur attention. Comme si j'avais besoin d'eux, qu'ils se souviennent que j'existe, pour qu'ils pensent, en grand seigneurs blasés des frasques de la progéniture de leur progéniture, que j'existe et qu'ils me bénissent - oh, quel grand honneur ! - de la mansuétude de se souvenir que je pourrais, moi aussi, avoir envie de participer à ces jeux simiesques, auxquels je n'aurais pu participer sans eux. Je suis à peu près sûre que je lui ai répondu, mais j'ai oublié quoi. Ça craint, vu que ça s'est passé à peine hier.
Je me suis assise avec eux, parmi eux, un chien parmi les loups, et je me suis tue. Je les ai écouté parler, longtemps, sans se demander un instant où étaient les autres, ou se lever pour aller les rejoindre. Sans penser à intégrer d'autres personnes dans leur discussion, comme s'ils étaient en autarcie. Il y avait mes deux tantes, leur mari, leurs enfants et la compagne d'un des deux, et le petit garçon dont j'ai parlé plus tôt - sa cousine jouait dans la piscine gonflable avec mon neveu à ce moment-là, et leurs mères les prenaient en photo. Et ils étaient bien. Ils avaient l'air bien, à parler de tout et de n'importe quoi, comme une véritable famille. C'était comme si c'était normal. En général, lors des réunions de famille, la conversation s'alimente plus ou moins toute seule. J'ai remarqué à cette occasion que lorsqu'il y avait des blancs, on essayait de les remplir avec le premier objet qui tombe sous la main. En fin d'après-midi, c'était moi. Personne n'est venue me voir auparavant pour me dire autre chose que "Bonjour ! Ça va ?", et cela ne m'a pas dérangé le moins du monde puisque mon objectif inconscient était sans doute d'éviter le plus possible de m'intégrer à des conversations dont je me passais sans problème avec grand plaisir. Le fait que trois couples aient des enfants en bas âge aident évidemment, puisqu'il leur faut alors leur courir après pour savoir où ils se trouvent, communiquer pour savoir s'ils ont assez mangé et assez bu, et que leur attention est tournée pendant pas mal de temps vers eux. A ce moment-là, on s'est souvenu que j'existais, et on m'a posé des questions. "Quoi de nouveau, ma X-X ?" (L'utilisation du terme hypocoristique, le redoublement de la première syllabe de mon prénom, aurait du me mettre la puce à l'oreille). "Rien." "Rien du tout ?" "Rien du tout." J'ai souri poliment à ma tante, et ai tourné la tête. Sa sœur aînée a profité de l'occasion pour me demander des nouvelles de mon année scolaire, et j'ai tenté de clôturer calmement la discussion en lui répondant le plus brièvement possible. J'ai refusé d'alimenter la conversation, j'ai refusé de devenir un nouveau sujet de conversation pour un public en manque d'intérêt flagrant - les conversations autour de la table s'étant à ce moment tues. Ce qui est plutôt paradoxal puisque à peine environ trente minutes (à peine, même si je ne saurais dire exactement quelle heure il était à ce moment-là, il s'agit plutôt d'une impression) plus tard, sur une remarque d'un de mes oncles, j'ai pris spontanément la parole : "Tu peux crever la gueule grande ouverte." Je ne sais même plus de quoi il parlait. Et ensuite, je me suis retrouvée à me chamailler avec lui à propos du tuyau d'arrosage qui n'était même pas ouvert (parce qu'il fuit, mes parents le ferment lorsqu'ils ne l'utilisent pas). Et ensuite, je suis retournée m'asseoir à ma table comme si rien ne s'était passé. Je suis intimement convaincue que ces deux personnes-là espéraient un certain spectacle, et s'ennuient s'il n'y a pas d'ambiance, quitte à se désintéresser de personnes comme moi - c'est-à-dire : trop fades à leur goût - si elles ne font pas partie de leur famille. Je dois être l'une de leurs rares exceptions à la cause. Et ensuite, en voyant mon cousin amuser la galerie pour se faire passer pour un gangsta de l’Oise – comme si les habitants aisés de ce département pouvaient égaler la pauvreté de ceux du 93, 94 et 95 – j’ai rajouté « Hé le gueudin ! » Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai fait ça, si ce n’est que ma tante s’est mise à rire du spectacle. Je crois que je voulais me prouver que j’étais tout autant capable qu’eux, si ce n’est plus, de dire et de faire ce qu’ils ont dit et fait – je crois que c’est l’apanage des plus riches de s’amuser à parodier les pauvres, sauf que ça ne leur apporte rien ; tandis que les pauvres le font par dépit de ne pas avoir tout ce que les riches peuvent posséder. Ma famille était un de ces clichés, à ce moment-là.
J'ai été déçue d'entendre mon cousin plaisanter d'une remarque d'une de nos cousines par alliance, qui parlait d'une de ses cousines à elle. Elle racontait l'histoire d'une adolescente de 16 ans qui demandait à ses parents de faire un nouvel enfant pour qu'elle ait enfin un petit frère ou une petite sœur. Et elle leur a dit quelque chose du genre : "Je m'en fiche si c'est un garçon, une fille ou un trisomique !" Et mon cousin, celui qui est le plus jeune, a rigolé. Il a 21 ans. J'ai été surprise de ne pas voir mon père réagir, alors qu'il était dans les parages, mais soit il n'a rien entendu (trop concentré sur la gestion de la nourriture et la satisfaction de sa famille), soit il n'a pas jugé nécessaire de relever une imbécillité pareille. Moi-même ai juste fait la grimace lorsque mon cousin s'est tourné vers moi en quête du partage de son amusement, sans chercher à relever ce qu'elle disait et à entamer un débat stérile avec une infirmière. Je sais juste que si j'avais été à sa place, je lui aurai donné à lire le témoignage de parents victimes de trisomie, afin qu'elle prenne la pleine mesure de ses paroles idiotes d'adolescente. J'aime bien mon cousin, mais ce jour-là, il m'a un peu agacé en ne me donnant pas le verre que je lui demandais, et qu'il tenait à la main après l'avoir été chercher. J'aurais été le prendre moi-même si j'avais pu accéder jusqu'à l'évier, et je l'ai fait une fois que le passage a été libéré - j'ai trouvé ça long. Ça doit être ça d'avoir un petit frère, qu'on apprécie mais qui nous gave un peu quand on n’est pas dans une humeur patiente.
Le mari de la plus jeune sœur de mon père a décidé d'inviter tous mes cousins et les cousines (la jeune génération) au début du mois prochain, comme ils l'ont fait l'année dernière. L'année dernière, je me suis fait inviter avec tous les cousins, et une seconde fois une semaine plus tard, avec tous les adultes (la plus vieille génération). J'étais à cheval sur les deux. Je crois que rien n'a changé, parce que j'ai été invitée avec mes parents la dernière fois, et que cette fois-ci, je serai chez ma sœur en train de garder son enfant - et que si j'y suis et que ma sœur ne travaillait pas, j'étais évidemment invitée à venir avec eux. Si elle travaillait, par contre, mes parents avaient prévu de revenir de vacances le samedi pour m'emmener chez elle le dimanche. C'était humiliant d'entendre ça, de l'entendre prévoir comment eux, les grands adultes, allaient devoir s'organiser pour venir me chercher et m'emmener d'un endroit A à un endroit B, comme si je n'étais pas capable de me débrouiller toute seule : la preuve que je n'existe pas, c'est qu'aucun d'entre n'a eu l'idée de se tourner vers moi pour m'en faire part, ma mère s'est immédiatement approprié le sujet. Je l'ai dit, mais seuls mon père et ma grand-mère m'ont entendus et l'ont relevé - et en répondant à ma grand-mère et en constatant qu'elle ne m'écoutait plus, je l'ai rabrouée une nouvelle fois en refusant de répondre à sa question et me suis détournée d'elle. Et c'est à ce moment-là que j'ai également compris que mon cousin avait prévu de venir une semaine fin juillet, et que si ma sœur ne travaillait pas, il m'amènerait chez ses parents au début du mois d'août (vu qu'il avait décidé avec ma mère qu'il rentrerait cette semaine-là, et que ma sœur m'emmènerait chez elle de chez eux). Bref, j'aurais pu tout aussi bien n'être pas là, parce que je n'ai pas été sollicitée une seule fois dans tout cet arrangement.
En parlant de ma mère, elle m'a caressé le bras du bout du doigt il y a quelques jours, quand j'ai raconté une anecdote à propos des CV que ma voisine avait postés le mois précédent, et me demandant doucement : "Et toi, tu en as posté des CV?" Elle continue à me demander des choses que je ne suis pas capable de donner, sans comprendre que ça me bloque qu'elle tente de me faire évoluer plus vite que je ne suis actuellement capable de le faire seule.
J'ai un goût amer dans la bouche, et finalement je me rends compte que je me sens bien plus à l'aise au contact de certains de ces enfants, que des adultes à qui il me semble devoir être obligée de rendre des comptes. J'en viens presque à espérer que ma sœur travaillera le jour de notre prochaine invitation, et que comme ça je n'aurai pas besoin de revivre tout ce simulacre de bienséance.
Je crois que je les méprise.

(18:23)
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Adena H.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Mar 14 Juil - 15:04

Grand manitou 14/07/2015 (14:41)

Lors d'un repas de midi tout à fait banal, j'ai voulu donner mon point de vue à mes parents, qui différaient du leur. Ce qui est ressorti, c'est que je n'avais pas à le donner puisque je ne travaillais pas. "Tu verras quand tu auras un patron et qu'il te demandera de lui donner un dossier dans cinq minutes et que ton ordinateur ne marchera pas..." Je continue à persister à penser que j'ai raison, mais que mes parents sont trop obtus pour s'en rendre compte.
Mon père a commencé à se poser en figure d'autorité, de médiateur. Puis il a repris sa place habituelle, tout en gardant son faux rôle de modérateur : il a voulu me forcer, ensuite, à lui répondre. C'était une question tout à fait simple : est-ce que j'avais un prochain rendez-vous chez le psychologue ? J'ai refusé de lui répondre. A partir du moment où ils ont commencé à utiliser l'argument de poids, que je n'avais pas de travail et que j'avais plus de temps, mes explications ont perdu tout leur sens. Au départ, il s'agissait de questions, de points de vue divergents, et j'y ai répondu ; je n'ai pas les mêmes goûts esthétiques que ma mère au niveau des vêtements, et quand elle me dit que certains de mes vêtements sont beaux, je n'accorde aucune valeur à ses paroles. Et ensuite, c'est parti dans tous les sens. Dès que quelque chose ne va plus, que ma mère perd pied dans la conversation, ou que je fais une critique qui ne va pas dans son sens, elle revient à sa marotte principale : j'ai un problème. Moi. Pas elle. Pas mon père. Pas nous. Pas notre famille. Juste moi. C'est moi qui ai créé ce problème, et donc c'est de ma faute - il y a eu tout un débat entre mon père et moi sur le fait que ce n'était pas vraiment une faute, bla bla bla. Mais d'un autre côté, lorsqu'ils racontent l'histoire d'une grand-mère qui préfère discuter avec un de ses petits-fils plutôt qu'avec son autre petit-fils, ils pensent qu'elle n'a pas de préféré. Quand je me mets à les titiller, ils finissent par avouer que, même si elle ne le dit pas, elle n'en a pas besoin pour montrer lequel des deux elle préfère. Et que donc, elle a une préférence. Mais qu'elle ne s'en rend pas compte ; eux disent que c'est inconscient. Pour moi, c'est du grand n'importe quoi.
Mon père a décidé d'imposer la présence de ma mère lors de ma prochaine séance chez le psychologue : "Vous y allez toutes les deux la prochaine fois, vous mettez les choses à plat, et voilà, ce sera réglé." Mon père n'a rien proposé, il a imposé. Je n'ai pas de voix au chapitre, comme lorsque ma mère dit "Tu devrais faire ceci... Tu devrais profiter de ta jeunesse pour faire ça..." TA GUEULE ! Parle pour toi, pauvre connasse. Pouffiasse de première. Et quand je lui explique que je n'apprécie pas qu'elle parle pour moi, elle hausse les épaules et dit qu'elle est comme ça. Je suis en colère contre lui, parce que pour lui, il suffit que j'aille voir un psy avec ma mère pour que tout s'arrange - mais lui, dans l'histoire, qu'est-ce qu'il devient ? Il arrange les choses, il dit ce qu'il pense, et on devrait tous lui obéir sans remettre en question son avis ? C'est lui qui décide, et on n'a qu'à se taire et à répondre à ses questions ? C'est fini depuis longtemps, le pater familias. L'homme de la famille. Tss. Quel crétin.

D'un autre côté, grâce à la présence de mon neveu, je me rends compte de beaucoup de choses sur lesquelles je serais passée sans lui. Par exemple, ma mère remarque qu'il ne veut pas lui faire de bisou en arrivant et en repartant. Mais elle ne se remet pas un seul instant en question. Elle ne se dit pas qu'en faisant les choses autrement, en lui procurant un peu plus d'attention et de réconfort, il serait différent avec lui. Non, pour elle, mon neveu ne réagit pas du tout à la manière dont elle s'intéresse à lui. Elle est exactement comme le père de mon neveu, mais ne s'en rend pas compte, et continue à critiquer certaines de ses manières de faire. Ca m'horripile, mais ma mère m'a fait une remarque très juste : "On ne peut rien y changer." Elle a raison : c'est bien fait pour elle, si dans quelques années il ne viendra la voir que parce qu'il y sera forcé ou parce qu'il aura besoin de quelque chose. C'est elle qui construit cette relation avec lui, et la plupart du temps elle l'ignore. Ce qui me met en rage, c'est qu'elle fait la même chose avec moi; et quand j'essaye de lui en parler en utilisant mon neveu pour prétexte, elle est tellement aveuglée par son auto-suffisance et par sa manière de faire sans faille, qu'elle ne cherche pas un seul instant à se remettre en question. Pourtant, moi, si je voyais que mon comportement n'atteint pas l'objectif que j'essaye d'atteindre, j'essayerais de le changer. Pas avec tout le monde, bien sûr. Seulement avec les personnes qui me tiennent à cœur. Comme mon neveu.

Je suis en colère contre mon père parce qu'il n'a jamais rien fait auparavant. Et aujourd'hui, à table, il s'est réveillé comme dans un sursaut, et s'est mis à faire comme si tout cela ne le concernait pas, ne le regardait pas le moins du monde, mais qu'exceptionnellement il allait se pencher paternellement sur nos problèmes afin de les résoudre. Et, oh miracle, incroyable, il a trouvé la solution en une seule fois : "Tu as un problème avec ta mère. Allez chez le psy, déballez-tout." Merci, Dieu tout puissant. Je suis aigrie contre lui, qui préfère se carapater dans la salle à manger et aller lire un livre quand ma mère et moi nous disputons à la fin des repas. Je suis aigrie contre lui, qui préfère agir comme s'il ne se passait jamais rien - et généralement, je crois que c'est le cas : il ne voit rien, parce que ce genre de considérations lui passent par-dessus la tête - et qui se réveille et agit comme s'il avait la solution à tous mes problèmes. Merci, ô grand manitou. Sans toi et sans tes sages conseils avisés, nous étions perdus à tout jamais.

Sale con.

(15:15)

...

(15:26)

La réflexion de ma mère, c'est que quand je n'habiterai plus chez eux, et que je ne les verrai plus tous les jours, je ressentirai plus de plaisir à les revoir et ferai moins attention (ou plus attention ? je ne me souviens déjà plus, mince) à leurs tics. Je trouve ça tellement con, comme idée. Mais ça représente au final particulièrement bien ma famille, et c'est pourquoi c'est si important pour moi de le noter : si quelque chose gêne, il faut l'éloigner pour ne plus le voir - moi ? - afin que lors des retrouvailles on n'y pense plus. Ce qui dérange doit être éloigné, et on ne doit plus le voir; c'est la seule manière de régler le problème.
Par exemple, en parlant de problème, mon père décide que ma mère doit m'accompagner chez le psy, et ma mère est d'accord, mais ce n'est pas elle qui propose une date ou quoi que ce soit. Pas imposer, mais en discuter autour d'un thé. Ca a marché plutôt bien la fois précédente, mais non : ils veut faire du forcing. C'est particulièrement con et stupide, je n'ai jamais fonctionné à la force. En plus, ils auront oublié demain. Je ne sais pas ce qui m'a fait le plus peur quand mon père a tout décidé : qu'elle m'accompagne vraiment chez le psy, ou qu'il essaye de me forcer à faire quelque chose qui ne me convenait pas à un rythme qui ne me convenait absolument pas.
J'ai été rude : j'ai ordonné à ma mère d'amener le calendrier de septembre et de me noter ses jours de libre. Elle l'a pris, puis s'est rappelée qu'il y avait des jours où elle ne travaillait pas d'habitude mais où elle devrait exceptionnellement y aller. Et elle m'a dit qu'elle y penserait jeudi. Je ne savais pas comment réagir il y a cinq minutes, mais j'ai décidé de lui laisser une chance, parce que je pense que si elle s'en rappelle toute seule jeudi, ce sera significatif. Et que si elle ne s'en rappelle pas - mais réellement, soyons sérieux deux secondes : elle ne se rappelle jamais de ce genre de choses, qui m'importent vraiment, et si j'espère qu'elle s'en rappelle toute seule je risque d'être déçue, et de m'en vouloir d'avoir une fois de plus compté sur elle dans un cas où j'aurais du me douter qu'elle s'en moquait suffisamment pour ne pas avoir pris la peine de le lui rappeler alors que je sais pourtant bien qu'elle est comme ça ; si elle n'oublie pas, par contre, je serais vraiment étonnée : ce n'est pas son genre, et ça risque de m'inquiéter bien plus que ce que j'ai prévu - je lui enverrai un message le vendredi. Ou bien je l'appellerai, en lui faisant remarquer que si elle s'en fiche que je sois comme je suis, pas moi. Ou un truc plus tranchant, je n'y ai pas encore très bien réfléchi pour le moment. En bref, une phrase assassine qui lui fasse comprendre que je m'en moque qu'elle s'en moque. Mais il faut vraiment que j'y réfléchisse encore, ce n'est carrément pas du tout au point là.

(15:38)
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 24 Aoû - 21:19

Zombie - 24/08/15 20:29

Mes parents croient que je leur fais la tête. C'est en tout cas ce que m'a dit ma mère. Elle m'a gentiment expliqué que c'était à elle que je devais la faire, et pas à mon père, car il n'avait rien à voir dans cette histoire. C'est elle, et uniquement elle, qui s'est exprimé maladroitement jeudi dernier, quand nous étions chez ma sœur. Ce qui est doublement faux.
Premièrement, mon père n'a pas hésité à retourner la situation à son avantage ce jour-là. J'ai tenté d'exprimer des - mes - impressions à mes parents, et mon père a dit que "j'inventais". Je ne sais pas trop s'il sous-entendait ou non que je mentais, mais je l'ai pris ainsi - admettons : peut-être à tort. A partir de ce moment-là, je l'ai pris comme un signe que la conversation était coupée : je n'ai plus aucun intérêt à discuter avec quelqu'un qui pense que tout ce que je dis est une invention, c'est une perte de temps pure et dure. J'ai quand même voulu expliquer à mon père ce que je venais de comprendre, et il s'est énervé en disant que c'était ce que je faisais quand je n'avais plus d'arguments, et que ça ne voulait pas dire que ce qu'il disait lui était faux. J'ai fait la bêtise de continuer à lui expliquer, et moins il voulait comprendre, plus je m'énervais. Dans le cas présent, je me plaignais d'une chose de laquelle il s'est plaint régulièrement ces dernières années, le désordre causé par ma mère. Mais comme c'est moi qui le dit, il change sa version et se met du côté de ma mère pour répondre par une critique à la mienne. Par conséquent, si je voulais en vouloir à mes DEUX parents, ce serait déjà une raison en soi suffisante. Ensuite, qu'il ne réplique rien et se désolidarise de ma mère lorsque celle-ci m'explique qu'il n'y est pour rien, alors que convénientement pour lui et pour elle ils formaient une équipe pour me déstabiliser (ou quel qu'en fut le plus noble but) jeudi dernier. Je devrais pouvoir, ainsi, en vouloir à mon père pour sa couardise.
J'en veux à ma mère de me demander comment est le repas, puis de me proposer d'aller passer une semaine chez ma grand-mère. Je lui en veux de commencer à m'expliquer son comportement de la semaine dernière, pour ensuite dire à mon père qu'il faudra racheter des haricots, pour ensuite abandonner la conversation jusqu'au dessert, où elle veut savoir où en est ma démarche pour la prise de rendez-vous avec un psychologue. Je lui en veux de passer d'un sujet innocent à un sujet qui me tient particulièrement à cœur sans autre logique, sans autre prudence et intérêt que les siens. Je sais que c'est moi qui ai lancé l'idée, et que j'étais plutôt pour la dernière fois; mais si on tombe sur un mauvais psychologue, c'est moi qui vais devoir gérer les retombées de notre rendez-vous, et vu la manière dont j'ai réagi et dont je réagis encore actuellement - je suis encore sous le contrecoup - je ressemble à un chat qu'on a mouillé et qui se méfie de la personne qui tient la bouteille d'eau ouverte.
Ma mère est pleine de paradoxes : elle considère que mes culottes sont trop serrées, et que cela symbolise le fait que je ne veuille pas grandir ; elle ne pense pas une seconde que je suis bien dedans, que je ne les trouve pas trop serrées, que je m'y sens à l'aise et que c'est pour ça que je n'en ressens pas le besoin d'en changer, et ce malgré mes dénégations ; et elle me dit qu'elle m'emmènera en acheter d'autres à ma taille. Elle. Elle le fera. Elle m'accompagnera. Sans se rendre compte de la position de dépendance dans laquelle elle me place : je dois grandir, mais je dois grandir selon ses conditions à elle. Ce n'est pas moi qui irai, c'est elle qui m'accompagnera. Qui me les payera aussi, sans doute, puisque je n'ai pas de travail et donc pas de rentrée d'argent fixe.
Ma mère considère que puisque c'est elle qui a acheté la maison où je vis, avec son argent ainsi que celui de mon père, elle a le droit de faire ce qu'elle veut à l'intérieur. Et si elle veut laisser des cartons dans ma chambre, elle le peut. Si elle veut mettre du bazar partout dans la maison, elle en a le droit. Parce que c'est sa maison, qu'elle a acheté avec son argent. Et quand je lui pose la question afin d'essayer de comprendre sa logique et d'aller plus loin, elle m'explique que c'est aussi ma maison - "bien sûr" - mais que ce n'est pas moi qui l'ai payée et que si j'ai envie de dire des choses "agréables" dessus, je peux. Mais si ce n'est pas le cas, elle m'a expliqué préférer que je les garde pour moi. Et que quand j'aurai ma maison à moi, alors je pourrai faire comme je voudrai, bazar ou non, cartons dans la chambre ou non ; mais que tant que j'étais dans sa maison, ce serait elle qui déciderait.
Je ne m'étais jamais rendue compte des implications de l'argent dans ma vie, aussi fortement. Et je ne comprends pas comment elle a fait pour ne pas s'en servir avant. Parce que, franchement, pour moi qui vit à leurs crochets, cette explication peut servir à tout et à n'importe quoi : mange ça et pas ça, parce que c'est nous qui l'avons acheté ; mets ce vêtement-là et pas celui-là, parce que c'est nous qui te l'avons acheté ; tu veux une glace ? je choisis le parfum, parce que c'est moi qui vais te l'acheter... Avec tout cela, comment ne pas leur en être reconnaissante ? Et surtout, quoi répondre à l'argument tout puissant de l'argent, si ce n'est : je suis votre fille, c'est vous qui m'avez voulue, c'est vous qui avez voulu que j'ai un être et un corps, et ce serait bien d'éviter de me balancer dès que vous le pourrez à la tête que je ne suis plus dans la norme depuis longtemps et qu'il est temps que je dégage de chez vous : où, pour rappel, vous m'avez invitée en me créant.
Mes parents croient que je leur fais la tête, que je refuse de leur répondre ou de leur parler parce que je boude. Ils n'ont rien compris, encore une fois. Leur faut-il une carte, ou bien des indices placés dans les précieux romans policiers de ma mère, pour comprendre que je me protège ? Si je ne leur parle pas, si je ne les écoute pas, alors ils ne pourront plus jamais me faire aussi mal que ce que j'ai ressenti jeudi dernier - et une autre fois aussi, où j'ai passé la nuit à sangloter dans mon lit, mais sans pouvoir me souvenir du pourquoi. Je n'en reviens pas de ne pas avoir appris de trucs, durant toutes ces années, pour éviter de me prendre des claques magistrales de la part de mes parents. Pourtant la plupart du temps je les comprends, je les devine, j'arrive à relier 1 + 1 avec leur manière de réagir. Je sais même (plus ou moins) quand ma mère cite d'autres personnes sans s'en rendre compte - sa sœur aînée, des personnes de son travail. Mais niveau défense, alors là, zéro. Macache.
Comment se fait-il que j'aie l'impression d'être une enfant battue, sans que mes parents n'aient jamais levé la main sur moi ? Enfin, ma mère avait l'habitude de me mettre des pichenettes, et mon père de me mettre des claques quand je ne faisais pas exprès de renverser des choses sur la table, et une fois j'ai tellement exaspéré ma mère qu'elle m'a suivie jusque dans la salle de bain et où elle m'a secoué comme un prunier. Mais à part ça, pas de claques, pas de baffes, pas de martinet.

Alors, il est devenu urgent d'instaurer des règles :

Règle n°1 : Ne jamais parler à mes deux parents quand ils sont ensemble dans la même maison ;
Règle n°2 : Ne pas répondre aux faits & aux questions rhétoriques, du genre : "Tu regardes la TV ?" alors que je suis assise sur le canapé et que mes yeux sont fixés sur l'écran allumé "Tu manges ?" alors que je suis en train de mâcher quelque chose ;
Règle n°3 : Parler le moins possible. Même quand mes parents me critiquent et que je meurs d'envie de leur dire qu'ils se trompent ; ou bien quand ils posent des questions tellement évidentes que j'ai envie de lever les yeux au ciel et de leur répondre "Vous êtes stupides ou quoi ?" ; ne pas répondre à ma mère quand elle me pose des questions dont elle est déjà censée connaître la réponse, ou bien dont la réponse peut être trouvée par elle-même avec peu de difficulté et/ou d'embarras ;
Règle n°4 : Répondre le plus possible, le plus souvent, par des réponses courtes, brèves, qui n'admettent aucune ambiguïté.

Les enfants ne devraient pas se donner ce genre de règles avec leurs parents, je ne sais pas si je suis la seule dans ce cas ou non; mais en tout cas quand mes parents s'y mettent à deux, comme jeudi dernier, je finis par perdre toute estime de moi. Je me mets à pleurer, et ce n'est qu'à ce moment que ces imbéciles se décident à ralentir la cadence, quand je leur montre que je ne suis pas capable d'en supporter plus. Et ensuite, ils décident de faire les raisonnables, les raisonneurs, en m'expliquant que de toute façon je n'écoute plus ; ils sont doués pour me faire passer pour une folle, pour une hystérique. Et ils changent de sujet, parce qu'ils voient bien que ce sujet me peine. Ce sujet me peinait déjà une demi heure avant, mais ils étaient trop absorbés dans leur orgueil et dans leurs récriminations à ce moment-là pour s'en rendre compte. En théorie, je devrais dire que c'est de ma faute parce que je les connais et que ça ne m'a pas empêché de pousser le bouchon trop loin - en gros, que c'est du masochisme et que j'ai tout fait en sorte pour finir par me mettre à pleurer. Mais je n'aime pas spécialement avoir mal, en réalité - peut-être juste me complaire dans un rôle de victime ? c'est une question qui reste à être mise au clair - et au final je ne peux pas m'empêcher de penser que, bien que j'aie été complètement déraisonnable ce jour-là, ils auraient pu tout aussi bien changer les choses, eux aussi. Ma mère continue de dire que j'ai un problème, si bien qu'à force de l'écouter, je finis par penser que je suis le problème. Je ne suis plus L* : je suis un problème à résoudre ; je n'ai plus aucune identité, si ce n'est celle de leur causer du souci. Comme lorsque ma mère disait que j'étais tordue, avec ses yeux plissés et son ton un peu étonné, sa lèvre faisant la moue et son buste s'éloignant légèrement vers l'arrière de l'endroit où il se trouvait auparavant, pour prendre du recul. Même pour de rire. Même pour rire.
Le truc, c'est que je n'ai aucune protection, aucune barrière contre les méchancetés, contre les vérités qui m'atteignent toutes de manière égale. Et au final, j'ai une telle sensation de rejet, que je finis par devenir un zombie. C'est très facile de devenir un zombie : tout d'abord, il faut faire quelque chose qui ne nécessite aucune concentration, comme de regarder une série TV pour ados, ou bien un film comique, ou bien une comédie romantique; ensuite, il faut continuer jusqu'à ce que ses yeux se ferment de sommeil ; là, alors, on éteint tout, et on dort; quand on se réveille, on a faim et on grignote et on mange des choses pas compliquées à préparer, comme des marshmallows ou comme des chips ou comme des gâteaux au chocolat, on a envie d'aller aux toilettes, et ce à quelle qu'heure du jour ou de la nuit que ce soit. Alors on le fait, et ensuite on recommence l'opération du début. L'idéal, pour se couper du monde, étant de fermer les volets et de tenter d'avoir le minimum de rapports sociaux avec les autres. C'est ma manière de gérer une rupture : c'est-à-dire incroyablement mal. Je ne suis pas capable de gérer les rejets, et ma mère voulait que je passe un concours sélect. Pour finir par une nouvelle dépression ?
Et ensuite, ma mère me demande maladroitement de recommencer à parler à mon père, parce qu'il n'a rien à voir dans notre "conversation" (ce sont ses mots).

(21:40)
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 24 Aoû - 22:11

Délégation - (21:54) 24/08/15

Je repense à quelque chose, vaguement. J'ai gardé mon neveu une semaine chez lui, sans personne d'autre pour m'aider dans la journée ; et la semaine suivante, mes parents nous ont emmenés en vacances avec eux, lui et moi. Et j'ai trouvé ça incroyablement dur de me départir de mon autorité. Je trouvais que la manière dont j'avais fait les choses fonctionnait, et qu'il n'y avait donc pas de raison particulière d'en changer. Mais mes parents, inconsciemment, n'étaient pas du même avis et ma mère m'a plusieurs fois reproché mes choix assez rudement. Quand elle était de bonne humeur, elle me laissait décider de la couleur de son tee-shirt. Le truc, c'est que ma mère a des idées en tête mais qu'elle ne les confronte pas avec celles des autres; si bien que quand mon neveu a fini de s'habiller, ma mère arrive et dit : "Mais non, il fait trop chaud dehors. Enlève ça et mets autre chose." Quoi d'autre ? "Mais je ne sais pas, moi, regarde dans sa valise, débrouille-toi, tu vois bien que je fais autre chose !" Et je finis par passer pour une incompétente. C'est comme si, quand j'étais seule, j'étais capable de devenir une figure d'autorité. Mais quand il y a d'autres personnes pour prendre ce rôle, je suis incapable de me mettre en avant. Quand mon cousin était à la maison et que nous étions seuls tous les deux, il n'y a jamais eu de problème, j'étais capable de prendre des décisions, de préparer à manger, ça ne me dérangeait absolument pas de faire la vaisselle, de jeter les poubelles, etc. Mais une fois mon cousin parti et mes parents de retour, c'est comme si je me plaçais immédiatement sous leur dépendance : et ensuite, je les laisse faire la vaisselle, je les laisse s'occuper des choses utiles. Je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est de leur faute : ainsi, si ma mère, plutôt que de faire des machines, me demandait d'en faire régulièrement à sa place, j'arriverais à me souvenir de la manière dont la machine à laver fonctionne. Mais non. Elle ne m'appelle pas pour le faire, elle ne me laisse jamais le faire. Et je n'ai pas envie de quémander pour qu'elle m'explique régulièrement, parce que je la connais, et que ça lui donnerait une bonne excuse pour me laisser la faire entièrement à sa place. Et je détesterais ça : qu'elle m'utilise.
Je trouvais mon cousin un peu bébête de passer tout son temps devant l'ordinateur pendant qu'il était chez moi, alors qu'on n'est pas loin d'une grande ville où il est possible de faire plein de choses intéressantes ; et j'avais l'impression d'être pour une fois dans la peau de la grande sœur rationnelle et sur qui on peut compter. Mais une fois mon cousin parti, une fois mon neveu rendu à ses parents, mes parents et moi sommes restés trois quatre jours chez ma sœur, car ils voulaient profiter de l'occasion pour aller visiter les environs de chez elle ; et je me suis comportée exactement comme mon cousin s'était comporté deux semaines auparavant. Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai fait pour me retrouver aussi dépendante de mes parents que ça. Je n'arrive pas à croire que cela fait partie de mon caractère, et que sans qu'ils n'y soient pour rien je me suis collée à eux de moi-même. J'imagine que c'est possible, évidemment, mais dans mon cas présent, je n'y crois pas trop. Je me révolte verbalement contre eux, et ça ne fonctionne pas. Ça m'épuise. C'est fou, ce que ça épuise de se battre constamment contre son passé, contre des choses qui se sont déjà produites, au lieu de s'en servir comme base pour créer l'avenir. Mon esprit en est plein, et c'est peut-être aussi pour ça que je n'arrive plus à me souvenir de plein de choses qui me paraissent pourtant utiles : mon esprit est rempli, comme un espace de stockage où on ne pourrait même plus poser le pied par terre, et il n'y a plus de place pour y rajouter quoi que ce soit d'autre; la seule solution pour ça serait de débarrasser un peu tout ce bazar et d'y faire du tri, mais hélas la porte est coincée, elle grince, elle est lourde, et c'est une épreuve en soi d'arriver à l'ouvrir assez pour passer de l'autre côté. Je suis encombrée de pensées et de réflexions qui prennent toute la place et m'empêchent de créer, comme il se doit, du neuf avec de l'ancien. C'est peut-être pour ça que je suis constamment fatiguée, et physiquement et émotionnellement. Ma mère dit que je n'ai pas de patience. C'est faux. Simplement, je n'en ai pas avec elle.

Peut-être qu'ils croient que je ne suis pas capable de m'occuper correctement d'un enfant, et que c'est pour ça qu'ils me prennent d'autorité mon rôle de tante responsable et capable. Et pourtant, ils ne voient aucune raison à m'empêcher de le garder seule chez lui pendant que ses parents sont absents ou au travail. C'est à n'y plus rien comprendre.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Mar 22 Sep - 19:26



      22/09/15, 19:19



    Agent recenseur.

    Entretien d'embauche hier après-midi. Suis tombée sur une femme qui s'est montrée très sympathique et qui m'a présenté le métier, en m'affirmant que je pouvais correspondre au poste et être engagée : elle m'appellera à la fin de la semaine pour me dire si son équipe a retenu - ou non - ma candidature. C'est un métier peu gratifiant, peu payé, et absolument pas engageant au premier abord : cinq semaines dans le froid et la pluie, sauf chance, et aucune aide côté transport de la part de la mairie du e arrondissement de Paris. Ce n'est pas terrible, et seules les personnes n'ayant pas d'autre choix le font.
    Il faut faire du porte à porte, pour pouvoir obtenir les informations d'environ 200 logements - mais certains sont à la même adresse, dans le même immeuble. Il faut être sportif, et bien organisé pour faire remplir ces questions de recensement. Serai payée 1,5 € le questionnaire rempli + 15€ pour tous mes passages en mairie. Si je réussis à faire les 200, ça me fera 800€ - 5 semaines de carte Navigo. Heureusement, je n'ai pas de loyer à payer.

    fin à 19:28
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 8 Aoû - 13:45



      21/07/16, 12:52



    SMS.

    Moi : J'ai une question : Est-ce qu'on a le droit de me reprocher de ne pas avoir donné de nouvelles sur mes plans d'août, à la bibliothèque ?
    Un type m'a donné l'adresse à laquelle poster ma demande pour être bibliothécaire vacataire et il m'a reproché de ne pas lui avoir dit si ça avait marché ou non.
    Mais est-ce que je suis obligée de leur rendre des comptes sur ça ?
    C'est chouette qu'il m'en ait parlé parce que toute seule je n'y avais pas pensé du tout. Mais j'ai l'impression qu'il l'a fait et que maintenant je lui suis redevable en lui racontant tout ce qui s'est passé et ce qui va se passer à propos d'août.
    Alors OK c'est vrai que c'est plus poli et respectueux de le faire pour le tenir au courant parce que c'est une espèce de service rendu, mais... si je n'ai pas envie qu'il aille dire ce que je lui ai dit à tous les autres, je fais comment ?
    En gros, est-ce que je suis obligée de le faire, pour une prochaine fois ? Est-ce que je suis obligée de leur rendre des comptes sur des sujets qui ne concernent pas directement la bibliothèque ? Parce que pour moi ça ne les regarde pas tant que ça... et j'ai l'impression qu'ils se mêlent de choses qui ne les concernent pas. En plus je ne lu avais rien demandé à la base.
    Ou bien est-ce que c'est un truc du genre : moi j'ai raison mais pour se faire apprécier au sein d'une équipe, je suis obligée de le faire quand même, même si je n'en ai pas envie et que pour moi ça ne me semble pas juste ?

    Maman : Tu me demandes beaucoup de choses en même temps.

    Moi : Ah bon ?

    Maman : Quelle est la personne qui demande des comptes ?

    Moi : Je pose la question parce que M. Citron me l'a reproché tout à l'heure. Et il m'a dit que mes 2 tutrices (qui étaient absentes à ce moment-là) pensaient la même chose que lui.

    Maman : C'est plus de la curiosité.

    Moi : En fait j'ai parlé du mois d'août avec quelqu'un d'autre et M. Citron l'a entendu. Je croyais que je le lui avais dit mais en fait non, il était en vacances à ce moment-là.

    Maman : Tu lui dis que tu pensais lui avoir dit, que tu es désolée.

    Moi : Et il est venu me voir en me disant un truc du genre : C'est moi qui t'ai donné le tuyau pour août alors j'aurais apprécié que tu me le dises. Et blablabla.
    Oui, je lui ai dit.

    Maman : Ménage-le.

    Moi : J'ai fait ma repentie : Heureusement que tu me le dis, je ne m'en étais pas rendue compte.
    Mais en fait j'ai quand même l'impression que ça ne le regarde pas et qu'il le sache ou pas je m'en fiche tu vois ?

    Maman : Tu lui dis le minimum mais tu dis que ça a marché.

    Moi : Mouais. Après, c'est pas un secret j'en parle un petit peu avec les personnes qui sont là à ce moment. Mais je tiens pas une liste de toutes les personnes qui n'étaient pas là à ce moment là pour pouvoir le leur redire après hein.

    Maman : T'as raison mais il y a tellement de cancans.

    Moi : Oui, ça craint.

    Maman : Je pense pas que cela soit pareil partout.

    Moi : Mais ce qui m'embête, c'est qu'il dit que mes 2 tutrices ont remarqué la même chose que lui, que ce n'est pas la première fois que je fais ça... donc j'imagine qu'elles vont m'en parler lors de mon bilan.

    Maman : Il a été vexé.
    Alors ménage-le.

    Moi : Oui j'ai l'impression que ça l'a vexé. Alors qu'il n'y avait pas de quoi.

    Maman : C'est une langue de vipère.

    Moi : C'est fait. J'ai été le voir dans la cuisine tout à l'heure.
    Je me suis à nouveau excusée et je l'ai remercié de me l'avoir dit pour pouvoir faire plus attention à ça plus tard.
    Mais j'ai pas envie de refaire ça avec mes tutrices si elles m'en parlent pendant mon bilan. Si elles ne m'en parlent pas je ne dirai rien bien sûr.
    Mais si elles abordent le sujet je n'ai pas envie de m'écraser en disant que c'est moi qui ai fait une erreur et que heureusement que je suis dans une entreprise car ça me permet d'apprendre les codes du monde du travail, et bla bla bla.
    C'est pas la toute dernière semaine qu'elles doivent se réveiller en se rendant compte que je ne leur ai pas donné des informations qu'elles ne m'ont jamais demandes... non ? Quand même !

    Maman : Non tu leur diras que t'attendais qu'elles te reçoivent pour ton bilan pour le dire de vive voix.

    Moi : Genre j'avais tout prévu ? Hihi.

    Maman : Ben oui.
    Faut se montrer plus intelligent qu'eux.

    Moi : La n°2 était là après que j'en ai parlé à M. Citron et elle a fait l'étonnée : Ah bon ? Elle va travailler en bibliothèque en août ? Et elle a été acceptée à l'Institut de l'engagement ? Je ne savais pas. On ne me dit jamais rien à moi.
    Elle ne demande jamais rien et quand je veux lui parler elle est toujours trop occupée. Je contre ça comment ?
    Comme la fois où je lui ai demandé où se rangeait un truc et elle m'a dit : pas le temps j'ai fini mon travail je m'en vais. Mais quand elle a vu que sa collègue était la seule avec moi à ranger elle a quand même pris le temps pendant 10 mins pour l'aider.
    En gros elle ne peut pas prendre 4 secondes pour répondre à ma question mais elle en prend 10 pour sa collègue.

    Maman : Eh oui.
    C'est la vérité.
    Mais tu peux rien dire.

    Moi : Donc si elle me reproche de ne pas l'avoir tenue au courant, je dis quoi de plus intelligent qu'elle ?

    Maman : On en parle ce soir.

    fin à 17:17
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Dim 23 Oct - 9:24

Palais de Tokyo : Carte blanche à Tino Sehgal
23.10.16

Une fille de la fac travaillait au palais de Tokyo, et nous a permis de rentrer pour la deuxième fois à l'intérieur, à tarif réduit. La première fois était gratuite, et vendredi soir (le 21 octobre), nous avons utilisé le tarif de groupe : 40€, correspondant à 4€ puisque nous étions 10.

"Le Palais de Tokyo présente une exposition conçue par Tino Sehgal (né en Grande-Bretagne en 1976, vit à Berlin), deuxième édition d’une série de « cartes blanches » – ces gestes d’artistes investissant la totalité des 13 000 m² de surface d’exposition du Palais de Tokyo – initiée par Philippe Parreno en 2013. Pour cette exposition, qui a pour principale matière l’humain dans un Palais de Tokyo métamorphosé, Tino Sehgal présente ses œuvres aux côtés de celles d’artistes qu’il a choisi d’inviter : Daniel Buren, James Coleman, Félix González-Torres, Pierre Huyghe, Isabel Lewis et Philippe Parreno.

Plus vaste projet jamais réalisé par Tino Sehgal, cette exposition réunit un ensemble d’œuvres, dont une sélection de ses pièces majeures, qui se déploient dans l’architecture labyrinthique du Palais de Tokyo. Celles-ci se rencontrent et interagissent les unes avec les autres, créant ainsi un nouveau degré de complexité dans ses projets.

Tino Sehgal défie les préceptes conventionnels de l’exposition en se focalisant sur les interactions sociales plutôt que sur les objets inanimés. Ses oeuvres prennent vie à travers les échanges humains, la danse, la parole ou le chant. Impliquant souvent les visiteurs, elles possèdent chacune leur propre dimension émotionnelle et esthétique."


1) Nous avons commencé par descendre à l'étage, pour voir des gens marcher lentement, le visage inexpressif, tels des zombies. Puis, à la fin de leur premier tour de salle, ils ont commencé à marcher un peu plus normalement, un peu comme pour une promenade. Puis ils se sont mis à courir lentement. Puis à courir très très vite, puis à marcher à reculons. C'était très impressionnant : ce regard fixe, neutre, comme s'ils ne nous voyaient pas alors que nous étions placés à à peine quelques mètres d'eux.

2) Puis nous avons été voir Ann Lee, un personnage sous Common Licence, qui nous a raconté son histoire : celle d'une coquille vide.
http://artsdocuments.blogspot.fr/2012/12/ann-lee.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Droit_%C3%A0_la_paresse

"Les films, les vidéos et les installations de Philippe Parreno traduisent principalement à travers la forme de la narration, de la fiction, un même enjeu : la représentation et ses significations. À travers une image ou une idée, qu’elle soit issue du champ médiatique ou du champ artistique, ce sont les procédures de fabrication et de légitimation qui sont à l’œuvre qu’il interroge, ainsi que les cheminements qui s’opèrent dans le passage d’un champ à l’autre et qui en modifient la nature et le sens. En 1999, Philippe Parreno et Pierre Huyghe achètent le personnage d’Ann Lee (caractère manga en deux dimensions) à une société japonaise qui fournit aux éditeurs de l’industrie du manga le dessin des personnages ainsi que leur profil psychologique, du héros au simple figurant destiné à disparaître au bout de quelques pages. Choisie sur catalogue comme une marchandise, Ann Lee, femme-enfant, est rachetée, libérée de l’industrie culturelle et réinvestie par le champ artistique. Anywhere out of the world (2000) en est la première «version», sorte de conte moderne proposé par Philippe Parreno. Image virtuelle (redessinée en 3D), simple coquille vide (d’imaginaire mais pas de sens), Ann Lee raconte (dans la langue internationale du business) non pas une histoire telle que l’on pourrait l’attendre d’un personnage de fiction mais son histoire en tant que produit destiné à faire vendre. Cette histoire critique (mais aussi tragique de la jeune fille dont l’enveloppe charnelle fait l’objet d’un commerce) met à jour et démonte l’ensemble des mécanismes économiques qui sous-tendent l’industrie de l’image (du cinéma aux jeux vidéo), matérialisés dans l’installation de l’artiste par le poster à l’effigie de la star (réalisé par les graphistes M / M), la moquette, le son Dolby Surround, comme autant d’éléments indispensables du marchandising promotionnel et de la mise en condition du consommateur de divertissements (pas uniquement) «culturels».
Héroïne contemporaine virtuelle, en attente d’une biographie, d’un scénario ou d’une histoire, on retrouve Ann Lee dans la vidéo No ghost just a shell de Pierre Huyghe et dans Ann Lee in anzen zone de Dominique Gonzalez-Foerster."


La fin de la vidéo a été suivie par la performance d'une petite fille (se faisant passer pour Ann Lee en 4ème dimension) et d'un petit garçon qui nous ont posé des questions sans réponse. Pourquoi doit-on forcément travailler pour gagner sa vie ? Travailler signifie-t-il forcément créer un produit qu'on peut possiblement vendre et monnayer par la suite ? Pourquoi la société critique-t-elle ceux qui ne produisent rien ? Tout en faisant une référence à un livre, Le droit à la paresse.

3) Nous avons fait un petit arrêt en sortant, dans une pièce noire où était projetée une vidéo. Celle-ci se stoppait toutes les 2 secondes, et montrait un match de boxe. C'était assez déstabilisant, au départ. Les enceintes passaient le son d'une respiration accompagnée de commentaires simples "Get up." et lorsque l'image s'arrêtait, un flash violent nous aveuglait. Je n'y suis pas restée longtemps.

4) Puis nous nous sommes dirigés dans une salle où environ 5 personnes se tenaient face au mur. "We are the object of the discussion". Cela m'a fortement impressionné. Au moment où nous sommes entrés dans la pièce, une personne posait une question et nous avons vu les 5 personnes y répondre. Mais je croyais qu'il s'agissait de quelqu'un qui faisait partie de l'oeuvre, du projet. Or, lorsqu'ils ont tout recommencé du début, et qu'ils ont répété leur fameuse phrase, cette fois-ci personne n'a rien demandé. Et ils sont symboliquement morts sous nos yeux : ils semblaient à l'agonie, à glisser lentement au sol. C'était incroyable : étant donné qu'ils étaient des sujets de conversation, ils n'avaient plus aucune raison d'être et d'exister à partir du moment où personne ne parlait d'eux. Et quand tout a redémarré une troisième fois, j'ai posé une question, ce qui a permis de les faire revivre et de leur donner de la substance. Cette idée est carrément géniale.

5) En sortant de la salle, nous nous sommes retrouvés devant l'escalier principal permettant de monter à l'étage. Sur les marches de cet escalier se trouvait un groupe de chanteurs qui faisaient du "beat", de la musique avec des sons créés par leur bouche et non vocalisés. Lorsqu'ils se sont levés, ils se sont dirigés vers une petite salle entièrement noire, et nous les avons suivis. C'était assez confus et déroutant au départ : on n'entendait que le son de leurs voix, et les vibrations qu'ils créaient au sol avec leurs pieds. On sentait également leur mouvement, car ils se déplaçaient dans la salle. Certains ont trouvé cette expérience claustrophobique. Cependant, l'absence de lumière m'a permis de me concentrer plus précisément sur les sons et les vibrations qu'ils produisaient, et non sur ce que je les voyais faire. Cela n'a néanmoins pas été mon expérience préférée, même si ce petit bouleversement est une des choses intéressantes à faire au moins une fois dans sa vie, je pense.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 22 Mai - 8:20

Auto-diagnostique : Dépression.
15.03.17

1. Pas de vraies vacances depuis juillet 2016.

2. Migraines : des maux de tête, jusqu’à des migraines physiquement pénibles. Preuve : quand j’ai envie de pleurer, je prends un doliprane et l’envie disparaît. S’il s’agissait de véritable tristesse, un doliprane ne changerait rien à ma manière de penser et de ressentir les choses. J’arrive encore, il me semble, à savoir si je suis triste ou non. Stupéfaction : je ne pensais pas que des maux de tête pouvaient vraiment faire physiquement mal à la tête. Double stupéfaction : soit je m’en suis rendu compte avant et je l’ai oublié, soit c’est la première fois depuis le début de l’année où je m’en rends réellement compte – et j’en ai mis du temps, dis donc.
Un autre test : quand je me couche après 22h30, j’ai plus facilement envie de pleurer et clairement moins d’énergie pour parler. Mais quand je me couche à 22h, je me sens plus reposée le lendemain et je gère mieux mes émotions et les évènements qui surviennent. Donc c’est forcément une question de fatigue. Sinon, me coucher 30 mins plus tôt ou plus tard n’y changerait strictement rien.

3. Fatigue persistante : sommeil non réparateur influant sur le physique (courbatures, raideurs dans la nuque, ma voix sort faiblement comme si je n’avais plus de « ressort ») et sur l’intellect (difficulté à retenir les informations).

4. Stress (pas régulier). Je commence à me poser des questions. Depuis que je suis toute petite, on dit de moi que je suis timide et stressée ; ça fait partie de mon « caractère », de la manière dont on me décrit et dont je me décris puisque je me la suis aussi appropriée. Or, j’ai déjà déconstruit le trope de la timidité. Je ne suis pas timide, je suis réservée ; la preuve en est que lorsque j’ai quelque chose à dire, je le dis. Si j’étais timide, je n’oserais pas dire ce que je veux dire.
Alors est-ce moi qui suis stressée, ou bien est-ce que je ne me retrouve que dans des situations me dépassant, et donc propices à générer du stress ? Je n’étais que très peu stressée l’année dernière, car le rythme me convenait, et que je me trouvais dans un environnement sain et où je me suis bien adaptée. Cette année, mon corps a besoin de plus de temps pour récupérer que le rythme des cours ne m’en laisse (ex : travail le week-end, donc pas de véritable repos non plus de ce côté-là), ce qui mène à des situations absurdes où je me mets à pleurer en cours ou à m’énerver pour rien (principalement à la maison, car clairement j’arrive à faire « belle figure » dans l’enceinte de l’IUT la plupart du temps. Quoi que… quelques craquages de ci de là). Dur de prendre du recul, et encore plus lorsque j’ai l’impression non plus d’être une adulte mais de retour au collège (perception du groupe et parfois des enseignants qui nous évaluent). Besoin évident de plus de temps pour digérer les informations données.

5. De 1h15 à 1h30 de trajet aller. 3h aller-retour, plus en cas de problèmes de train. Influe forcément sur la fatigue.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 22 Mai - 8:23

Auto-diagnostique : Syndrome d’Asperger.
15.03.17

1. Boules Quiès aident à dormir plus paisiblement sans être réveillée par les bruits ambiants de l’extérieur ou par le radiateur de la chambre qui se met à bourdonner dans la nuit (volet fermé entièrement ou ouvert à 1/8ème. Drap collé contre mon visage, à moins que ce ne soit à mon oreiller pour protéger mes yeux. Un réveil qui vibre collé à mon lit afin de le sentir, et un autre pour le son. Elles aident aussi à se concentrer lors des examens et des partiels. Elles n’étouffent pas tous les sons, mais aident à se concentrer plus facilement sur ce que je dois faire, en faisant abstraction des bruits autour plus facilement que s’ils étaient à plein volume. Tactique ne fonctionne pas lors des cours (car obligé d’avoir les oreilles libres et l’esprit disponible pour écouter les enseignants et prendre des notes), or parfois : grésillements des néons, grincement des chaises insupportables rendent la concentration sur les propos des autres plus durs à écouter et à retenir.
C’est ce qui m’avait le plus agacé à propos de Coup 2 Pouce : sa propension à choisir des lieux désagréablement bruyants 9 fois sur 10, alors que j’ai personnellement une préférence pour les endroits calmes et silencieux. C’est peut-être pour ça que je me sens à l’aise dans les bibliothèques. Ha.

2. Un truc que j’ai piqué à la série Sherlock, de la BBC. Je m’en suis rendue compte après coup, mais je suis à peu près sûre que j’ai commencé à le faire après que ses épisodes aient mûri en moi. J’ai du mal à retenir les choses orales, car j’ai une mémoire plutôt visuelle. Alors je ferme les yeux, et avec mon index (droit ou gauche, bizarrement ça n’a aucune importance : dans ma tête je ne dois pas être gauchère ou droitière, j’ai plutôt l’impression d’utiliser ma main qui n’est pas utilisée à ce moment-là (côté pratique), ou bien celle qui se voit le moins (côté social) pour ne pas passer pour une douce dingue dans les transports en public, par exemple) je trace les lettres dans l’air tout en les visualisant dans un coin de ma tête. Comme si, les yeux fermés, je peux écrire sur un tableau noir. Ca m’a beaucoup aidé, pour Panckoucke. Et je l’utilise aussi beaucoup pour les longs chiffres écrits en toute lettre. Dans le cas de Jules Verne et de ses chiffres longs comme le bras, je n’arrivais pas à les visualiser directement, donc obligé de les transformer en chiffres arabes virtuels, de les « traduire » en un langage compréhensible pour moi.

3. « Seules trois choses ne peuvent être cachées : le Soleil, la Lune, la Vérité. » J’aime bien cette phrase. Ca fait une sorte de rime, 9/9 des deux côtés si on ne compte pas les e muets. Je l’ai retenue d’une série sur les loups-garous, Teen Wolf. Ils s’en servent pour se contrôler, comme un mantra et éviter de se transformer en loup-garou s’ils ne le veulent pas lors de la pleine lune. Je l’ai couplé avec un exercice de respiration cardiaque que m’a enseigné un acteur italien lors d’un séminaire de ma ville. Exercice : sur la première partie de la phrase, j’expire, les yeux fermés pour mieux me concentrer sur ma respiration. « Le Soleil » : j’inspire et je garde le compte avec mes doigts. « La Lune » : 2ème doigt. « La vérité. » Je prends quelques respirations normales, puis je recommence. Soleil, 4ème doigt, Lune, 5ème doigt. Puis Vérité, 1er doigt. Soleil, Lune, Vérité, 2ème, 3ème et 4ème doigts. Et je recommence du début encore une fois, en continuant le compte avec mes doigts. Il faut que j’arrive à la Vérité, 5ème doigt. Et après j’arrête. Des fois je ne le fais qu’une seule fois.

4. Serrer les poings aide à savoir si je dois aller à droite ou à gauche en montant les escaliers, à la sortie du train. J’ai encore du mal à m’en
souvenir, alors que ça fait 6 mois que je me rends au même endroit 5 à 6 fois par semaine (les samedis du 1er semestre comptent). Matin, poing serré à droite pour être en tête de train. Soir, poing serré à gauche me permet de me rappeler la direction de la queue du train. J’ai essayé par la logique, mais ça ne fonctionne pas ; je ne la comprends pas. Donc pour l’instant, je garde cette technique piquée à une Aspie et qui fonctionne aussi plutôt bien pour elle.

5. Se répéter des bouts de conversation, des bouts de phrases en boucle dans la tête même quand il n’y a personne à côté. Je suis en répétition pour être sûre de ne pas me faire prendre au dépourvu la prochaine fois que quelqu’un viendra me parler ou me demander quelque chose. Sourire même devant personne, pour s'entraîner lorsqu'il y aura quelqu'un. Pour vérifier que je me souviens comment faire, quels muscles bouger en cas de besoin.
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MessageSujet: Re: (a.) écrire pour exister    Lun 22 Mai - 8:32

Obsessions
23.03.17

- Terry Pratchett, Le Disque-monde (10 à 15 romans lus)

- les ponts de Paris (tous faits, en 3 demi-journées)

- Charlemagne et ses leudes (statue sur le parvis de Notre-Dame)

- le dôme des Invalides (musée de l’Armée visité au moins 10 fois)

- Radical Face, The Family : The Roots (cette musique me hante, je n’arrive pas à me la sortir de la tête)

- Harry Potter (et son univers, déclinés en fanfictions, RPG, films, livres, etc.)

- albums en tout genre : James Blunt Moon Landing, Matthew Mayfield Wild Eyes, Gaelic Storm Chicken Boxer, etc.

- la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre : en allant vers Paris, en revenant de Paris. Comme un symbole, un repère.
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(a.) écrire pour exister

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