sept. 2013 : rentrée scolaire (focus sur Kitty - maison des Bennet)

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sept. 2013 : rentrée scolaire (focus sur Kitty - maison des Bennet)

Message par Adena H. le Jeu 11 Juil - 23:14



Catherine (Kitty) Bennet
Adelaide Kane


résumé :

Vision externe de la fin des vacances pour les membres de la famille Bennet.
- permet de placer tous les personnages : Jane et Lizzie (ensemble), Mary seule, Kitty seule pour la première fois, et Lydia seule également (mais reprend ses habitudes puisque recommence son année de terminale dans le même lycée) -
Puis focus sur la situation de Kitty, qui doit se débrouiller toute seule et sans appui aucun pour la première fois. Conversation avec son père dans la voiture
- permet de montrer que son père ne s'intéresse pas vraiment à elle, et qu'il ne lui montre pas assez qu'il l'aime puisque sa discussion moralisatrice se concentre sur l'argent et pas sur les espoirs de sa fille -
Arrivée de Kitty à l'université, où elle a un premier aperçu des lieux qui ne correspond pas à ses rêveries.
- permet de mettre en relief la réalité dégradée de ses rêveries -


Dernière édition par Adena H. le Mer 15 Juil - 13:16, édité 5 fois
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Re: sept. 2013 : rentrée scolaire (focus sur Kitty - maison des Bennet)

Message par Adena H. le Ven 12 Juil - 2:36


2 septembre 2013, Redbourn (England, U.K.)


Toute la maison Bennet était sur le pied de guerre en cette matinée brumeuse du début du mois de septembre. Elizabeth et Kitty recherchaient leurs affaires de cours, qu'elles avaient pourtant posées sur la table de la salle à manger hier soir, bon sang! elles ne pouvaient pourtant pas s'être volatilisées toutes seules! ; Lydia suivait Jane qui lui assurait pour la millième fois que, non, elle ne lui prêterait certainement pas le petit haut bleu clair qu'elle avait acheté en soldes la veille -et encore moins ses chaussures, et ce même si elles s'accordaient hyper bien avec le sac de sa cadette- malgré ses gémissements et ses supplications.

Mrs Bennet trottinait d'une pièce à l'autre afin d'aider au mieux ses filles dans leurs recherches, sans grand résultat malgré toute sa bonne volonté ; tandis que par dessus tout ce tintouin Mary, d'une voix calme et posée, leur énonçait doctement tout l'intérêt de préparer ses cahiers et manuels scolaires à l'avance comme elle avait eu l'intelligence de le faire elle-même afin d'éviter, justement, ce genre de capharnaüm de dernière minute.

Seul Mr Bennet, tranquillement installé dans son fauteuil, en train de lire les nouvelles du matin, semblait indifférent à toute cette pagaille. Son unique réaction fut lorsque Mary se mit à expliquer que l'origine du mot capharnaüm  provenait d'un village de pêcheurs de l'ancienne province de Galilée, sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade qui se trouve au nord de l'État d'Israël : il replia son journal, se leva posément, et alla s'enfermer dans son bureau afin de continuer paisiblement sa lecture.

Enfin, deux minutes après huit heures, la porte claqua une première fois : Jane et Elizabeth, après avoir fait leurs adieux à leurs parents, montèrent dans leur voiture. On entendit bientôt le bruit d'un moteur qui démarrait, et les deux jeunes filles prirent la route en direction du campus de l'université de Manchester où leurs cours respectifs débuteraient dans un peu moins d'une semaine.

Mr Bennet s'installa alors au volant de sa voiture, laissant ses trois autres filles se disputer la place du devant : après un court crêpage de chignons, Lydia afficha un sourire victorieux tandis qu'elle laissait ses sœurs s'installer sur les places arrière. Le premier arrêt fut au lycée de Redbourn, à peine quinze minutes plus tard. Lydia jaillit de son siège en repérant une de ses amies de l'année dernière, pendant que Kitty s'empressait de récupérer sa place.

Dix minutes plus tard, Mr Bennet s'arrêta une seconde fois devant l'entrée de la gare, stationnant suffisamment longtemps pour permettre à Mary d'empoigner son sac et de descendre de la voiture. Son train devait entrer en gare dans trois minutes et elle détestait être en retard, d'autant plus qu'il lui aurait alors fallu attendre le train suivant : or il n'y en avait qu'un par heure. C'est pourquoi elle ne prit pas la peine de prendre ne serait-ce que sept secondes pour remercier son père et lui souhaiter une bonne journée, puisqu'il lui fallait exactement quarante-huit secondes pour arriver jusqu'au tourniquet, où elle perdrait quatorze secondes à faire composter son ticket, et cent dix-huit secondes (soit le temps restant) pour arriver à l'extrémité du quai, où l'attendait son wagon habituel.

Mr Bennet, cependant, ne sembla pas s'en formaliser plus que ça, et ne tarda pas à appuyer sur la pédale d'accélération dès que sa troisième fille eut ses deux pieds posés au sol -avant, tout du moins, qu'une file d'automobilistes hargneux et mal réveillés ne ressente le désir de lui exprimer leur désaccord quant à la place qu'il avait choisie pour stationner.

Une fois que Mary eut claqué la porte, Kitty se rendit compte que cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de passer du temps seule avec son père. C'était d'ailleurs une sensation particulièrement étrange pour une jeune fille de dix-neuf ans qui avait passé la majorité de sa vie constamment entourée par les autres membres féminins de sa famille. Elle voulut exprimer son contentement à son père, avant de se demander si tout cela était réellement une bonne chose.

Après tout, elle n'avait jamais vraiment discuté avec lui -c'était plutôt l'apanage de Lizzie- et elle se sentait bien plus proche de sa mère que de son père. En général, les seules répliques venant de sa part auxquelles elle avait droit étaient des réflexions destinées à lui indiquer l'étendue de sa superficialité. Oh, elle ne les prenait pas (trop) mal, depuis le temps... Mais ça ne faisait malgré tout pas un très long sujet de conversation. Elle se tritura un instant les méninges, avant de se décider à lui parler du sujet qui lui tenait le plus à cœur :

« Tu te rends compte, papa, de l'opportunité qui s'offre à moi ? Je suis tellement contente d'avoir été acceptée à l'école de modélisme de St. Albans ! »

Elle ouvrit en grand son sac de cours, et en sortit le manuel de rentrée. Elle se mit à lire à voix haute :

« Le cours de technologie fondamentale a pour objectif de préciser et d’affiner l’ensemble des notions rencontrées ou abordées dans le cadre du laboratoire de création et de conception, du laboratoire de technologie appliquée et créative et des différents ateliers. Ces cours de technologie devront être l’occasion d’utiliser un vocabulaire approprié et spécifique aux différentes techniques et procédés d’élaboration de fabrication et d’usage des textiles et matériaux souples... »

Kitty ferma un instant les yeux, rêveuse, afin de profiter de la joie de l'instant. Enfin, elle s'exclama :

« Oh papa, comme tout cela a l'air intéressant ! J'ai tellement hâte de pouvoir m'y mettre. J'ai déjà lu les deux premiers chapitres du manuel d'infographie, et j'ai essayé de réviser un peu mon français la semaine dernière. Bon, d'accord, je sais bien que j'ai encore beaucoup de progrès à faire, mais je suis persuadée que je peux y arriver !

- Si tu avais été aussi enthousiaste pour les révisions de ton baccalauréat, tu aurais sans doute réussi à viser la mention "Très bien", Kitty », ironisa-t-il. Il se tut un instant, puis reprit sur un ton plus sérieux :

« Maintenant que la présence envahissante de Lydia ne sera plus à tes côtés, à te déconcentrer constamment, j'exige que tu fasses un effort, Kitty. Tu es assez grande pour comprendre que ta mère et moi avons payé pour ton inscription à l'université, tout comme nous faisons en sorte de subvenir de notre mieux aux besoins de Jane, de Mary et de Lydia, mais que l'argent ne court pas les rues. Nous ne pouvons nous permettre de le jeter par les fenêtres, comme ce serait le cas si tu n'étais pas assidue en cours, ou que tu ne rapportais pas de bonnes notes...

- Oh papa, ne t'en fais surtout pas pour ça », le coupa-t-elle vivement.

« Je sais bien que maman et toi avez parfois tendance à vous inquiéter pour des problèmes économiques, mais au second semestre nous devons trouver un stage ! J'ai prévu de ne postuler que dans les entreprises qui les rémunèreront, comme ça j'allègerai une partie de mes charges, et vous aurez moins à vous inquiéter pour moi ! Et je profiterai de mon après-midi de libre pour feuilleter les petites annonces de St. Albans. Comme ça, dès que j'aurai mon emploi du temps, je pourrai postuler pour un petit job, ce sera génial ! »

Kitty lui offrit son plus beau sourire.

Son père resta silencieux un long moment, comme pensif. Au moment où Kitty voulut se remettre à parler, Mr Bennet reprit lentement la parole :

« Tu m'as mal compris, Kitty. Je ne dis pas que je ne veux plus que tu nous sois à charge. Je dis, simplement, que nous ne voulons pas avoir payé une université où tu n'étudieras pas, ou bien dans laquelle tu n'assisteras pas aux cours enseignés. Je veux que tu me donnes ta parole que tu feras ton maximum pour avoir des résultats honorables, et cela inclut de ne pas sécher les cours, et de ne pas faire la fête avec tes amis. Bien sûr, il est hors de question que tu touches à l'alcool, ou que tu te rendes dans l'appartement d'un garçon. »

Si Lydia avait été à côté de lui, et non son aînée Kitty, il n'aurait jamais pris la peine de lui donner toutes ces recommandations, pour la simple et bonne raison qu'elles seraient tombées dans l'oreille d'une sourde : Lydia avait tendance à n'écouter personne d'autre qu'elle, et sa mère à de rares exceptions. Il espérait cependant que Kitty en tiendrait compte, tout du moins dans une moindre mesure.

Sans jamais avoir cherché à y changer quoi que ce soit, il avait pourtant bien observé la domination de Kitty par sa cadette, et avait été presque soulagé d'apprendre que Lydia n'avait pas eu son diplôme, et qu'elle devait le repasser cette année. Ainsi, Kitty s'éloignerait de l'influence que Lydia exerçait sur elle depuis toujours, puisqu'elles ne seraient plus dans le même établissement, ou la même classe, et serait (il croisait tout du moins les doigts dans ce but) plus concentrée sur ses études présentes.

Kitty avait de relatives capacités, quoi que pas autant que sa Jane et sa Lizzie, et elle aurait sans doute pu avoir de meilleurs résultats durant toutes ces années, si elle n'avait pas été entraînée par Lydia sur des sujets aussi futiles que la mode et les garçons. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait fait en sorte de ne jamais éloigner ses cadettes de Redbourn et de Harpenden, où tout le monde pouvait avoir un œil sur elles -et où elles étaient donc moins susceptibles de faire de sottises. Et s'il avait existé une faculté dans la ville où ils habitaient, il n'aurait pas hésité un iota avant de les y inscrire !

Il espérait simplement que Kitty ne serait pas tentée de remplacer le rôle vacant auparavant tenu par Lydia.

La jeune fille entama une nouvelle fois la conversation à propos de sa nouvelle école et des espoirs qui y étaient reliés, mais après un quart d'heure de monologue sans aucune réaction de son père elle finit par se taire, si bien que le restant du voyage se déroula dans le silence le plus complet.

Lorsqu'il se gara à quelques pâtés de maison de l'université de St. Albans, elle lui fit une rapide bise sur la joue avant de sortir de la voiture en claquant la portière, tandis que, de son côté, Mr Bennet se rendait à son travail situé dans une rue adjacente.

Laissée seule au milieu de la rue, Kitty releva fièrement le menton, avant de se diriger vers l'entrée du bâtiment. Elle devait bien avouer qu'elle était autant excitée qu'apeurée par autant de nouveautés en une seule fois ! Les pancartes accrochées aux murs lui indiquèrent, après avoir joué des coudes pour s'en approcher le plus possible, la direction à prendre pour savoir dans quelle classe elle se trouvait et quel emploi du temps lui correspondait.

Elle nota rapidement sur sa main que la réunion d'accueil des étudiants de première année commencerait à dix heures trente, avant d'être repoussée sur le côté par une nouvelle masse d'arrivants. Elle avait donc encore une heure et demie à traîner avant que les choses sérieuses ne commencent vraiment ! Elle décida dans un premier temps, de façon tout à fait pragmatique, qu'il fallait qu'elle trouve les toilettes (et, accessoirement, qu'elle y aille).

Après avoir fait la queue devant la porte pendant quasiment trois quart d'heures (toutes les autres filles semblaient avoir étrangement eu la même idée pragmatique qu'elle), elle se décida à aller faire un petit tour à l'intérieur des bâtiments afin de se faire une idée plus précise de la topographie des lieux. Tout ressemblait aux scènes qu'elles s'étaient créées mentalement pendant les vacances d'été, à deux exceptions près : elle se faisait bousculer toutes les deux secondes dans les couloirs bondés; les portes des salles de classe et des ateliers étaient toutes fermées à clef.

Lorsqu'elle pénétra enfin dans l'amphithéâtre A, il ne restait plus aucune place assise, et elle fut forcée de s'installer inconfortablement sur les marches situées entre les deux rangées de table. Sans pour autant se départir de sa bonne humeur, elle sortit un petit calepin où elle se mit à prendre sagement des notes sur le discours d'accueil et les modalités d'examens. Tout cela, elle l'avait lu et relu une bonne dizaine de fois, elle connaissait presque par cœur la notice d'introduction de la brochure !

Mais après tout, son père l'avait encouragée à devenir une meilleure élève, et elle considérait que l'attitude ne pouvait qu'aider à améliorer ensuite ses capacités. Après tout, Lydia répétait sans cesse que l'apparence comptait pour au moins soixante pour cent dans la réalisation des projets !
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