déb. jan. 2014 : dispute à propos de Kitty (Jane & Lizzie - appart univ Manchester)

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déb. jan. 2014 : dispute à propos de Kitty (Jane & Lizzie - appart univ Manchester)

Message par Adena H. le Sam 13 Juil - 12:09



Jane Bennet
Rosamund Pike


résumé :

Jane vient tout juste d'apprendre à Lizzie qu'elle a eu Kitty au téléphone et que cette dernière se sent perdue et veut tout quitter. Lizzie s'énerve, car elle connait le caractère de Kitty, et la critique tandis que Jane prend sa défense.
- permet d'en apprendre un peu plus sur le caractère de Kitty d'un point de vue extérieur, et de comprendre la position de leurs parents quant à leurs enfants, notamment en apprenant que leur père ne s'intéresse que peu à ses filles cadettes -
Finalement Lizzie, sans être pour autant d'accord avec Jane, finit par respecter sa position et accepte d'héberger Kitty chez elles pendant quelques jours.
- met en place les rôles de substitution de Jane (mère, douce et patiente) et de Lizzie (père, côté autoritaire, réaliste) -


Dernière édition par Adena H. le Mer 15 Juil - 13:20, édité 7 fois
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Re: déb. jan. 2014 : dispute à propos de Kitty (Jane & Lizzie - appart univ Manchester)

Message par Adena H. le Sam 13 Juil - 14:11

Elizabeth prit une grande inspiration, le temps d'absorber toutes les informations que venait de lui communiquer Jane.

- Te connaissant, j'imagine que tu devais être au courant depuis quelques jours, n'est-ce pas ?

- Je suis désolée de ne pas t'en avoir parlé plus tôt Lizzie, mais j'avais besoin de réfléchir à la situation avant de t'en faire part.

- "Réfléchir à la situation" ? Mais qu'est-ce que tu racontes, il n'y a rien à "réfléchir à la situation" ! Jane, tu n'es pas la mère de Catherine ! Tu n'as pas à te montrer responsable d'elle !

Jane soupira. Elle savait qu'informer sa sœur des déboires de Kitty la mettrait dans cet état, et elle avait naïvement espéré qu'avec quelques jours de préparation en plus, elle aurait été plus capable de la gérer. Elle soupira, tentant de garder son calme, puis reprit doucement :

- Ses épreuves de fin de semestre arrivent bientôt, et elle a raté tous ses examens de mi-semestre. Elle avait peur, elle était en larmes, elle se sentait complètement perdue. J'ai essayé de la consoler de mon mieux, mais tu sais, au téléphone, ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile... Et puis, tu sais bien que c'est impossible de ne pas se sentir concernée !

Elizabeth fronça les sourcils, énervée :

- Tu plaisantes, j'espère ?! Tu sais tout aussi bien que moi que ce qui lui fait vraiment peur, c'est la réaction de papa quand il comprendra qu'elle préfère abandonner par facilité ! Catherine a toujours été comme ça, Jane, à se cacher derrière les autres. Derrière maman, derrière Lydia, derrière toi... Plutôt que d'assumer ses erreurs. Je ne vois pas pourquoi ça devrait changer, et je ne vois pas non plus pourquoi nous devrions l'aider à se sortir de cette situation. Elle s'y est mise toute seule, à elle de se débrouiller pour s'en sortir cette fois-ci !

- Tu ne sais pas ce qui s'est passé là-bas, la coupa doucement Jane.

- Il s'est passé là-bas la même chose que ce qu'il s'est passé de trop nombreuses fois à la maison : Catherine a voulu faire quelque chose par elle-même, sans s'en donner véritablement les moyens. Je ne comprends même pas pourquoi tu continues à la défendre. Papa et maman n'ont pas été tout le temps derrière notre dos pour nous aider à réparer nos erreurs, nous n'avons pas eu de grandes sœurs, nous, pour nous conseiller et essayer d'atténuer nos bêtises ! Si Catherine n'apprend pas cela maintenant, elle ne l'apprendra jamais. Et je persiste à penser que nous ne l'aidons pas en agissant ainsi.

Jane la laissa fulminer encore quelques minutes. Quand, enfin, elle constata qu'Elizabeth se calmait un petit peu, elle osa prendre la parole pour critiquer, pour une des toutes premières fois de sa vie, ses parents :

"Lizzie, écoute-moi un instant s'il te plait. Je comprends ton point de vue, et je le partage en partie. Tu as raison, Kitty a tendance à ne pas assumer ses responsabilités, ou à écouter nos conseils, surtout lorsque Lydia ou maman se trouvent dans les parages. Mais je ne pense pas que ce soit entièrement sa faute. Tu sais..." Elle se tut un instant, le temps de chercher ses mots : "papa a beau ne pas s'imposer dans nos vies, il a toujours été là pour nous. Je me souviens de moments partagés avec lui, quand nous étions petites. Mary, Kitty et Lydia n'ont pas vraiment eu cette chance."

Jane se mordit la lèvre. Elle n'aimait vraiment pas dire du mal de son père, et cela la mettait très mal à l'aise. Voyant que sa benjamine ouvrait la bouche pour répliquer, elle se força malgré tout à continuer :

"Kitty et Lydia, surtout, ont passé énormément de temps avec maman. Papa nous a appris à faire face à nos responsabilités, Lizzie, parce que nous savions qu'il était là pour nous, même s'il ronchonnait lorsque nous lui demandions un peu d'aide, et qu'il nous montrait qu'il nous aimait et nous supportait malgré nos erreurs. Pour Kitty, c'est différent : elle a passé sa jeunesse à voir maman se tourner vers notre père dès qu'un soucis se présentait, et tu sais tout autant que moi à quel point il peut se montrer cynique envers elle quand il est de mauvaise humeur. D'ailleurs", rajouta-t-elle pensivement "je crois que Kitty l'a compris. Elle m'a dit ne pas avoir voulu prévenir maman, parce qu'elle savait qu'elle en ferait directement part à papa."

- Donc papa n'est pas au courant.

Elizabeth croisa les bras, et tourna le dos à Jane, toujours énervée. Les deux sœurs se disputaient rarement, et c'était en général pour des broutilles qui se réglaient assez rapidement. Le cas ici présent était différent : Elizabeth avait beau critiquer sa cadette, Jane marquait un point en touchant un sujet sensible pour elle qui affectionnait particulièrement son père, et elle devait bien reconnaître que malgré les nombreuses fois où Jane et elle avaient abordé le sujet de Lydia et de Kitty avec leur père, il n'avait jamais cherché à y changer quoi que ce soit. Et qu'à présent que cette dernière se retrouvait sans ressources, il se pouvait bien que ce soit en partie -et en partie seulement!- de la faute de Mr Bennet.

- Tu as beau considérer que nous sommes responsables d'elle, il est hors de question que je supporte sa manière de faire avec autant de tolérance que toi.

- Tu es injuste. A t'entendre parler, on dirait que tu as toujours pris les bonnes décisions, que tu as toujours agi avec justesse. Tu ne devrais pas lui jeter la première pierre.

- C'est vrai, tu as peut-être raison. Mais contrairement à Catherine, je suis capable d'apprendre de mes erreurs.

- Tout comme Kitty. Si tu lui laissais cette chance en tout cas !

Elizabeth soupira. Elle essaya de reprendre ses esprits, de rationnaliser la situation afin de convaincre Jane. Elle se força à contrôler le ton de sa voix, qui avait de plus en plus tendance à monter dans les aigus au fil de leur conversation.

- Ecoute, Jane. Je ne suis pas contre l'idée de l'aider à grandir, à ... à mûrir. Mais déjà faudrait-il pour cela qu'elle en ait envie. Tu sais, je me suis toujours demandée si elle n'avait pas redoublé sa troisième année de primaire uniquement pour pouvoir se cacher derrière Lydia autant à la maison qu'à l'école. Et même si ce n'est pas le cas, tu vois, je comprends tout à fait qu'elle ait perdu une année. Si elle en avait besoin, ce n'est vraiment pas un soucis, c'est logique, c'est... c'était nécessaire. Voilà, si c'était nécessaire, alors je trouve cela tout à fait compréhensible. Mais là, c'est différent.

Elle insista sur le mot.

- Elle n'est plus en primaire, ce n'est plus une enfant de huit ans qui peut se permettre de faire ce qu'elle veut quand elle le veut. Elle a dix-neuf ans, et les responsabilités vont avec sa nouvelle qualité d'adulte. Et ce n'est pas lui rendre service que de continuer à la protéger encore, parce que si elle n'est pas capable de s'en rendre compte dès maintenant, il y a toutes les chances pour que le jour où nous ne serons plus du tout là, elle finisse par ouvrir brutalement les yeux sur la situation, et soit alors incapable de faire quoi que ce soit par elle-même.

- Elle s'est trompée, Lizzie. Elle s'est trompée, ce sont des choses qui arrivent !

- Si au moins elle avait un peu plus de jugement. Tu as une réelle vocation pour le métier d'infirmière, Jane et, pour moi, ça a été tout à fait naturel de te supporter et de t'encourager lorsque tu as repassé ta seconde année. C'est ce pour quoi tu es faite, et te priver de cette chance parce que tu as fait un hors sujet dans ta dissertation de sciences humaines aurait été une véritable erreur. Et... pour ma part, je suis en retard de trois semestres sur le programme initial, parce que je travaille en alternance pour payer mes études. Et c'est bon, aussi, parce que c'est raisonnable et que ça permet aux parents de ne pas s'inquiéter financièrement pour moi. Mais Kitty ? Sérieusement, Jane, elle peut se permettre de rater une année, mais deux ?

- Certaines personnes ont du mal à trouver leur voie. Parfois, savoir ce qui leur plait, ce qu'elles veulent vraiment faire de leur vie, met plus de temps que pour nous. Ce n'est pas une raison pour la juger aussi durement.

- Très bien. Admettons qu'elle perde une nouvelle année, dans ce cas.

Elizabeth s'assit. Elle recouvrait peu à peu un semblant de calme et se montrait de plus en plus capable de maîtriser ses émotions.

- Dans ce cas, reprit-elle durement, comment peut-on être sûres qu'elle trouvera sa voie durant cette année, et qu'elle ne passera pas une troisième année à ne rien faire l'année prochaine, parce que la nouvelle fac qu'elle testera ne lui plaira pas, ou parce qu'elle trouvera ça trop difficile de... hé bien, de passer ses partiels, par exemple ?

- Lizzie...

- Quoi ! Jane, je suis sérieuse ! Et si après cette troisième année elle ne trouve rien, et qu'elle en commence une quatrième ? Puis une cinquième ?

- Tu me fais un peu peur, Lizzie. Honnêtement, ce sont des possibilités auxquelles je préfère ne pas penser pour l'instant, avoua-t-elle sincèrement avec une grimace.

Cet aveu eut pour effet de faire retomber toute la colère d'Elizabeth. Oh, bien sûr, elle était toujours en colère contre Kitty, d'autant plus que cela l'avait amenée à avoir une discussion particulièrement animée avec la personne qu'elle préférait le plus au monde et qu'elle considérait autant comme une amie que comme une sœur. Cependant, elle se rendit compte que son énervement était mal dirigé, et complètement contre-productif.

Jane fut finalement la première à rompre le silence pesant qui s'était installé entre elles.

- Je crois que... Elle raffermit sa voix, quoi que son visage montre qu'elle était particulièrement gênée de raviver leur précédente dispute. Je crois qu'en ce moment Kitty a surtout besoin de s'éloigner de la maison. Tu sais comme maman peut être quand elle se rend compte qu'une de ses filles n'est pas complètement heureuse.

Jane grimaça, cette fois d'amusement, et laissa échapper un petit rire. La réflexion arracha un léger sourire à Elizabeth. Les cinq filles de Mrs Bennet mettaient en effet souvent ses nerfs à rude épreuve.

- J'avais pensé à, peut-être, si tu étais d'accord, lui proposer de venir passer quelques jours à Manchester.

- Ici ?!

La suggestion avait fait bondir Elizabeth de son fauteuil.

- Elle a juste besoin d'un peu de soutien moral, et d'un endroit où se réfugier. Elle pourrait dormir sur le canapé. Ce ne serait que pour quelques jours, le temps pour elle de retomber sur ses pieds.

Jane haussa les épaules face à la réaction interloquée de sa cadette, et se sentit obligée de préciser :

- Si tu ne te sens pas à l'aise avec cette idée, j'ai pensé que tu aurais pu aller passer quelques jours chez Charlotte. Je pense sincèrement que c'est la meilleure chose à faire pour elle actuellement, et j'espère que tu seras capable de respecter ma décision même si tu ne l'acceptes pas.

Elizabeth fronça les sourcils. Elle se mit à faire les cent pas dans l'espace réduit qui leur servait à la fois de salon et de salle à manger.

Ce que Jane n'osait pas dire, et où elle était plus prompte à juger que sa sœur, était que ses parents n'arrangeraient rien à la situation. Il y avait fort à parier que leur mère rajouterait simplement un peu plus d'effet dramatique à la situation, pendant que leur père... hé bien, il fallait bien l'avouer enfin, pendant que leur père s'en désintéresserait sans doute, comme à son habitude. Si Kitty restait là-bas, rien ne changerait pour elle, et sa prédiction quant à ses cinq années perdues risqueraient de se concrétiser. Si au contraire, Jane et elle l'hébergeaient... Voilà, la véritable question était posée : est-ce que Jane et elle pouvaient faire une quelconque différence pour leur jeune sœur Kitty ? Et si tel était le cas, était-elle prête, elle, Elizabeth Bennet, à assumer le rôle de l'adulte responsable du haut de ses presque vingt-trois ans ?

Elizabeth ferma les yeux. Elle prit une profonde inspiration.

- D'accord, tu as gagné, appelle-là. Mais surtout préviens-là qu'elle ne pourra pas rester ici pour toujours. Et qu'il est hors de question qu'elle passe ses journées à ne rien faire. Et que l'eau chaude vient d'un cumulus ! Il est hors de question que je me douche à l'eau froide !

- Merci de lui donner une chance, Lizzie, tu es un amour. Tu verras, elle pourrait même te surprendre !

Jane lui sourit, pleine de gratitude. Elizabeth lui rendit, avec effort, son sourire pendant le temps qu'elle quittait la pièce afin d'informer Kitty de leur décision. Son visage se fit néanmoins plus soucieux tandis qu'elle se demandait jusqu'à quel point elle serait capable de jouer son rôle.


Dernière édition par Adena H. le Lun 15 Juil - 19:23, édité 5 fois
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