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 (n) Conte bleu de Noël

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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: (n) Conte bleu de Noël   Dim 22 Sep - 16:36


Conte bleu de Noël

Défi n°1 : Inspire toi de cette chanson ( ici )
pour écrire un texte d'au moins 500 mots.


Décembre.
Les flocons tombent en rafale au dehors, sans interruption depuis deux jours. Les tourbillons de cristaux de glace empêchent de voir à plus de deux mètres devant soi. Les champs alentours sont recouverts d’un blanc manteau de neige. À l’intérieur de la petite chaumière, trois enfants jouant autour d’un sapin que leur père achève de décorer, tandis qu’une délicieuse odeur de pain d’épice s’élève près du foyer allumé. Soudain, la porte s’ouvre, laissant pénétrer une silhouette d’ours imposant. Le nouveau venu retire ses gants, son manteau, son écharpe, son bonnet, laissant apercevoir sa crinière hirsute. Les enfants abandonnent leur activité pour venir se jeter dans ses bras, heureux du retour de leur oncle. Leur père observe l’homme se rapprocher de la cheminée, les joues rougies, les jambes tremblantes, et soupire de la bêtise de son cadet qui l’amène à quitter la quiétude de leur doux foyer un jour de vent glacial, dans l’unique but de tenter d’apercevoir dans la fin du jour grisâtre la femme qu’il aime en secret.

Janvier.
Le sol est recouvert d’une épaisse couche de neige, qui crisse lorsque les pieds de l’homme s’enfoncent dans la poudreuse. Aujourd’hui est jour de marché. Heureusement, le temps s’est fait plus clément, le vent plus doux, permettant à nouveau les déplacements. Il porte sur son dos une luge de chêne, pratique pour la descente jusqu’au centre-ville (moins pour la remontée). Il a les joues rougies, mais pas uniquement de froid : il anticipe, surtout, le fait de la revoir. On ne peut pas vraiment dire que leur dernière rencontre se soit déroulée sous les meilleurs auspices. La bousculer en lui renversant son verre de vin chaud sur sa belle robe couleur ébène, pendant l’anniversaire d’un de leurs amis communs, ne faisait en effet pas parti de son programme. Elle n’avait rien dit, se contentant de le foudroyer de ses magnifiques yeux bleu acier. Il n’avait plus osé croiser son regard après ce malencontreux accident, et encore moins trouver le courage de l’inviter à danser. Mais aujourd’hui, elle sera là, se tenant fièrement derrière son stand de produits fermiers.
Il presse le pas.

Février.
Il ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort. Il se trouve devant elle : elle est juste là, en face de lui, et sa présence l’intimide tant que les mots qu’il avait préparés ont du mal à venir. Pourtant, la question était simple : elle lui demandait seulement comment allaient ses neveux et nièce. Il ne peut que la regarder, la bouche à demi ouverte, l’air hébété –comme suffoqué. Comme si elle lui parlait une langue étrangère. Finalement, plusieurs sons réussissent à franchir la barrière de ses lèvres, dans le désordre. Il bafouille. Il se sent bête, grogne, hausse les épaules de découragement et lui tourne brusquement le dos. Et pourtant, elle l’attire. Inexorablement.

Mars.
Il n’en peut plus. Il a l’impression que sa poitrine va se déchirer de l’intérieur à tout instant. Son cœur bat à cent à l’heure. Il a chaud. Il est fiévreux. Ses gestes sont fébriles, mais il ne renonce pas. Une tempête violente se déchaîne incessamment dans son esprit, l’empêchant de dormir ou de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre. Tous les sentiments qu’il a développés au fil du temps pour sa jolie Dame implosent dans tout son être. Chaque parcelle de son corps nerveux ressent ses secousses émotives. Il ne peut plus vivre ainsi. Elle le rend fou. Et elle ne le sait même pas ! Quel imbécile !
Il porte les mains à sa gorge, elle lui fait mal. Mal d’avoir retenu aussi longtemps tous les mots d’amour qui lui brûlaient les lèvres. Qui lui brûlent les lèvres. Il ne peut plus vivre ainsi, avec l’impression constante de se consumer de seconde en seconde.
Alors, il frappe.
Au début, il murmure à peine. Mais bien vite, le ton de sa voix monte. Il parle, crie, puis enfin hurle son amour, sa dévotion, sa passion, à pleins poumons. La porte s’ouvre. C’est elle. Elle s’approche, le regarde tout d’abord avec ses magnifiques yeux méfiants. Puis, c’est la révélation –pour elle.
Elle écarquille grand les yeux d’étonnement. L’autre ne sait plus où se mettre, la situation lui est tellement inhabituelle qu’il ne sait plus quelle posture adopter. Mais, soudain, elle s’approche encore plus, il sent son souffle chaud caresser son cou, sa présence est enivrante. Elle pose délicatement ses lèvres sur les siennes. Nul besoin d’une plus grande explication, d’une déclaration emphatique où se mêleraient l’ardent vocabulaire d’une Phèdre éprise d’Hyppolite à celui, plus doux, de son caractère délicat (et, avouons-le, aussi un peu maniéré).

Novembre.
Ils s’aiment. Ils sont heureux.
Ils se marieront le 25 juin prochain. Ils savent même déjà quel nom ils donneront à leur premier enfant, s'il s'agit d'une fille.
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