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 (journal intime) Annie's diary : gold digger

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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:45

<blockquote><div style="background-color: #dfe5ee; margin:5px; padding:5px; border: 1px dotted darkblue;"><div style="TEXT-ALIGN: center" align=center;><SPAN style="FONT-FAMILY: Georgia; text-shadow: #000000 1px 1px 1px;"><FONT face=Georgia size=5>
CHAPITRE 1 :
L'oncle Ernest.



Mellow Bird ~ Annie McGowen ft. Candice Accola
</FONT></SPAN></div><div style="background-color: #ffffff; margin:10px; padding:10px;">
Horsham (U.K.), le 12 juin 20**,

Cher Journal,

L'oncle Ernest est mort. Maman et papa ont catégoriquement refusé de nous faire venir aux funérailles, et maman semblait si dévastée au moment de partir que je n'ai pas eu la force de m'opposer à elle, contrairement à mon habitude. Officiellement, nos parents souhaitent nous éloigner le plus longtemps possible de toute forme de deuil (c'est-à-dire de la réalité de la vie adulte). Officieusement cependant, je soupçonne maman d'avoir fait en sorte que ses trois enfants ne la voient pas aussi bouleversée. C'est qu'elle était très proche d'oncle Ernest, qui (au passage) n'est pas vraiment mon oncle, mais plutôt celui de maman, mais que nous avons pris l'habitude de nommer comme elle depuis notre plus tendre enfance. Maman est le genre de femme qui refuse de se laisser accabler par les banales trivialités du quotidien et qui trouve toujours une réponse à tout ou une solution pratique avec le sourire, et je suis persuadée qu'elle ne souhaitait pas que nous la voyions dans un état psychologiquement aussi fragile.

Alors, les parents ont appelé tante Agathe, la sœur cadette de mon père, pour venir nous garder, Candice, James et moi, en cette chaude journée de début d'été. Les vacances viennent tout juste de commencer, et nous en avons profité pour nous rendre au parc nous amuser avec les autres enfants. Enfin, quand je dis "nous", c'est surtout James et moi, puisque Candice se considère comme trop grande pour jouer à nos soi-disant « jeux de morveux » (et là, je la cite, et ce malgré le fait que je sois la plus âgée de la fratrie). Depuis qu'elle a été obligée de porter des lunettes l’année de ses douze ans, elle est devenue (selon moi, mais je suis persuadée que je pourrais scientifiquement le prouver) une petite intello snobinarde qui passe son temps la tête plongée dans je-ne-sais quel livre aux termes techniques. Pour la vie sociale, on repassera !

Les parents sont revenus tard, ce jour-là. Maman avait les yeux rouges, ça se voyait, elle avait pleuré, mais plus aucune trace de larme ne se trouvait sur son visage lorsqu'elle est venue nous embrasser pour nous dire bonne nuit, et nous gronder gentiment d'avoir veillé aussi tard dans le seul but de les attendre. Quant à papa, droit et fier dans son costume noir, je n'aurais pu rêver mieux comme soutient moral. Son regard se faisait tendre en se posant sur maman, et je n'ai pas douté une seule seconde qu'il soit resté à ses côtés toute la journée pour lui prouver qu'elle pouvait compter sur lui. Mon papa, c'est un pilier. Il a parfois des idées toutes faites et se montre souvent protecteur (trop?), mais à partir du moment où on a réussi à lui prouver tout le bien fondé d'une chose qu'on a envie de faire, il est derrière nous à cent pour cent.

Comme il faisait déjà nuit, tante Agathe a dormi à la maison. Je lui ai laissé mon lit et suis allée me coucher sur un matelas posé à même le sol dans la chambre de Candice, que nous avions préparé en fin d'après-midi. La chambre de Candice est la plus grande de nos trois chambres d'enfant, et c'était tout naturel de ne pas laisser notre tantie passer la nuit sur le canapé du salon.
J'ai eu du mal à trouver le sommeil. C'était bizarre de se rendre compte que quelqu'un que nous connaissions était mort, et que ça ne changeait strictement rien au reste du monde. Je trouve ça horrible à dire, de penser que le lendemain j'allais me réveiller, prendre mon petit-déjeuner, discuter avec papa avant qu'il ne m'emmène au club de sport, et que la vie continuerait son cours. Sans oncle Ernest. Je me souviens que, juste avant de m'endormir, j'ai pensé que ce n'était pas juste, et que par respect pour les morts, le monde aurait dû être créé de telle sorte qu'au moment où chaque nouvelle personne décèderait, il devrait s'arrêter pendant au moins quelques minutes. Le temps, pour ses proches, de digérer l'information. Et que j'espérais que maman n'aurait pas trop de mal à gérer cette absence tout en continuant à faire ce qu'elle faisait avant, et à être ce qu'elle était.

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Adena H.
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MessageSujet: Re: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:46

<blockquote><div style="background-color: #dfe5ee; margin:5px; padding:5px; border: 1px dotted darkblue;"><div style="TEXT-ALIGN: center" align=center;><SPAN style="FONT-FAMILY: Georgia; text-shadow: #000000 1px 1px 1px;"><FONT face=Georgia size=5>
CHAPITRE 2 :
Le testament.



Ecstatic Ruby ~ Candice McGowen ft. Ashley Benson
</FONT></SPAN></div><div style="background-color: #ffffff; margin:10px; padding:10px;">
Horsham (U.K.), le 16 juin 20**,

Cher Journal,

Mon plus grand dilemme d'aujourd'hui a été de savoir comment j'allais m'habiller. Car oui, c'est aujourd'hui que nous avons été conviés à la lecture du testament de l'oncle Ernest par l'un des plus grands avocats en succession de Londres. Je ne crois pas qu'il y ait de dress-code pour ce genre d'occasions. Pourtant, c'est bien bête, presque toutes les grandes occasions ont leurs codes. Par exemple, se pointer à un enterrement avec des couleurs vives, genre rouge pétant ou bleu fluo sera considéré comme incorrect, comme "irrespectueux" et la personne en question sera pointée du doigt, rejetée de la communauté d'endeuillés. Au contraire, porter du blanc lors d'un mariage est exclusivement réservé à la mariée, malgré tout ce que cette idée peut véhiculer de vieux jeu. En plus, les gens meurent assez couramment, il n'y a qu'à regarder les statistiques. Et si toutes ces personnes ont des possessions, cela revient à en faire hériter leurs successeurs, si bien qu'en y réfléchissant bien le fait de se rendre dans le bureau d'un avocat n'est pas si improbable que cela. Par conséquent, il devrait y avoir des règles. Ou bien, s'il y en a, ce serait bien de nous avoir mis au courant avant, parce que rien qu'à observer les parents, on voyait bien qu'ils étaient assez dépassés par la situation.

Nous avons pris la voiture, direction Kensington, un des quartiers du sud-ouest de Londres. Le trajet a bien duré une bonne heure et demi à cause des bouchons, même si les parents avaient prévu large. Finalement, nous sommes arrivés là-bas juste à l'heure, avons monté les escaliers quatre à quatre à toute vitesse, tandis que papa se dépêchait de payer la place de parking en nous disant qu'il nous rejoignait juste après.
Nous sommes arrivés, complètement essoufflés, au palier du troisième étage. Maman n'en menait pas large, elle qui n'a plus fait de sport depuis qu'elle a quitté l'école. Seuls James et moi nous en sommes tirés honorablement. Candice, quant à elle, a préféré prendre son temps : elle avait lu durant tout le temps qu'avait duré notre trajet en voiture; lorsque nous étions arrivés, elle était presque à la fin de son chapitre, le plus passionnant selon elle, et avait décidé qu'afin de ne pas se laisser déconcentrer lors de la lecture du testament, il valait mieux terminer ses dernières pages... en attendant sagement papa au pied de l'escalier !

Ce n'est pas qu'elle ne ressentait aucun chagrin suite à la mort de l'oncle Ernest, je peux t'assurer que ma sœur n'est pas comme ça. Mais des fois, j'ai l'impression qu'elle vit sur une autre planète, que ses priorités ne sont pas les mêmes que celles des autres êtres humains normaux. Par exemple, quand son hamster Henri était mort accidentellement écrasé par la roue avant de la bicyclette de James, elle n'avait pas pleuré -et Dieu sait pourtant à quel point elle lui était attachée : après cet évènement, elle avait refusé toutes les propositions des parents de lui acheter un nouvel hamster, arguant qu'elle ne souhaitait pas remplacer Henri par un vulgaire animal de pacotille. Elle s'était retranchée dans la lecture de poèmes d'Edgar Allan Poe, fameux poète de chez nous, avant d'enfin réussir à exorciser toute sa peine et son chagrin dans l'écriture d'un éloge funèbre intitulé Eulogie à Henri. Soit tout à fait le genre de choses qu'une personne normale ferait, bien sûr.

Maman était toute rouge lorsque tante Georgia est venue ouvrir la porte de l'avocat, mais elle a heureusement eu la délicatesse de ne pas le lui faire remarquer. Comme à son habitude, tante Georgia était tirée à quatre épingles : son brushing, comme d'habitude, était tout ce qu'il y avait de plus soigné, et aucun pli ne pouvait se trouver sur son impeccable tailleur beige. Tout en elle était soigné, recherché, jusqu'aux bijoux et à son rouge à lèvre framboise assorti à son châle bleu pastel.
Elle me jeta un coup d'œil appréciateur en constatant que, n'ayant pas pu assister à l'enterrement, je m'étais rattrapée en portant des couleurs sombres : ma robe bustier était violet foncé et fronçait un peu dans le bas, tandis qu'exceptionnellement papa avait accepté que je porte des escarpins de plus de deux centimètres. Ma tenue était certes minimaliste, mais calculée pour produire le maximum d'effet classieux avec aussi peu d'accessoires que possible. Après tout, il ne fallait pas non plus oublier pourquoi nous étions là, et il ne s'agissait certes pas d'un défilé de mode !

Nous nous sommes assis, après avoir salué le reste de la compagnie et présenté nos condoléances. Puis, quand papa et Candice nous ont rejoint, le notaire a enfin pu se présenter, vérifier que tous les testamentaires étaient bien présents (nous étions une petite dizaine, puisque tous les petits-enfants d'oncle Ernest n'étaient pas présents) et commencer la lecture du testament.
Je ne suis pas très calée en droit, et beaucoup de choses me sont passées par la tête. Je pense que si on demandait à Candice, elle serait bien plus douée que moi pour expliquer exactement ce qui s'est dit. De ce que j'ai compris néanmoins, la fortune d'oncle Ernest a été départagée en plusieurs parts entre ses quatre héritiers directs : Georgia, Fanny, Edward et Charles, tous ayant au minimum la quarantaine. Puis, le notaire a lu les clauses particulières, celles qui stipulent que toute sa fortune est donnée à untel, sauf certaines choses, ou bien sous condition. C'est à ce moment que Maître Jefferson a cité les noms de papa et maman, et où mes oreilles se sont grand ouvertes :

« À Mr. et Mrs McGowen seront versés la somme exacte de cinq billets (correspondant au nombre de membres présents) d’avion aller-retour en partance pour la côte d’Azur (France, Alpes-Maritimes), pour une durée minimum de trois semaines, où je possède une maison en bord de mer, en souvenir des tendres moments passés dans la jeunesse de Laureen. »

« À chacun de mes petits-enfants directs, sera versé une somme de trois cent livres à placer dans un livret d'épargne en prévision de leurs études ou d'un éventuel coup dur; ainsi qu'une somme de cinquante livres à retirer dès que possible et dont ils pourront disposer ainsi qu'ils le souhaitent. »

Le notaire se tut un instant, le temps de reprendre son souffle. Il sortit alors un autre papier testamentaire qui, à l'entente de nos prénoms, nous coupa le souffle :

« À Mr. James McGowen, je cède mon vélo tout-terrain ainsi que la réservation faite en mon nom (mais que je charge ma chère Georgia de rectifier) il y a quelques mois de deux heures mensuelles d'apprentissage de pilotage d'un hélicoptère d'une durée complète d'un mois, en espérant que ses centres d'intérêt n'auront pas changé entre-temps. »

Mon frère, âgé de treize ans, ouvrit grand ses yeux en poussant un « Ouuuh » admiratif. Je souris en coin en jetant un coup d'oeil à mes parents, certaine qu'ils n'apprécieraient pas forcément à son juste prix cette attention de l'oncle Ernest. Ma mère, surtout, aurait beaucoup de difficultés à se faire convaincre de la justesse d'une activité aussi dangereuse pour son fils.

« À Miss Candice McGowen, je cède une partie de ma collection de livres de physique nucléaire qui, je l'espère, pourront convenir à son niveau avancé de connaissances scientifiques et dont elle pourra disposer dès son arrivée en France; ainsi que mes numéros du magazine Histoire, et ce jusqu'à la fin de mon abonnement annuel. »

« À Miss Annie McGowen, enfin, je cède, et ce avec effet immédiat, le roman "Les étoiles de l'onde". »

Le notaire replie alors tous les papiers qu'il a sortis, les range tranquillement, tandis qu'autour de moi les conversations peuvent enfin reprendre. Le testament lu, toute la famille n'a plus qu'une seule envie : relâcher la pression. C'est d'ailleurs presque tout naturellement qu'oncle Edward annonce inviter tout le monde dans l'un des restaurants de la ville afin de porter un toast en l'honneur du défunt. Je me lève, prête à suivre le cortège, lorsque je sens une main m'attraper délicatement le bras, et tante Georgia me murmurer : « N'oublie pas ton présent. Maître Jefferson est allé le chercher, il revient tout de suite. Nous t'attendrons dehors. »

Je reste alors debout, les bras ballant, ne sachant trop comment réagir. L'oncle Ernest me connaissait suffisamment bien pour savoir que, s'il y a bien un cadeau à me faire, ce n'est certainement pas un livre (je suis une accro de «Cosmopolitain», et c'est tout!) : ça, c'est plus le truc de Candice. Le mien, ce serait de faire du shopping, et j'avoue que je suis un peu déçue -encore plus lorsque Maître Jefferson revient de son arrière salle avec un livre tout riquiqui, tout usé, et dont la la reliure est quasiment complètement défaite. Je m'attendais à un présent qui aurait un tant soit peu plus d'allure, et quand le notaire me demande si je souhaite l'emballer, je hausse les épaules d'indifférence. Il me l'enveloppe cependant d'un tour de papier kraft avant de me le tendre. Je murmure un rapide « Merci » du bout des lèvres, avant de descendre l'escalier et de rejoindre les autres dans la rue afin d'aller manger un morceau. Je me souviens avoir posé le livre dans le sac de mon père, et l'avoir ensuite complètement oublié.
Nous avons passé au moins trois heures attablés au restaurant, alors que nous y sommes entrés sur les coups de quinze heures, plus à discuter de nous et à raconter des anecdotes sur oncle Ernest, qu'à manger. C'était agréable, et je crois que c'est la meilleure manière d'honorer les morts : se souvenir d'eux, de petits détails comme leur manière de parler, de leurs petites manies (comme celle qu'il avait d'aller dans son boudoir fumer un cigare cubain après chacun des matches de foot que son équipe favorite gagnait), de ce qu'ils sentaient -de ce qu'ils étaient.

Et puis, il a bien fallu repartir. Nous nous sommes séparés, j'ai eu l'impression que je n'allais pas les revoir avant une éternité (c'est ça, la perte d'un être cher : ça vous permet de vous rendre compte à quel point votre famille est importante). Nous sommes remontés en voiture, et papa a pris le chemin du retour. Nous nous sommes une nouvelle fois retrouvés dans les bouchons, et quand nous sommes rentrés à la maison il faisait déjà nuit. Nous n'avions pas faim, je crois que nous étions tous psychologiquement épuisés : nous sommes allés nous coucher sans demander notre reste.
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Adena H.
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MessageSujet: Re: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:47

<blockquote><div style="background-color: #dfe5ee; margin:5px; padding:5px; border: 1px dotted darkblue;"><div style="TEXT-ALIGN: center" align=center;><SPAN style="FONT-FAMILY: Georgia; text-shadow: #000000 1px 1px 1px;"><FONT face=Georgia size=5>
CHAPITRE 3 :
Les étoiles de l'onde.



Flamingo ~
</FONT></SPAN></div><div style="background-color: #ffffff; margin:10px; padding:10px;">
Horsham (U.K.), le 28 juin 20**,

Cher Journal,

Beaucoup de choses me sont passées par la tête avant que je remette la main sur le livre que m'a légué l'oncle Ernest. A vrai dire, si maman ne m'avait pas forcé à ranger ma chambre (je parlerais plutôt à cette occasion de chantage : Ileana n'avait pas le droit de venir passer la nuit chez nous si je ne nettoyais pas ma chambre et le couloir de l'étage de fond en comble !), il serait sans doute resté enfoui sous une paire de vêtements pendant des jours et des jours. Je ne suis pas spécialement sale, par exemple je ne laisse pas de nourriture ou de sous-vêtements déjà portés traîner à même le sol, mais j'avoue avoir une légère tendance à ne pas passer régulièrement l'aspirateur, et à ne pas ranger les vêtements que je sors pour voir, avant de les reposer pêle-mêle sur mon lit ou sur mon bureau, s'ils me vont encore. Le plus grand trésor de ma chambre ? Une psyché cher payée : j'ai dû, pour l'obtenir, travailler tout l'été dernier dans une baraque à frites située au bord de l'Arun, où j'avais une vue imprenable sur les estivants en train de faire trempette. Je ne vous dis pas l'odeur ! Mon père m'y emmenait en voiture tous les matins, tandis que Jessica, l'amie de mon père qui avait accepté de m'engager, avait la gentillesse de me ramener en fin d'après-midi. C'était beaucoup d'effort pour un salaire de misère, mais mes parents ont apprécié ma détermination, et ont finalement accepté de me payer la moitié du prix. L'autre, c'est moi qui l'ai complété, et je n'en suis pas peu fière : depuis, c'est devenu bien plus facile pour voir si les fringues que je veux mettre s'accordent bien ensemble (avant, j'étais obligée de me contorsionner dans tous les sens pour qu'un huitième de mon corps soit reflété dans le miroir de la salle de bain, c'est-à-dire une révolution !)
Je n'ai pas un caractère très compliqué, je me suis donc mis à l'œuvre en bougonnant au début, puis en chantant à pleins poumons sur les dernières chansons de Rihanna. Et c'est donc complètement par hasard (en soulevant une chemise à col boutonné vintage signé Ben Sherman, un véritable trésor déniché dans un marché aux puces auquel ma mère m'avait -Dieu merci- emmené de force) que mon héritage a refait surface.

Ma curiosité a alors pris le relai. J'ai arrêté tout ce que j'étais en train de faire : débranché l'aspirateur et mis en veille l'ordinateur portable dans lequel tournait le CD. Et j'ai ouvert Les étoiles de l'onde.
Comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas une grande littéraire. J'ai beaucoup d'imagination, certes, mais L'île au trésor de Stevenson me parle bien plus qu'un quelconque roman de Victor Hugo (aussi court soit-il). Et là, je ne parle même pas de ses poèmes bien trop longs et tordus à mon goût ! Pour ma part, je suis bien plus du genre d'un Jim Hawkins prêt pour de nouvelles aventures au côté de Long John Silver (le danger en moins, si possible), plutôt qu'une misérable Cosette ou qu'un Jean Valjean. Et encore, dans ce cas-là, je préfère m'inventer mes propres héros et aventures, plutôt que de les lire dans les livres des autres. Après tout, s'ils en ont été capables, pourquoi pas moi ? C'est pourquoi au départ, quand j'ai rencontré Jenny, la petite fille de huit ans qui se met à la recherche des étoiles disparues et sans lesquelles son monde devient de plus en plus sombre et triste (mais qu'elle retrouve fort heureusement à la dernière page, où l'harmonie du monde est enfin rétablie, hum hum), je n'ai pas trop accroché.
Mais ensuite... ensuite, j'ai eu une révélation.

Ca ne m'a pas tout de suite sauté aux yeux, à vrai dire, et pourtant j'aurais du avoir quelques doutes dès le départ, vu à quel point j'étais obligée de plisser les yeux pour réussir à déchiffrer les petits caractères serrés inscrits sur les pages... C'était l'écriture de l'oncle Ernest ! J'ai alors rouvert le livre à la première page, encore sous le coup de la surprise, et découvert en feuilletant rapidement les pages suivantes de brèves annotations que j'avais au départ pris pour des gribouillis. Certaines, à la loupe, donnaient des informations supplémentaires sur les personnages, sur leur manière d'agir ou de penser. Il ne s'agissait que de détails. Une seule a réellement retenu mon attention, pour la simple et bonne raison qu'elle n'était pas écrite dans notre langue, raison pour laquelle elle me semble aussi obscure que si un chinois se mettait à me parler des matériaux à utiliser pour créer un Toyota : Bis repetita placent.
Mais alors, que signifie vraiment cette histoire ? Est-ce lui qui l'a inventée de A à Z, ou l'a-t-il entendue lors d'un de ses si nombreux voyages pour la recopier ensuite ? Cette question m'a trotté dans la tête jusqu'à ce que je termine ma relecture, et aurait continué à y trotter si mon amie Ileana n'était arrivée à point pour le dîner.
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Adena H.
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Messages : 652
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Re: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:48

<blockquote><div style="background-color: #dfe5ee; margin:5px; padding:5px; border: 1px dotted darkblue;"><div style="TEXT-ALIGN: center" align=center;><SPAN style="FONT-FAMILY: Georgia; text-shadow: #000000 1px 1px 1px;"><FONT face=Georgia size=5>
CHAPITRE 4 :
Ileana Angelopoulos.



subrosa ~ Ileana Angelopoulos ft. Emilia Clarke
</FONT></SPAN></div><div style="background-color: #ffffff; margin:10px; padding:10px;">
Horsham (U.K.), le 29 juin 20**,

Cher Journal,

Ileana et moi avons fait les folles toute la nuit, dans ma chambre toute propre. Ileana est sans conteste ma meilleure amie, et sans doute l'une des rares personnes qui me connait le mieux sur Terre. Elle sait tout de moi, jusqu'à mes moindres secrets. Avec elle, je n'ai pas honte de dire ce que je pense, et il est très rare que l'on se dispute. Je crois même que si l'on ne se disputait pas de temps en temps, on ne serait pas vraiment des vraies amies. Parce que si on ne se disputait jamais, ça voudrait tout simplement dire qu'il ne se passe jamais rien dans notre vie, que nous sommes toujours d'accord sur tout, et ce serait terriblement lassant. Je crois même que ce serait pour moi une excellente raison de prendre mes distances avec une personne pareille. Au contraire, Ileana a un tempérament de feu. Elle se montre passionnée par tout ce qu'elle dit et fait, et je l'envie parfois de refuser de faire ce qu'elle n'a pas envie de faire, et de ne faire que ce qu'elle a envie de faire (même si, pour le coup, lorsque sa mère se met à parler grec, elle sait qu'il vaut mieux faire profil bas et ne pas la contrarier plus qu'elle ne l'est). Ileana se donne à fond dans tout ce qu'elle entreprend, ce qui n'est pas trop compliqué puisque par définition, elle aime ce qu'elle fait. C'est une passionnée au grand cœur, et elle sait déjà que plus tard, elle voudra travailler dans le monde de l'art. Elle hésite encore entre la peinture à l'huile et le violoncelle, ses deux plus grandes passions au monde, mais surtout elle a un cœur d'or, gros comme ça. Elle est généreuse comme pas possible, vive comme l'éclair, et c'est d'ailleurs grâce à cela que j'ai pu faire sa connaissance.
Je ne suis pas spécialement timide, mais c'est toujours difficile de se faire inclure dans un cercle d'amis déjà formé avant notre arrivée. Ca a été mon cas lorsque ma famille a changé de quartier en milieu d'année scolaire. J'avais alors neuf ans, et suis arrivée dans une classe où les élèves se connaissaient, pour le mieux, depuis le bac à sable. J'avoue avoir été un peu intimidée, sans trop vouloir le montrer. En réalité, je suis de nature assez cynique, et ne me suis pas trop mêlée à la masse la première journée, me contentant de suivre le troupeau sans trop faire de vagues et attirer l'attention. Ce jour-là, Ileana avait été dispensée de cours le matin car elle avait participé à une compétition de danse classique. Cependant, l'après-midi, en voyant la nouvelle un peu perdue que j'étais, elle est spontanément venue me voir, a entamé la conversation, s'est montrée particulièrement ravie de voir que nous avions de nombreux points communs, m'a aidé à me déplacer dans l'école et à y trouver mes repères -bref, dès le premier regard, nous nous sommes adoptées sans concession.
Avec elle, il est difficile de se montrer réservé : Ileana parle fort, fait de grands gestes des mains, sautille d'un pied sur l'autre, vous touche pour mieux vous faire comprendre ce qu'elle est en train de vous dire. Cette fille, c'est une perle. Et pour ne rien arranger, elle a un sens aigu de la famille (tout comme ses trois sœurs, deux frères et ses parents). Depuis que nous sommes amies, je fais partie intégrante de sa famille, tout comme mes parents, Candice et James; j'avoue que c'est assez flatteur.

C'est également la raison pour laquelle j'ai eu un peu honte de lui parler de la mort de l'oncle Ernest, et que j'ai préféré éviter de m'étendre un peu trop là-dessus. Pour elle, la famille est sacrée : qu'il s'agisse de ses parents, de ses sœurs, de ses frères, de ses grands-parents, de ses cousins, de ses cousines, de ses tantes, de ses oncles, de ses neveux, de ses nièces, de ses petit-cousins, de ses petites-cousines... Et caetera. Le pire, c'est que je crois que tous les membres de sa famille proche ou éloignée pensent comme elle sur ce sujet-là, qu'ils s'apprécient mutuellement ou pas. Alors, quand j'ai eu fini de lui parler de l'oncle Ernest, de l'enterrement auquel je n'avais pas assisté, et de la visite chez le notaire, elle m'a pris les deux mains dans les siennes avant de me dire tout un tas de choses rassurantes sur la vie après la mort, sur la peine qu'elle comprenait que je ressentais, comme lorsque sa yaya (sa grand-mère maternelle) était décédée d'un cancer du sein. Sa bonne humeur en avait pris un sacré coup, et il avait alors fallu tout le soutien de ses amis et de sa famille pour qu'elle réussisse à passer le cap de la douleur liée à cette perte.
Je n'ai pas osé lui dire que je n'avais pas été suffisamment proche de l'oncle Ernest, pour que tout mon univers d'adolescente soit remis en question à sa mort. Que j'appréciais beaucoup de le voir, surtout lorsqu'il portait son costume d'explorateur et qu'il nous entraînait, nous les enfants, dans son immense jardin à la recherche de trésors enfouis (au préalable par lui) qui nous faisaient briller des étoiles dans les yeux, après que l'on ait réussi à déchiffrer ses petites énigmes; que j'appréciais de l'écouter discuter avec les autres adultes de choses particulièrement sérieuses auxquelles je ne comprenais strictement rien (et auxquelles je ne comprends d'ailleurs toujours rien), pendant qu'il fumait son cigare cubain; que j'appréciais qu'il me rapporte des cadeaux, qu'il prenne le temps de venir me voir pour me demander si j'allais bien, si je travaillais bien à l'école, si je m'étais décidée à écrire enfin mon premier roman, parce que si c'était le cas il voulait bien m'aider à trouver des idées ou me relire. L'oncle Ernest était une personne très attachante, surtout avec les enfants, car il pouvait se montrer aussi bourru qu'un ours avec les adultes qu'il n'appréciait pas. Il n'a jamais été tendre avec le mari de tante Georgia, et je n'ai jamais réussi à savoir si c'était parce qu'il se sentait menacé dans son rôle de mâle protecteur envers sa fille, ou si les manières d'oncle Leonard seules suffisaient à l'agacer. Que j’aimais beaucoup l’oncle Ernest quand il était là, mais que son absence ne me remettait pas une seule seconde en question. C’était tellement horrible à penser que j’ai tout de suite changé de sujet, j’avoue que j’ai eu peur de voir l’opinion d’Ileana sur moi changer si nous nous y étions attardés plus longtemps, et qu’elle avait eu un peu plus de temps pour se rendre compte de mes réelles sensations.

Alors, nous avons parlé d'autre chose. De tout, de rien. De tout ce qui nous passait par la tête. Principalement des bêtises. Nous nous sommes laissées griser par le moment présent, avons eu plusieurs fou rires pour des raisons complètement illogiques et irrationnelles, avons pouffé tellement fort et de manière tellement incontrôlée qu'il a même fallu à un moment, mettre la tête sous la couette afin d'étouffer les sons et éviter de réveiller les parents.
Nous avons passé une nuit particulièrement agréable, d'autant plus que cela faisait quelques mois que nous n'avions pas pu nous organiser une soirée pareille. Alors nous en avons profité au maximum, jusqu'à l'épuisement. Je ne pourrai même pas dire à quelle heure nous sommes finalement tombées de sommeil.

Aujourd’hui, 29 juin, il fait un soleil éclatant dehors, mais je n’en ai pas profité : je me suis traînée du lit comme une larve, vers 15 heures, parce que j’avais un creux à l’estomac. Je suis descendue dans la cuisine, au rez-de-chaussée, me servir un bol de céréales. Alors que je rajoutais le lait, j'ai aperçu ma soeur sur la terrasse, en train de bouquiner -comme à son habitude, donc. Il m'a fallu le temps de reboucher la bouteille de lait, de la remettre au frigo, de m'installer sur une chaise de la cuisine, et de manger quatre bonnes cuillers de céréale avant que l'information ne m'arrive au cerveau : Candice était en train de lire mon livre ! Je me suis étranglée avec mes corn flakes, me suis relevée d'un bond et ai parcouru en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire la distance qui nous séparait afin de lui arracher le livre des mains (enfin, c'est plutôt une manière de parler étant donné que Candice avait laissé le livre ouvert devant elle, pendant que d'une main elle tenait une loupe, et qu'elle prenait des notes avec l'autre).

« T’es gonflée toi ! C’est à moi, ce bouquin. Qui t'a donné la permission de le prendre ? »

Candice releva tranquillement la tête, l'air agacé -comme si une mouche bourdonnait trop près de son oreille, et non comme si sa sœur pas coiffée/pas habillée/pas crédible essayait vainement de lui passer un savon tout en protégeant ses yeux fatigués de la lumière du soleil- avant de me répondre le plus naturellement du monde :

« Ne fais pas comme si tu t'intéressais vraiment à ce livre, Ann'. Toi et moi savons que le plus grand texte que tu aies lu jusqu'à aujourd'hui est l'article de Cosmopolitain sur les dernières chaussures achetées par Lady Gaga. »

C'est tout à fait faux, j'en ai déjà lu de plus longs. Mais pour le coup, elle marque quand même un point : j'ai toujours réussi à passer entre les mailles du filet des cours de littérature, jusqu'à présent tout du moins, en lisant le résumé des œuvres que nous étions censés lire pour la classe. Je grommelle pour la forme, mais j'ai du mal à me mettre en colère (je le ferai plus tard, quand j'aurai récupéré un peu plus de forces -et rattrapé toutes mes heures de sommeil, hum hum).

« De plus », continue-t-elle sur un ton qui se veut docte mais qui n'est que nasillard, « ce roman traînait sur le sol des toilettes quand j'y suis allée. Par conséquent, à moins que tu ne fasses un peu plus attention à tes affaires, je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas pu y jeter un coup d'œil.
- Si tu avais laissé traîner ton journal intime dans la maison, tu aurais apprécié que je l'ouvre pour le lire, simplement parce que, "s'il traîne, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas y jeter un coup d'œil" ? », je rétorque brusquement.

C'est à moi de marquer un point, cette fois. Elle rougit un peu, consciente de la menace (c'est si facile de faire comme si on venait de trouver un journal intime par terre; ça l'est encore plus quand on a l'intime conviction que notre petite sœur ne sait pas du tout où se cache le notre!), mais ne se laisse pas démonter pour autant :

« Arrête de dire n'importe quoi, s'il te plait. S'il s'est retrouvé à cet endroit, ce n'est pas un hasard : tu t'en fiches, tu n'y fais pas attention. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas le lire, sous prétexte qu'il t'appartient, alors même qu'il n'y a pas une chance sur mille pour que tu l'ouvres un jour ! C'est tout simplement injuste ! »

Je souris, victorieuse, avant de lui répliquer mielleusement :

« Tes statistiques sont à revoir. » Je laisse une pause, le temps de savourer mon petit effet : « Je l'ai lu. »

Candice ouvre grand les yeux de stupéfaction. Au niveau de mon égo, ce n'est pas le top, mais c'est toujours agréable de moucher sa sœur détestablement préférée. Je le vois, elle encaisse le choc, mais se reprend rapidement :

« Dans ce cas, pourquoi ne m'as-tu pas proposé de le lire ? Si tu ne mens pas, tu as du remarquer toutes les citations, toutes les références subtiles qu'oncle Ernest a faites. C'est assez impressionnant, je me demande si c'est vraiment lui qui l'a écrit, je ne me souvenais pas qu'il ait eu une aussi grande connaissance d'Hemingway, de Victor Hugo et de Shakespeare bien sûr, mais aussi de Chopin, de Boccace et de Bocuse. Il fait même référence, par petites touches, à de grands peintres comme Michel-Ange, Raphaël et Léonard de Vinci. Connaissant mon goût pour la littérature, pourquoi n'as-tu pas pensé à me le prêter ? »

C'est à mon tour de la regarder comme un poisson dans un bocal. Elle s'en rend compte, secoue la tête. Sa queue de cheval se balance à l'unisson. En bref, elle a compris que, pour moi, Les étoiles de l'onde n'est qu'un livre écrit avec une suite de mots, dans un ordre plus ou moins logique -et, il se trouve que je ne le classerais même pas dans ma top liste des livres qui m'ont le plus plu au cours de ces cinq dernières années.
D'un autre côté, le geste qu'elle vient de faire me rabaisse à ses yeux, et ça me vexe assez. En tant que son aînée d'un an, c'est assez gênant de se faire régulièrement remettre à sa place par une miss je-sais-tout. À son regard, on dirait qu'elle se demande pourquoi j'ai décidé de devenir écrivain plus tard, alors que je ne suis même pas capable d'apprécier la lecture d'un simple conte pour enfants.
Heureusement, avant que je n'aille trop loin ou lui dise une bêtise que je risquerais de regretter plus tard, Ileana arrive sur la terrasse en pyjama rose à imprimés pélicans. Elle bâille :

« Qu'est-ce que c'est que... Ouaaaaah... Ce boucan, les filles ? Vous n'êtes même plus capable de prendre votre petit-déjeuner en paix ? »

Je lui souris. Rien que sa présence a réussi à détendre l'atmosphère, sérieusement, j'adore cette fille. Je jette un coup d'œil sévère à ma sœur, avant de sourire à Ileana.

« T'inquiète, tout va bien. Je vais juste chercher le paquet de céréales, et on remonte.
- Ca marche. En plus, il faut absolument que je te montre les photos du Maroc, mon cousin me les a envoyées la semaine dernière, tu vas être carrément jalouse de mon bronzage ! »

Je lui souris. Avant de partir, néanmoins, je ressens le besoin d'avoir le dernier mot contre Candice. C'est pourquoi je me tourne une dernière fois vers elle, le livre de l'oncle Ernest dans mes mains, et lui dis avec un faux sourire :

« La prochaine fois, demande-moi avant de m'emprunter mes affaires. Je te répondrai sans doute non, mais ce sera au moins plus civilisé de ta part. »

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MessageSujet: Re: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:48

<blockquote><div style="background-color: #dfe5ee; margin:5px; padding:5px; border: 1px dotted darkblue;"><div style="TEXT-ALIGN: center" align=center;><SPAN style="FONT-FAMILY: Georgia; text-shadow: #000000 1px 1px 1px;"><FONT face=Georgia size=5>
CHAPITRE 5 :
Réconciliation fraternelle.



ahoy ~ Annie McGowen ft. Candice Accola
</FONT></SPAN></div><div style="background-color: #ffffff; margin:10px; padding:10px;">
Horsham (U.K.), le 1er juillet 20**,

Cher Journal,

Comprenons-nous bien : je ne déteste pas ma sœur. Simplement, j'ai constamment l'impression que nous ne parlons pas le même langage. Je crois, honnêtement, que nous avons toutes les deux essayé jusqu'à un certain point de nous accorder à l'autre. Mais ça demande vraiment trop d'efforts sur le long terme, et ça se finit souvent en disputes mémorables. C'est dur de faire semblant de ne pas être soi. Peut-être même qu'en d'autres circonstances ça se serait mieux passé : c'est le cas de la grande sœur de mon amie Stacy qui ne supportait pas qu'elle vienne piquer ses fringues et son maquillage. Elles se chamaillaient constamment à ce propos, mais à partir du moment où Julia a emménagé avec son petit-copain dans la banlieue de Guildford, elles ont arrêté de se prendre le bec. Stacy dit que c'est parce que, comme elles se voient peu, elles profitent un maximum de la présence de l'autre en évitant de parler des sujets désagréables et en se concentrant sur ceux plus sympathiques. Elle n'a sans doute pas tord, mais le fait qu'elles aient chacune un territoire bien délimité (Horsham pour Stacy, Guildford pour Julia) aide sans doute aussi beaucoup.
Finalement, tout se résume peut-être à une question de frontières : quand nous nous trouvons du même côté pendant longtemps, il est rare que des tensions n'apparaissent pas. Mais à partir du moment où l'un(e) des deux passe la frontière et se rend compte que l'horizon ne se résume pas à sa chambre d'adolescent(e) ou de jeune adulte, peut-être est-il alors plus facile de faire des compromis lors des rencontres-frontières ?

Personnellement, de base, je n'ai rien contre Candice, et je suis tout à fait capable d’apprécier à leur juste valeur ses compétences intellectuelles et scientifiques. En plus, demandez à tout le monde, je suis d'un caractère plutôt naturel et sympathique : il est rare que je m'énerve, j'ai tendance à m'amuser de tout plutôt que d'en pleurer. Mais déjà, elle réussit à me faire complexer à cause de mon manque de culture générale rien qu'en ouvrant la bouche, alors que quand elle n'est pas dans les parages vous pourrez me dire tout ce que vous voudrez, ça me passera complètement au-dessus de la tête. Et puis, comment voulez-vous entamer une conversation quand vous n'avez pas les mêmes centres d'intérêt ? Ce n'est même pas que nous avons des opinions diverses sur un même sujet : non, ce que l'une connait et maîtrise, l'autre n'en a quasiment jamais entendu parler, ou s'en fiche comme de l'an quarante ! Ca créé des conversations à sens unique, et chacune en ressort frustrée : d'un côté parce qu'elle a eu l'impression de parler dans le vide, de l'autre parce qu'elle n'a pas pu participer activement.
D'un commun accord, nous avons donc décidé de ne pas empiéter sur le territoire culturel de l'autre afin de garder une zone neutre propice à la bonne ambiance de la maisonnée (nous nous sommes rendues compte un jour que maman était moins indulgente, et papa largement moins patient, en rentrant à la maison et en voyant leurs deux aînées brouillées, que quand tout allait bien dans le meilleur des mondes).

En attendant, son attitude il y a deux jours en constatant que je n'y comprenais rien m'a marqué. Je l'avoue, je me suis sentie un peu chamboulée, comme si mon petit-déjeuner de quinze heures avait du mal à passer. Je suis revenue de mon énervement passager et, maintenant, je me sens un peu mal (même si je trouve que j'avais quand même une bonne raison de le faire : je me défendais à ma manière du fait que Candice me rabaisse continuellement lorsqu'il s'agit de quelque chose d'un peu technique -mais arrêtons là les auto-justifications : ce qui est fait est fait).
Alors, par curiosité, j'ai rouvert le livre. Je me suis forcée à relire la première page. D'une part, comme je l'ai écrit il y a quelques jours, l'histoire de base n'est pas franchement folichonne; ensuite, avec ses réactions d'enfant, Jenny ne correspond pas du tout à un personnage auquel je pourrais facilement m'identifier. Et puis, surtout, à chaque fois que je voulais me forcer pour de bon à me mettre sérieusement à la lecture, les noms des artistes que Candice m'a cité me revenaient à l'esprit. Victor Hugo ? Rien qu'à voir la taille des Misérables, non merci ! Shakespeare ? Je passe mon tour ! Boccace et son Décameron ? Et puis quoi encore ! Les idées germinales du baroque chez Michel-Ange ? Merci bien, ce n'est clairement pas pour moi !

N'empêche, je sens bien que ma fierté en a pris un sacré coup, et que ça ne s'améliorera pas tant que je n'aurai pas fait quelque chose. Quoi ? J'ai soudain une illumination : je vais chercher la loupe de mon kit de survie (inutile jusqu'à présent), un petit carnet vierge, et un stylo pour prendre des notes.
Si je fais tout comme Candice, pour me mettre dans sa peau, jusqu'à ses moindres petits tics et habitudes (elle préfère que sa lampe de bureau éclaire vers la droite : comme elle est droitière elle arrive à écrire plus longtemps sans être gênée par son ombre, comme ça), peut-être que ce sera plus facile.
J'inspire un grand coup, et prends mon courage à deux mains...

[...]

Je ne suis même pas arrivée à la fin de la page. Ca craint parfois d'être moi. Sérieusement, je ne suis même pas capable de rester concentrée plus de dix minutes, il faut que mon esprit se disperse dans tous les sens quand un sujet ne m’intéresse pas. En plus, d'essayer d'analyser tous les mots comme Candice (en vain), m'a donné un début de migraine. Je me sens gagnée par le découragement : tant que je ne me serai pas prouvée que je vaux autant que Candice sur un sujet littéraire ou scientifique, je me connais, j'aurai une boule dans l'estomac qui m'empêchera de profiter au maximum des choses que j'aime normalement faire. Un peu comme si je n'étais pas assez bien pour avoir le droit d'en profiter vraiment à fond. Je me mords la lèvre, soucieuse. Après tout, essayer de se couler dans la peau de Candice n'est pas la seule idée pour rebooster un égo meurtri. Mais quoi ? Moi qui suis habituellement la dernière à avoir épuisé toutes mes ressources, pour le coup, là, je sèche. Mes doigts se mettent machinalement à pianoter sur le bord de mon bureau, et je soupire un nouveau coup, lorsqu'une voix fluette se fait entendre.

« Mais qu'est-ce que tu fiches comme ça dans le noir ? Tu n'entends pas que maman t'appelle pour dîner depuis dix minutes ? », me demande Candice.

Je relève la tête. Mes yeux se plissent, le temps de s’habituer à la luminosité qui vient du couloir.

« J’arrive. »

Candice s’éloigne, lorsque soudain, mue par une impulsion soudaine, je la rappelle.

« Candice ? »

Elle se retourne, la main sur le battant de la porte.

« Je suis désolée. Pour hier après-midi. J’ai été stupide de réagir comme ça. » Je me mordille la lèvre, hésitante. Mais, comme Candice ne réagit pas, je me lance :

« Et si tu veux que je te prête ce fichu bouquin, il n’y a aucun soucis. »

Je me lève, et le lui mets de force dans les mains.

« De toutes façons, ça ne veut rien dire. Pour moi. Alors… alors, si toi tu y comprends quelque chose, tu as raison, mieux vaut que ça te serve plutôt à toi qu’à moi. »

Elle prend le livre. Mais, à ma grande surprise, elle le repose sur mon lit.

« Tu sais, Ann', oncle Ernest avait rarement l'habitude de faire quelque chose sans raison. S'il t'a légué ce roman, c'est qu'il voulait que tu l'aies. Pas moi. Toi. Parce que tu pourrais en faire quelque chose, à ta manière », me réplique-t-elle d'une voix douce. « Je ne vois pas les mêmes choses que toi, nous ne pensons pas de la même manière. Peut-être qu'il voulait que tu voies quelque chose que moi, je ne verrais pas. C’est vrai, aussi, que j’aurais du te demander avant de t’emprunter ton livre. Et puis, si tu sèches vraiment, je te passerai mes notes. Les tiennes n'ont pas l'air d'être très complètes », rajoute-t-elle sur un ton malicieux, tout en faisant un léger signe de tête en direction de mon bureau. J'étais sûre qu'elle avait remarqué que j'avais placé tous les objets comme elle.

« Maintenant, je te conseille de te dépêcher si tu ne veux pas que maman s'énerve pour de bon », rajoute-t-elle sur un ton espiègle.

Je lui tire gentiment la langue, et lui emboite le pas.
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MessageSujet: Re: (journal intime) Annie's diary : gold digger   Dim 22 Sep - 17:53

{
Annie's diary : gold digger. Pour éviter de s'y perdre.


Résumé : Il s'agit de l'histoire d'une jeune adolescente de 17 ans qui part à la recherche d'indices laissés par son oncle décédé, pour arriver jusqu'au trésor qu'il a caché. Le tout sous la forme d'un journal intime.

Personnages : Annie McGowan, Candice McGowan, Ileana Angelopoulos, Marc Endiss, Philippa Locklear
Genres: Aventure/Action, Romance/Amour
Warnings: Aucun
Lien: http://envol-du-temps.bbactif.com/t457-journal-intime-annie-s-diary-gold-digger

Nombre de chapitres ? 3 -
Complet ? Non
Dernière mise à jour ? 27/01/12.


Annie's diary : dates et lieux du journal.


- Horsham (U.K.), le 12 juin 20**,
- Horsham (U.K.), le 16 juin 20**,
- Horsham (U.K.), le 28 juin 20**,


Annie's diary : les personnages principaux.


- Annie McGowen, ft. Candice Accola.
17 ans, blonde, yeux bleus;
histoire & caractère : aime se rebeller contre toute forme d'autorité - lucide - a un esprit littéraire - tient un journal intime - inscrite à un club de sport, en fait régulièrement - fashionista dans l'âme, fait très attention aux vêtements qu'elle porte - peu scolaire - a hérité du roman : Les étoiles de l'onde - n'est pas une grande lectrice - a une grande imagination - une accro de «Cosmopolitain» -
possessions : un livre tout riquiqui, tout usé, et dont la la reliure est quasiment complètement défaite intitulé : Les étoiles de l'onde -

- Candice McGowen, ft. Ashley Benson.
16 ans, blonde, yeux bleus;
histoire & caractère : se considère comme trop grande pour jouer à des « jeux de morveux » - porte des lunettes depuis ses douze ans - intellectuelle - mâture pour son âge - sa vie sociale se limite à sa classe et aux clubs scientifiques auxquels elle participe - vit parfois sur une autre planète, n'a pas les mêmes priorités que des personnes normales - avait un hamster nommé Henri qui est mort accidentellement écrasé par la bicyclette de James, mais n'a pas pleuré - a dès lors refusé tout nouvel animal de compagnie et a eu une période "poèmes d'E. A. Poe" - a écrit une eulogie à son hamster - a hérité d'une partie des livres de physique-chimie de l'oncle Ernest + de ses numéros du magazine Histoire (et ce jusqu'à la fin de son abonnement annuel) -

- Ileana Angelopoulos, ft. Camilla Belle ? Alexis Dziena ? Alexandra Daddario ? Emilia Clarke ? Kat Dennings ?

- Marc Endiss, ft. ??

- Philippa Locklear, ft. Dianna Agron ? Ella Rae Peck ?
17 ans, cheveux miel, yeux marron;
histoire et caractère : assez peste et sournoise - têtue - capricieuse - enfant unique - a hérité d'une somme de 300 livres pour ses études, et de 50 livres pour acheter ce qu'elle veut - surnommée Pippa - première de la classe - présente bien - petite bourgeoise -

Annie's diary : les personnages secondaires.


- Laureen McGowen (Robinson de son nom de jeune fille), ft. ??
histoire et caractère : fille unique - très proche de l'oncle Ernest et de sa famille, a pleuré lors de l'enterrement - mariée à Mr McGowan - a 3 enfants, deux filles et un fils - ne veut pas que ses enfants la voient fragile - a l'esprit pratique et refuse de se laisser accabler par les banales trivialités du quotidien - trouve toujours une réponse à tout ou une solution pratique avec le sourire - avec son mari et ses 3 enfants, a hérité d'un séjour de deux mois dans la villa de l'oncle Ernest située sur la côte d'Azur -

- Mr McGowen, ft. ??
histoire et caractère : droit et fier dans son costume noir, a été un soutient moral pour sa femme - a parfois des idées toutes faites et se montre souvent protecteur (trop?), mais à partir du moment où on a réussi à lui prouver tout le bien fondé d'une chose qu'on a envie de faire, il est derrière ses proches à cent pour cent - avec sa femme et ses 3 enfants, a hérité d'un séjour de deux mois dans la villa de l'oncle Ernest située sur la côte d'Azur -

- James McGowen, ft. ??
13 ans;
histoire et caractère : a écrasé par accident Henri le hamster de Candice - petit frère d'Annie et de Candice - aime les sports extrêmes - a hérité du vélo tout-terrain de l'oncle Ernest + d'un stage d'apprentissage de pilotage d'hélicoptère -

- Tante Agathe (McGowen), ft. ??
histoire et caractère : fiancée - soeur cadette de Mr McGowen - a dans la trentaine - est venue garder les enfants de son frère pendant qu'il accompagnait sa femme à l'enterrement de son oncle -

- Tante Georgia Locklear, ft. ??
histoire et caractère : tirée à quatre épingles : son brushing, est toujours tout ce qu'il y a de plus soigné, et aucun pli ne peut se trouver sur son impeccable tailleur beige - tout en elle est soigné, recherché, jusqu'aux bijoux et à son rouge à lèvre framboise assorti à son châle bleu pastel lors de la lecture du testament - a hérité d'1/4 de la fortune de son père -

- Tante Fanny ??, ft. ??
histoire et caractère : vieille fille de trente ans - a hérité d'1/4 de la fortune de son père -

- Oncle Edward, ft. ??
histoire et caractère : marié - deux enfants adultes - a hérité d'1/4 de la fortune de son père - a payé le restaurant après la lecture du testament -

- Oncle Charles, ft. ??
histoire et caractère : a hérité d'1/4 de la fortune de son père -

- Maître Jefferson, ft. ??
histoire et caractère : notaire ayant lu les droits de succession aux héritiers de l'oncle Ernest -

- Chloé, ft. Amber Stevens

- la grande soeur qu'elle aimerait avoir : Mélaine, ft Anne Hathaway ?

Annie's diary : arbre généalogique.


Oncle Ernest et ??
=> Ont eu 4 enfants : Georgia, Fanny, Edward et Charles.
Georgia Locklear et Mr Locklear
=> Ont eu une fille : Philippa Locklear (Pippa, Pip), 16 ans

Mr McGowan <-> Mrs McGowan
=> Ont eu 2 enfants : Agathe McGowan (nom jeune fille) et Mr McGowan
Mr McGowan <-> Laureen McGowan
=> Ont eu 3 enfants : Annie, Candice et James.

Laureen McGowan
=> Fille unique.}
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(journal intime) Annie's diary : gold digger

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