Origines : contes de l'Ancien Temps

Aller en bas

Origines : contes de l'Ancien Temps

Message par Adena H. le Mar 8 Juil - 14:49


................................I.


Alya naquit d'une pensée.

Sa pensée devint si forte qu'elle se rendit compte qu'elle n'existait pas, mais qu'elle en avait extrêmement envie. Alors elle pensa qu'elle était réelle, et le devint. Elle prit corps. Et s'embourba dans le néant.

Ce n'est pas logique, se dit-elle. Si j'existe, alors le néant, qui est le concept d'absence absolue, n'a plus sa place ici. Si je n'existais pas, alors là, oui, d'accord. Mais je suis. Alors, elle créa le Vide.

La pensée d'Alya prenait tant d'ampleur qu'elle utilisait toute la place. Il n'y avait plus beaucoup de Vide, ce qui se révéla peu pratique pour se déplacer. Alya se sentait bien trop confinée dans ce peu d'espace, elle n'arrivait pas à se retourner de tous les côtés comme elle l'aurait aimé.

Alors Alya décida de devenir petite, toute petite. Encore plus petite qu'une lente. Elle s'imagina qu'alors, il y aurait de la place pour une autre pensée que la sienne. Elle se sentait vraiment bien trop seule.

Peut-être, se dit-elle, qu'il suffit que je pense une autre pensée pour la faire naître. Mais ce n'était pas aussi simple.

Alors elle attendit. Elle attendit. Et attendit.

Un jour, à bout de patience, Alya alla à la recherche d'une nouvelle pensée. Elle chercha longtemps, longtemps, avant de finir par en trouver une, minuscule, cachée à la lisière du Vide. Si elle n'avait elle-même pas été aussi petite, elle l'aurait sans doute raté et serait passée à côté d'elle sans la voir.

Alya la recueillit au creux de son esprit, et l’enlaça de tout son amour. Elle lui transmit tout son amour, toute sa chaleur, toute sa joie de vivre, toute son espérance. Et c'est ainsi qu'un beau jour naquit une nouvelle pensée, faible et misérable. Alya la nourrit de plaisirs, d'envies et de promesses. Elle grandit, grandit. Et grandit encore, jusqu'à dépasser Alya en taille.

Alya avait beau se rétrécir autant qu'elle le pouvait, la Pensée prenait bien trop de place. Bientôt, il ne leur resta plus de Vide à remplir. Écrasée, tassée, compressée, comme elle l'était, elle eut peur d'arrêter d'exister.

Elle eut une idée.

- Pensée, dit-elle à la Pensée, J'étais avant toi. Je t'ai aidé à évoluer, je t'ai transmis mes connaissances. Maintenant, je vais t'avaler.

Et Alya l'avala. D'un coup – comme ça : gloups.


Dernière édition par Adena H. le Mar 8 Juil - 16:02, édité 5 fois
avatar
Adena H.
Admin

Messages : 656
Date d'inscription : 20/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://ecrire-exister.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Origines : contes de l'Ancien Temps

Message par Adena H. le Mar 8 Juil - 15:51

II.

La Pensée vécut à partir de ce moment à l'intérieur du corps d'Alya. Mais tandis que la Pensée continuait à s'amplifier, bien à l'abri à l'intérieur de celle qui l'avait enfantée, Alya avait déjà commencé à réfléchir au meilleur moyen de franchir les limites bien trop étroites à son goût, de sa conscience.

Tandis que la Pensée continuait à s'amplifier, Alya réfléchissait au meilleur moyen de franchir les limites de sa conscience. Elle testait les rebords afin de s'assurer de leur épaisseur, de leur solidité, de leur matière.

Sa conscience toute fraîche ne lui avait jamais permis de connaître autrement.
avatar
Adena H.
Admin

Messages : 656
Date d'inscription : 20/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://ecrire-exister.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum