The College Widow

Aller en bas

The College Widow

Message par Adena H. le Lun 25 Mai - 16:10

Thomasina, surnommée Tamsin a 18 ans.
Emilia.
Mrs Roundtree a 43 ans.
Mr. Harrington a 43 + 7 = 50 ans.
Haworth (Yorkshire)

James, George, Edward, Henry Thomas, Francis William, Charles John

Lorsque sa fille Thomasina eut atteint l’âge de dix-huit ans, Mrs Roundtree décida qu’il était temps de lui chercher un époux. Après s’être renseignée sérieusement auprès de toutes les personnes qu’elle considérait comme respectables, elle finit par organiser des fiançailles avec Mr. Harrington, un homme à la réputation parfaite, et qui convenait à tous ses critères : il avait une position estimable et y était installé depuis longtemps, ses rentes suffiraient amplement au train de vie du nouveau couple, il n’avait que sept ans de plus qu’elle-même (qui, à quarante-trois ans, n’était guère vieille), il était établi non loin de chez les Roundtree (elle pourrait donc aller voir sa fille ainsi que ses petits-enfants sans que cela ne lui prenne trop de temps), et surtout, il était célibataire.

L’accord mit environ un an à être conclu : Mr. Harrington n’avait aucune intention de se remarier, et de s’encombrer d’une jeune femme et d’une belle-famille trop envahissante. Après tout, il était un professeur émérite du pensionnat de Haworth, où il travaillait sans relâche depuis trente ans. Mais Mrs Roundtree se montra si charmante, si pressante, et lui peignit un tableau si flatteur de sa fille cadette, qu’il finit par accepter de convenir d’un rendez-vous avec elle. Mrs Roundtree fit mille recommandations à Thomasina avant que son prétendant n’arrive ; si bien que la jeune fille n’eut d’autre moyen, sous la supervision de sa mère, que celui de se comporter le plus agréablement du monde avec son fiancé. A la fin du quatrième rendez-vous, toujours dirigé par la poigne ferme et autoritaire de Mrs Roundtree, leur chaperon, Mr. Harrington décida qu’il était satisfait du comportement et du visage de la jeune Thomasina, et accepta de l’épouser dès que faire se pourrait.

A dix-neuf ans, Thomasina Harrington pénétra donc dans sa nouvelle demeure au bras de son nouvel époux, à l’orée du pensionnat de Haworth. Son époux ne tarda pas à la délaisser et à revenir à ses habituelles occupations de célibataire, malgré tous les efforts qu’elle fit afin de s’intéresser à son travail. Il avait pour habitude de donner des réunions dans le salon de leur maison, lorsque ses heures d’étude étaient terminées, afin de discuter plus à loisir de ses thèmes de prédilection, la religion et la politique. Soucieuse de lui plaire, Thomasina y avait tout d’abord participé afin de se montrer en tant que nouvelle épouse (sur les conseils de sa mère), mais avait bien vite abandonné ces discussions où personne ne faisait vraiment attention à elle. Elle les passait à présent enfermée dans sa chambre, ou bien faisait en sorte d’aller se promener lorsque son époux pensait à lui annoncer à quel moment ses invités arriveraient – mais il ne lui parlait guère, si bien qu’elle ne pouvait savoir à l’avance à quel moment il serait présent ou absent. Lorsqu’il était présent, il s’enfermait des heures entières dans son bureau afin de continuer ses travaux en silence.
avatar
Adena H.
Admin

Messages : 659
Date d'inscription : 20/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://ecrire-exister.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: The College Widow

Message par Adena H. le Mar 26 Mai - 11:55

Tamsin sourit en elle-même. Elle sentait son cœur battre plus vite, battre plus fort. Elle était là depuis six mois à peine : six longs mois qui lui semblaient avoir duré au moins six années, et personne n’avait jamais fait attention à elle. Lors des réunions qu’organisait son mari, ou bien lors de celles où il était convié, elle avait presque toujours fait en sorte d’avoir autre chose de prévu à ce moment-là, si bien qu’il lui était devenu normal de n’avoir guère de commerce avec autrui.

Sa mère, inquiète des informations contenues dans ses lettres, était finalement venue s’installer un mois chez les Harrington. Elle avait vu de quelle manière les deux époux agissaient l’un envers l’autre, et tous ses soins furent à présent occupés à rapprocher le mari de sa femme. Elle prenait l’initiative de demander à Mr. Harrington : « Tamsin n’est-elle pas ravissante aujourd’hui ? », et Mr. Harrington relevait à peine la tête le temps d’adresser un regard furtif à la compagne de ses vieux jours, avant de se replonger dans la lecture de son article universitaire. Aucune stratégie de Mrs Roundtree ne fonctionnant, malgré tous les soins et les ornements dont elle entourait sa fille cadette, celle-ci décréta finalement catégoriquement qu’il était évident que son époux ne se sente pas attiré par elle, vu le comportement dont elle faisait part. Mais qu’à cela ne tienne, elle allait organiser des réceptions qui mettraient en avant sa fille Tamsin, et qui attireraient inévitablement sur elle le regard de son mari. Elle aurait donc enfin des petits-enfants, puisque son fils, le frère aîné de Tamsin, ne semblait guère pressé de se marier et de lui en donner !
avatar
Adena H.
Admin

Messages : 659
Date d'inscription : 20/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://ecrire-exister.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: The College Widow

Message par Adena H. le Mar 26 Mai - 12:10

Lors d’un de ces bals, elle avait fait la rencontre d’une femme de l’âge de sa mère, Emily Jackett, et qui était l’épouse d’un des collègues de Mr. Harrington. Sa mère avait plus en commun avec Mrs Jackett qu’elle-même, mais Tamsin avait poliment accepté ses conseils et ses remarques remplies d’expérience et de sagesse sur la manière de passer le temps dans une société telle que la leur. C’était donc grâce à elles deux que Tamsin pouvait enfin tenir entre ses mains le mot doux que lui avait envoyé Charles, l’un des étudiants de son époux. Il lui disait qu’il l’aimait plus que tout, et qu’il n’avait jamais vu de femme aussi belle qu’elle de toute sa vie. Il la comparait à de grandes figures de la mythologie grecque, telles qu’Aphrodite et Hélène de Troie, et lui assurait ses plus sincères respects dans l’espoir de pouvoir lui rendre hommage.
L’occasion s’était présentée lorsque, lors d’une promenade dans le bois avoisinant, elle s’était perdue en sa compagnie. Il lui avait répété les mots doux qu’il lui avait déjà écrits, heureusement pour Tamsin qui n’était guère fondue de poésie, avant de lui voler un baiser. C’était alors qu’elle en avait voulu plus. Et elle avait, dès le départ de sa mère, lorsque sa vie était redevenue plate et monotone au possible, cherché tous les moyens de rentrer en contact avec lui. Charles avait passé des heures et des heures sur le divan de son salon, elle dans ses bras, alors qu’à la nuit tombée son époux n’était toujours pas rentré. Le simple contact de sa peau avec celle d’un homme fait, la rassérénait.
« Que fais-tu ? », lui demanda-t-elle alors qu’elle sentait sa main descendre le long de sa hanche.
« Je veux te prouver à quel point je t’aime », lui avait-il susurré maladroitement à l’oreille. « Allonge-toi, et laisse-moi faire », avait-il repris. Elle lui avait obéi, confiante, et l’avait vu déboutonner son pantalon après avoir relevé ses jupons. Mr. Harrington l’ayant déjà possédée, elle ne fut pas étonnée de la vue – seulement de sa longueur. Et de sa vigueur, lorsque Charles la pénétra sans préliminaires. Elle fut surprise au plus haut point de se rendre compte que ses va-et-vient, contrairement à ceux de son mari, lui procuraient du plaisir. Elle se sentait s’échauffer, lorsque le Priape de Charles déchargea. Du bruit les alerta, et alors qu’elle souhaitait réitérer l’expérience, son amant d’un soir choisit de s’enfuir vers ses quartiers universitaires.
Le lendemain, elle eut la surprise de recevoir de nouveaux mots d’étudiants différents. Elle se sentit remplie de pouvoir : elle se rendit brusquement compte qu’elle n’avait accepté Charles que parce qu’il était le seul. Qu’elle puisse choisir lui permettrait de ne garder que ceux qui accepteraient de répondre à ses désirs et cela, cela, était la chose la plus incroyable : elle qui avait toujours été soumise aux moindres désirs de ses parents, de ses tuteurs et de son mari, se sentit revivre.
avatar
Adena H.
Admin

Messages : 659
Date d'inscription : 20/09/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://ecrire-exister.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: The College Widow

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum